Fribourg

Le parc de logements bondit de 60%

La transformation du parc immobilier fribourgeois illustre un tournant vers une urbanisation plus dense et collective, portée par la croissance des centres et l’essor des communes périurbaines.

À Châtel-Saint-Denis, un nouveau quartier mixte baptisé «Chrysalide» est en train de voir le jour autour de la gare.
À Châtel-Saint-Denis, un nouveau quartier mixte baptisé «Chrysalide» est en train de voir le jour autour de la gare. - Copyright (c) Architectes.ch: Hélène Maria et B. Julie
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Entre 2000 et 2024, le canton de Fribourg a connu une véritable mutation immobilière. Le nombre total de logements y a progressé de près de 60%, passant de 105’511 à 168’373 unités. Une croissance soutenue, concentrée dans les centres urbains et marquée par un net recul des maisons individuelles au profit des immeubles collectifs.

Moins de villas, plus d’immeubles

Au tournant du siècle, la maison individuelle dominait encore largement la construction fribourgeoise. Entre 2000 et 2010, près des trois quarts (73,9%) des nouveaux bâtiments à usage d’habitation étaient des maisons individuelles, soit environ 1144 constructions par an. Mais le paysage s’est profondément transformé. Entre 2021 et 2024, la moyenne annuelle est tombée à 626 bâtiments et la part des maisons individuelles s’est réduite à 41,2%. Le changement décisif s’est produit en 2017: pour la première fois, la production de maisons à plusieurs logements (444 unités) a dépassé celle des maisons individuelles (363 unités). Depuis, les immeubles collectifs s’imposent durablement comme la forme dominante du logement neuf dans le canton.

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La Sarine et la Gruyère, moteurs de la construction

Deux districts tirent particulièrement la croissance, à savoir la Sarine et la Gruyère, qui concentrent ensemble près de la moitié (47,4%) des nouveaux logements construits depuis 2011. Ces zones connaissent toutefois d’importantes fluctuations, avec des pics de production dans les centres urbains de Fribourg et Bulle. Les districts de la Broye et du Lac occupent une position intermédiaire, avec une contribution stable entre 10 et 14% de la production cantonale. En revanche, la Veveyse demeure la moins productive, malgré quelques hausses récentes. Sur le plan communal, Fribourg et Bulle ont longtemps dominé les statistiques, mais d’autres localités se démarquent ces dernières années. Marly (369 nouveaux logements en 2022), Châtel-Saint-Denis (239 la même année) ou encore Estavayer, qui a livré près de 180 logements en 2023 et 2024. Ces chiffres traduisent un rééquilibrage progressif, où les communes périurbaines jouent désormais un rôle moteur dans la croissance immobilière.

Densification marquée dans les centres

L’augmentation du nombre de logements s’accompagne d’une densification sans précédent. Le nombre de zones à forte densité (plus de 300 logements par km2) a presque doublé, passant de 67 en l’an 2000 à 117 en 2024. Les quartiers de Pérolles et des Places, à Fribourg, affichent les densités les plus élevées du canton, atteignant désormais 4425 logements par km2, soit une hausse de 24,5% en vingt ans. Ces zones fortement urbanisées se concentrent principalement autour de Fribourg, Bulle, Villars-sur-Glâne, Marly, Düdingen, Morat, Châtel-Saint-Denis et Estavayer. Les axes Fribourg-Romont et Fribourg-Bulle montrent eux aussi une densification modérée, tandis que les rives des lacs de Morat et de Neuchâtel conservent un caractère plus résidentiel et aéré.

Un canton en pleine métamorphose

À présent, la population résidente permanente du canton est composée de 346’674 personnes. La densification croissante, la multiplication des immeubles collectifs et la diversification géographique de la production traduisent une adaptation progressive aux besoins d’une population en expansion et à la raréfaction du sol constructible. Le défi des prochaines années sera néanmoins de concilier cette dynamique avec une planification urbaine durable, capable d’assurer à la fois la qualité de vie, la mixité et la maîtrise de la croissance.

Des efforts pour se chauffer
En 2024, 36,5% des bâtiments dans le canton de Fribourg étaient chauffés au moyen d’énergies fossiles (mazout et gaz). Pour l’ensemble de la Suisse, ce taux est de 52,2%. Un pourcentage qui ne cesse de diminuer chaque année, tant pour le canton de Fribourg que pour la Suisse, soit -1,7% contre -2,2% depuis 2023. En 2024, le canton de Fribourg affichait la plus forte proportion de pompes à chaleur de Suisse, atteignant un taux de 41,6% (+1,4% en une année). Au niveau Suisse, 23% des bâtiments sont chauffés au moyen d’une pompe à chaleur (une augmentation annuelle de 1,8%). Enfin, en 2023 déjà, 9,7% des bâtiments étaient chauffés au bois, un taux resté inchangé en 2024. La proportion des bâtiments chauffés à l’aide d’une chaleur produite à distance (CAD) s’élève quant à elle à 3,9% pour le canton de Fribourg et 4,4% en Suisse.