Le point sur la situation
Regain de l’inflation, tensions géopolitiques diverses ou encore croissance économique ralentie... Face aux turbulences internationales, le marché immobilier suisse a su garder le cap cette année, mais qu’en sera-t-il de 2025?

Lors d’un récent webinaire portant sur les évolutions du marché immobilier helvétique, le cabinet Wüest Partner et notamment l’une de ses expertes économistes, Corinne Dubois, a pu donner son éclairage sur l’état actuel économique du pays. Un facteur décisif pour le secteur de l’immobilier et de la construction. Il en ressort qu’au cours des derniers mois l’inflation a baissé de manière forte et n’atteignait plus que 0,6% en octobre 2024. Aujourd’hui, dans une situation où le risque d’une inflation trop élevée s’éloigne progressivement, celui d’une inflation trop basse voire d’une déflation paraît donc de nouveau réaliste. «On s’attend à ce que l’inflation ne se monte plus qu’à 0,6% ou 0,7% en 2025», indique la spécialiste.
La baisse du taux directeur
Cette baisse des pressions inflationnistes en Suisse a déjà permis à la Banque nationale suisse (BNS) d’abaisser son taux directeur, passant de 1,75% à 1% cette année. Ainsi, ces baisses de taux se poursuivront en 2025 pour plusieurs raisons. D’une part, le risque d’inflation trop faible. Deuxièmement, car les autres grandes banques centrales, la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale des États-Unis (Fed), risquent encore d’abaisser leur taux, ce qui incitera la BNS à faire de même. Et finalement, le risque de surévaluation du franc qui serait nuisible aux efforts nationaux.
«Le taux directeur pourrait de ce fait être abaissé jusqu’à 0,5% en Suisse d’ici mi-2025», confirme Corinne Dubois. Du côté de l’économie réelle, le marché de l’emploi continue de bien se porter: entre le 2e trimestre 2023 et le 2e trimestre 2024, près de 60’000 nouveaux emplois équivalents temps plein ont été créés, ce qui représente un taux de croissance supérieur à la moyenne des dix dernières années.
Des prévisions de bon augure
Pour 2025, il est estimé que la Suisse accueillera encore environ 80’000 nouveaux résidents supplémentaires. Le solde migratoire restera très important et permettra de compenser la baisse de la natalité observée à l’échelle nationale au cours des deux dernières années. Globalement, l’année 2025 se présente finalement plutôt sous de bons auspices économiques et démographiques avec des prévisions favorables. «La baisse que l’on prévoit des taux d’intérêts devrait stimuler la consommation et l’investissement», ajoute l’économiste. La confiance des ménages en hausse et l’inflation en baisse devraient ainsi, en théorie, stimuler le pouvoir d’achat et la consommation.
Enfin, une croissance économique de l’ordre de +1,6% est attendue pour l’année prochaine. Bien entendu, cette prévision reste sujette à des risques et des incertitudes, en particulier à cause des développements à l’étranger. Parmi eux, la récession en Allemagne, les politiques d’austérité en France, les conflits en cours au Proche-Orient et en Ukraine, tout comme le degré d’incertitude supplémentaire découlant de l’élection de Donald Trump aux États-Unis.
