Le retour des taux d'intérêt négatifs
Lors d’un événement organisé par l’Association des développeurs immobiliers vaudois (ADIV), l’un des intervenants de la soirée a pris le contre-pied des analyses économiques actuelles. Explications.

Quelle fut la surprise dans l’assemblée de l’ADIV, le 26 septembre dernier, lorsque l’intervenant Michel Dominicé, associé senior de la société éponyme, affirma haut et fort: «Bien que vous pensiez qu’ils appartiennent au passé, d’ici un à quatre ans, les taux d’intérêt négatifs reviendront.»
Pour rappel, alors qu’en septembre 2022, la Banque nationale suisse (BNS) mettait fin à huit ans de spirale baissière de ses taux d’intérêt, la plupart des économistes ne pensaient alors plus jamais revoir en pratique cet outil controversé. Mais Michel Dominicé est pour sa part convaincu du contraire: «Ce n’était pas un accident historique mais quelque chose qui va devenir récurrent car il y a eu de grands changements macroéconomiques.» Parmi eux, la montée en puissance d’une économie du savoir et de la technologie ou encore la baisse durable des rendements du capital. Ainsi, d’après l’expert de chez Dominicé & Co, à un horizon de 1 à 4 ans, la Fed devrait atteindre le taux d’inflation qu’elle cherche à cibler, autrement dit 2%, ce qui impliquerait des taux directeurs de la Fed à environ 1%. Du côté de l’Europe, qui observe un taux d’inflation généralement plus bas qu’aux États-Unis (car elle épargne davantage), 1,5% d’inflation serait attendu dans la zone euro et 0,5% de taux directeur à la Banque centrale européenne.
De quoi déduire un taux d’inflation de 0,5% en ce qui concerne la Suisse et -0,5% de taux directeur à la BNS. Mais comment expliquer ce retour des taux d’intérêt négatifs? «Le franc suisse va se mettre à progresser fortement, ce que la BNS ne souhaite pas car cela accélérerait la déflation suisse. Elle voudra alors intervenir massivement sur les changes mais le bilan de la BNS ayant dépassé les mille milliards de francs, ce qui est dangereux car elle ne peut se permettre de gonfler son bilan à l’infini, la BNS n’aura alors plus qu’un seul instrument à disposition: le taux d’intérêt négatif», appuie le spécialiste. Mais sachant que de la prévision vérifiée à la théorie illusoire il n’y a qu’un pas, seul l’avenir tranchera...