Quartier des Acacias

Le projet modifié des transformation du futur quartier

Seulement 5% de bureaux, une densité modérée, davantage d'espaces verts en pleine terre et un ruisseau remis à ciel ouvert. Un menu alléchant qui dépendra cependant du vote des habitants de la Ville de Genève le 18 juin.

La Drize remise à ciel ouvert devrait ressembler à ça: avec un couloir vert pour l'encadrer d'un bout à l'autre
La Drize remise à ciel ouvert devrait ressembler à ça: avec un couloir vert pour l'encadrer d'un bout à l'autre - Copyright (c) Philippe Cointault
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« Nous avons revu le projet soumis à l’enquête publique voici près d’un an. Dès lors, certains opposants critiquent des points qui ne sont plus au menu de ce projet», a insisté lundi 8 mai, le conseiller d’Etat chargé du département du territoire, Antonio Hodgers. Bien que réélu, le magistrat vert est tendu. Il faut dire que si le peuple refuse, le projet de quartier avec 6500 nouveaux habitants prendra au minimum 10 à 15 ans de retard pour voir le jour. Ce sont environ 40% des Genevois qui pourront voter le 18 juin sur ce projet de plan localisé de quartier (PLQ), soit ceux qui sont domiciliés en Ville de Genève.

Tension dans l’air

Alors que paradoxalement ce sont trois écologistes qui sont venus défendre le PLQ revu et corrigé – outre Antonio Hodgers, il y avait Frédérique Perler, conseillère administrative, et Robert Cramer, ancien conseiller d’Etat et désormais président de la Fondation Praille Acacias Vernets – quelques irréductibles opposants majoritairement proches de la gauche sont à l’origine de la tenue de ce référendum municipal.

Pourtant le nouveau PLQ devrait plaire. Il prévoit la construction de 2230 logements au centre-ville, dont au moins deux tiers seront des logements d’utilité publique (LUP). Riche en équipements publics, le quartier sera traversé par la Drize, remise à ciel ouvert, et par une nouvelle place piétonne de 7600 m2. A ce propos, Robert Cramer a déjà annoncé que la Fondation PAV avait réussi à acquérir l’immeuble situé sur l’emplacement futur de la place, quoi créer un sérieux manque à gagner temporaire dans les comptes de celle-ci. «Mais nous avons 40 ans pour parvenir à ne plus perdre d’argent», s’est amusé l’ancien magistrat.

Des adaptations multiples

Première d’entre elles: la hauteur du futur bâti a été revue à la baisse à l’intérieur de ce quartier. On parle de 22 à 23 mètres, soit un rez + 6 étages pour le centre, et de 29 mètres au maximum pour les futures constructions qui vont longer la route des Jeunes et la route des Acacias. Cela signifie que la hauteur sera identique des deux côtés de la route des Acacias. Le lien avec la ville existante sera ainsi garanti. Seconde adaptation: la création d’une grande place piétonne de quartier, deux fois plus grande que celle de la Navigation aux Pâquis. Cet effort a nécessité de sacrifier plus d’une centaine de logements. Troisième adaptation: la forme des îlots a été retravaillée afin de varier les hauteurs. «Nous ne voulons justement pas des alignements de barres de 9 étages comme semblent le préconiser les opposants au projet», a déclaré Antonio Hodgers. «Dans notre projet, il y aura une reprise des logiques d’îlots en pleine terre. Nous avons enlevé deux tours de bureaux prévues du côté de la route des Acacias. En revanche, il n’y aura pas d’appartement au rez-de-chaussée, mais des commerces, afin d’éviter de créer un quartier-dortoir.»

Couloir vert

Quatrième adaptation: l’élargissement autour de la Drize. On parle désormais d’un parc linéaire, ou d’une promenade, le long de cette rivière, d’une largeur de 46 mètres sur toute la longueur de la Drize, soit sur plus de 800 mètres. «Mais cette rivière ne sera pas remise à ciel ouvert si cette zone doit rester en zone industrielle», a prévenu le conseiller d’Etat. L’idée est donc de construire la ville autour de la rivière. Bref, il va s’agir d’un quartier sans voiture, doté de trois parkings centralisés (deux le long de la bruyante route des Jeunes et un le long de la route des Acacias) totalisant 750 places.

En résumé, les nouvelles surfaces brutes de plancher (SBP) seront essentiellement consacrées aux logements (77%, soit 2230 appartements, dont 2/3 de LUP), 6% de commerces, 12% pour le secteur secondaire et 5% de pour les bureaux et les services. A cela s’ajouteront une école primaire et 3700 m2 de surfaces d’équipements publics (crèche et ludothèque). Ainsi, ce possible futur quartier deviendra le plus grand quartier piétonnier de Genève et le seul traversé par une rivière. Et Antonio Hodgers de proclamer: «C’est certainement le PLQ dont je suis le plus fier.»

Maîtrise du foncier

Comme l’a résumé Robert Cramer, la Fondation PAV maîtrise 88% des terrains du quartier concerné, lequel est situé en zone de développement. Ce qui signifie que les loyers y seront contrôlés par l’Etat. Les 12% restant sont aux mains de la Caisse de Prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG). «Concernant les terrains que nous maîtrisons, les deux tiers sont déjà directement sous notre contrôle et pour le reste, des discussions sont en cours avec les bénéficiaires de DDP (droit de superficie).» Outre le terrain de la future place piétonne, la Fondation PAV possède déjà celui de la future école primaire. Plus ces DDP ont été négociés récemment, plus les discussions à venir risquent de durer longtemps, comme avec MediaMarkt. Cela étant, l’ancien magistrat se veut rassurant: «Nous sommes prêts à démarrer les premières opérations, une fois le PLQ accepté et entré en force.»