Le nouveau visage du Mont-sur-Lausanne
Le projet immobilier G-One, porté par la Vaudoise Assurances, sortira bientôt de terre au Mont-sur-Lausanne. Le bâtiment accueillera sept surfaces commerciales modulables et dix-huit logements. Il s’inscrit dans un développement territorial rapide mais parfois controversé au sein de la commune.

Le Mont-sur-Lausanne poursuit sa croissance. Située sur les hauteursde la capitale vaudoise, la commune accueille de plus en plus d’habitants et voit fleurir de nouveaux immeubles. Ce développement ne se fait pas sans tensions (lire l’encadré), mais des projets aboutissent progressivement, transformant le visage des quartiers. G-One s’inscrit dans cette dynamique. Ce nouvel immeuble, dont la première pierre vient d’être posée, incarne la stratégie d’investissement immobilier de la Vaudoise Assurances: investir à long terme sur des sites porteurs, situés dans des localisations de premier ordre en Suisse, au travers de bâtiments emblématiques et durables. Le projet répond aussi à l’évolution démographique et aux besoins croissants de la population locale, en combinant habitat, services et activités commerciales.
Un immeuble en Z
«La Vaudoise a acquis ce projet en décembre 2022 avec un permis de construire déjà délivré. Il était auparavant porté par un promoteur privé. G-One s’inscrit en parfaite adéquation avec nos objectifs d’investissements», explique Mikaël Genty, chef de la division Immobilier de l’assureur. Le bâtiment, qui développe une architecture contemporaine en forme de Z et dont l’achèvement est prévu pour l’automne 2026 (mise sur le marché dès septembre prochain), comprendra sept surfaces commerciales, dix-huit logements et un parking souterrain de 61 places. Il sera labellisé selon le standard de référence Minergie P. Un accent particulier sera mis sur les espaces extérieurs avec une grande terrasse communautaire en attique et la plantation d’un verger sur le terrain. «Nos appartements – principalement des 2,5 pièces de 60 m2 – sont conçus selon un plan ouvert et avec des matériaux de qualité: plafonds en béton brut, cuisine avec plan de travail en granit, finitions soignées. Nous faisons le pari d’un produit locatif de qualité supérieure. Les logements s’adressent par exemple à des couples ou des personnes seules recherchant un certain standing», souligne Pierre Kinnar, responsable de projet pour la Vaudoise.
Un lieu de vie complet
Du côté des autorités communales, on salue «un projet privé ambitieux, implanté dans un secteur récemment densifié, à proximité immédiate de l’École internationale de Lausanne (ISL) et bien desservi par les transports publics». G-One proposera des services utiles à la population et des logements variés, dans un contexte de pénurie. En concertation avec la Municipalité, quatre logements adaptés aux normes d’accessibilité seront également réalisés.
Pensé comme un «lieu de vie et d’échange», G-One (dont les travaux sont estimés à 15 millions de francs) offrira des surfaces personnalisables, idéales pour un cabinet médical, une crèche, un fitness ou encore un restaurant. Facilement accessible depuis l’autoroute A1, le site bénéficiera bientôt de nouvelles infrastructures de transports publics. Pour Mikaël Genty, ce projet illustre pleinement la stratégie immobilière de la Vaudoise: «Nous possédons environ 110 bâtiments en Suisse, pour un total d’actifs de 1,6 milliard de francs. Le site de G-One, d’environ 4000 m2, répond parfaitement à nos exigences en matière de situation, de qualité, de durabilité et de potentiel à long terme».
Une histoire compliquée
Il aura fallu 36 ans de procédures pour réorganiser le territoire du Mont-sur-Lausanne. Lancé en 1982, un vaste remaniement foncier visait à créer de nouvelles zones constructibles en regroupant et redistribuant les parcelles selon leur valeur (péréquation réelle). Ce processus a conduit certains propriétaires à perdre une grande partie de leurs terrains, sans possibilité de se retirer. En 2018, malgré des critiques sur la légalité et l’impact de ce mécanisme, le Tribunal fédéral l’a confirmé. La commune en est sortie avec plus de dix nouveaux secteurs à urbaniser. Plusieurs professionnels de l’immobilier déplorent ce long processus de restructuration foncière, entamé il y a plus de quarante ans, qui a laissé certains propriétaires lésés. La Municipalité actuelle affirme aujourd’hui privilégier le dialogue et la négociation avec les propriétaires et les promoteurs.
Toutefois, de nouvelles tensions sont apparues autour de l’aménagement des zones à bâtir, notamment en lien avec le droit de préemption. Depuis 2020, ce droit permet aux communes d’intervenir dans une transaction foncière entre un propriétaire et un acquéreur. Ce mécanisme a été contesté jusqu’au Tribunal fédéral, notamment dans le cadre du projet d’aménagement du quartier de La Clochatte. Nombre d’acteurs du secteur immobilier s’inquiètent de cette nouvelle règle, qu’ils jugent déstabilisante pour les investisseurs. Certains soulèvent également des questions démocratiques: l’argent public est-il réellement disponible? Les procédures d’enquête sont-elles équitables? Enfin, un autre épisode récent a secoué la scène immobilière locale: la votation du 22 septembre 2024 concernant le quartier de la Valleyre. À l’issue d’une campagne tendue, les électeurs ont refusé le projet de construction prévu. Les promoteurs, déçus, ont rappelé que le projet, conçu avec un écologue et validé juridiquement, visait à répondre à une forte pression démographique.