Galerie Mai 36

Le père d'Alien s'expose à Zurich

01.03.2023 à 09:57/ Prestige immobilier

Galerie renommée, Mai 36 veut mettre en avant le travail de ce précurseur underground. Le Suisse a gagné un Oscar en 1980 pour les effets spéciaux, la créature monstrueuse et les décors du film Alien.

A la Mai 36 Galerie, à Zurich, l’exposition SPECIES présente des pièces classiques d’HR Giger.
A la Mai 36 Galerie, à Zurich, l’exposition SPECIES présente des pièces classiques d’HR Giger. - Copyright (c) Courtesy of HR Giger and Mai 36 Galerie.
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Figure vénérée au Japon, créateur collectionné aux Etats-Unis et icône acclamée à Hollywood où il a obtenu un Oscar en 1980 pour la création du monstre d’Alien de Ridley Scott, Hansruedi Giger peine pourtant à obtenir la même reconnaissance dans son pays, la Suisse. « Les grandes institutions muséales comme le Kunsthaus de Zurich ne lui ont jamais consacré de rétrospective, tandis que l’histoire de l’art ignore injustement son travail.

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Hansruedi Giger.

C’est pourtant un artiste de premier plan, un précurseur qui a inspiré toute une génération d’artistes », observe Henri Gisler, à la tête de la Mai 36 Galerie. Celle-ci présente actuellement une exposition consacrée au génie visionnaire, en plein cœur de Zurich.

Fondée par Victor Gisler (le père d'Henri) en 1987, cette galerie démontre son flair depuis près d'un demi-siècle. Mai 36 a exposé les travaux du photographe américain Robert Mapplethorpe et du peintre britannique David Hockney dès la fin des années 1980, alors que ces artistes ne jouissaient pas encore de l’aura qu’ils ont aujourd’hui. L’équipe actuelle tente maintenant de placer Hansruedi « HR » Giger sur la carte du marché de l’art. Auprès du public, l’œuvre de ce plasticien d’origine grisonne connaît un engouement sans précédent. C’est ce qu’illustre le succès obtenu à New York par un accrochage qui s’est déroulé à la galerie Lomex, au printemps 2022, la plus grande exposition à ce jour de ce personnage volontiers sulfureux.

Surpopulation, guerres, bombes, robots, sexualité : HR Giger matérialise nos cauchemars dans un style érotico-morbide. Dès ses débuts dans les années 1960, cet artiste décédé en 2014 à l’âge de 74 ans a traité de thèmes qui ne pourraient être plus contemporains. Le conflit en Ukraine et l’essor de l’intelligence artificielle font écho à ses obsessions. Membre de la direction du HR Giger Museum, à Gruyères (FR), Sandra Beretta commente : « Dans son cycle d’œuvres Biomechanoides, HR Giger anticipait la fusion du corps et de la machine. Il avait la vision que nous allions vivre, à l’avenir, comme des êtres mi-humains, mi-robots.»

L’exposition met en évidence l’influence sur l’art contemporain qu’exerce actuellement ce pionnier du réalisme fantastique.diaporama
L’exposition met en évidence l’influence sur l’art contemporain qu’exerce actuellement ce pionnier du réalisme fantastique.

Deux expositions consacrées à cet influent pionnier

A la Mai 36 Galerie, à Zurich, l’exposition SPECIES présente des pièces classiques d’HR Giger mises en parallèle avec les travaux d’artiste de la nouvelle génération: Berenice Olmedo, Maren Karlson et Hiroko Tsukuda. L’exposition met en évidence l’influence sur l’art contemporain qu’exerce actuellement ce pionnier du réalisme fantastique. Parallèlement et toujours à Zurich, l’espace Photobastei présente des dessins d’HR Giger parus dans des magazines underground et des tableaux qui mettent en scène son imaginaire tourmenté.

Species, Mai 36 Galeries, Rämistrasse 37, 8001 Zurich, jusqu’au 18 mars.
Schattenreise, Photobastei, Sihlquai 125, 8005 Zurich, jusqu’au 12 mars.