Le crowdfunding immobilier a le vent en poupe
Ce nouveau mode d’acquisition de parts dans des constructions fait son chemin avec quelques acteurs romands à la pointe.

L’idée de démocratiser l’immobilier fait sens en cette période où le prix des biens mis à la vente s’envole, freinant l’accès à la propriété pour une frange de plus en plus large de la population. Découlant de ces réalités, voilà une dizaine d’années que le crowdfunding immobilier a pris naissance dans les pays anglo-saxons. Concrètement, ce modèle associe financement participatif et acquisition immobilière de rendement. Grâce à des tickets d’entrée à partir de 10’000 francs (il s’agit toutefois le plus souvent de 25’000 francs), cette solution permet d’ouvrir à la classe moyenne ce type de placements et de les simplifier. Même si elle n’est pas dépourvue de risques, cette option présente d’évidents avantages. Ainsi, l’achat d’un appartement pour le mettre en location se révèle plus périlleux que l’acquisition en copropriété d’un immeuble de rendement. La raison en est que, en cas de défaut de règlement du loyer, le manque à gagner est réparti entre l’ensemble des copropriétaires.
Plus d’un atout
Avec des retours stables oscillant entre 5 et 7% en moyenne, cette classe d’actifs constitue une vraie alternative aux comptes d’épargne. Elle échappe également aux abruptes variations des marchés financiers. De plus, elle présente l’avantage d’être tangible et locale. En revanche, elle nécessite des fonds propres importants. Pour surmonter ce dernier écueil, il existe en fait deux modes d’investissement distincts: l’investissement direct qui consiste à acheter un bien que l’on met ensuite en location et l’investissement indirect qui, lui, repose sur la prise de parts dans un fonds immobilier. Il est à noter que l’on rencontre encore une formule hybride qui mixe ces approches.
Avec des retours stables oscillants entre 5 et 7% en moyenne, cette classe d'actifs constitue une vraie alternative aux comptes d'épargne.
La formule magique
Comment cela fonctionne-t-il? Le principe est simple: chaque investisseur devient propriétaire au registre foncier d’une partie d’un immeuble à hauteur de la participation qu’il souhaite. Cette formule lui permet de générer un rendement proportionnel à son investissement (une somme versée tous les trois mois la plupart du temps) et de bénéficier d’une potentielle plus-value en cas de revente. Ces prêts participatifs courent sur une période de cinq ans normalement. Il est à noter que ce mode de préservation du capital peut être transmis à ses héritiers. Mais que se passerait-il si l’entreprise qui gère un tel prêt participatif venait à sombrer? Cette funeste issue serait en fait sans dommage pour l’investisseur. Celui-ci resterait en effet en possession du contrat de dette émis par la société qui détient le projet de développement immobilier inscrit au registre foncier au nom de la compagnie.
Plusieurs points sont toutefois à analyser avant de s’engager sur cette voie. Sur son site, imvesters.ch, l’un des acteurs principaux sur le marché romand, avertit ses futurs clients: «Il existe une multitude de risques qui doivent être supportés en tant qu’investisseur propriétaire ou copropriétaire d’un bien immobilier. Ces risques peuvent être de nature juridique (par exemple liés à des autorisations administratives, des permis de construire, des expropriations, des assurances), technique (en relation avec le sol ou des questions de faisabilité technique), commerciale (si un bien immobilier perd de la valeur au moment de sa vente), financière (en cas de dépassement de budget, de rénovation nécessaire, etc.) ou fiscale (augmentation possible des impôts), évolutive (si de nouvelles lois modifient le contexte actuel au moment de l’acquisition d’un bien immobilier).»
Prudence cependant
Voilà pourquoi il est recommandé aux clients de se faire accompagner par un tiers (spécialiste en investissement immobilier, fiscaliste, avocat, etc.) ou de s’informer à titre individuel afin de déterminer une stratégie d’investissement à la fois claire et réaliste.
