Les cafés historiques (ap)posent les plaques
Ecriture dorée sur fond bleu roi, 44 nouvelles enseignes de la capitale vaudoise vont signaler le caractère historique du lieu pour assurer leur mise en valeur.

Ils ou elles se nomment Pinte Besson, Vieux-Lausanne, Evêché, Pomme de Pin, Café Romand ou Chat noir: tous ces cafés-restaurants historiques vont recevoir une plaque distinctive qui leur offrira une meilleure visibilité. C’est une initiative de la Ville de Lausanne, en partenariat avec Lausanne à Table, Lausanne Tourisme et Gastro Lausanne, qui va débuter au printemps prochain pour répondre à un postulat de Benoît Gaillard. Le conseiller municipal socialiste lausannois réclamait «un inventaire et une promotion des cafés, restaurants, bistrots, brasseries et pintes historiques de la Ville». Avec la possibilité de demander à l’Etat le classement de certains d’entre eux comme monuments, ainsi que des mesures de protection sous les angles touristique, patrimonial et gastronomique. Présent lors d’une conférence presse qui s’est tenue à la Bavaria, le syndic Grégoire Junod a souligné qu’il ne s’agit pas à ce stade d’une démarche administrative visant à obtenir un classement donnant lieu à une protection spécifique, mais plutôt de mettre en évidence des adresses reconnues sur la base de critères comme les éléments anciens, la décoration d’époque ou les aménagements d’origine avec une présence d’au moins cinquante ans.
Aucun café n'est recensé ou protégé pour lui-même, seul le bâtiment est pris en compte
C’est ainsi que 44 adresses ont été retenues à l’exclusion des hôtels et de leurs restaurants. Avec certaines exceptions pour des établissements créés dans des bâtiments historiques de grande valeur, comme Le Kiosque à St-François, le Café Mozart au Conservatoire ou le Castel du Bois-Genoud: «Lausanne a l’ambition de continuer son développement mais elle est fière de son histoire. On ne peut pas être l’un sans l’autre», commente le syndic.
L’exemple de la Bavaria

En 2017, alors que la célèbre brasserie du Petit-Chêne avait été vendue, la Ville de Lausanne avait demandé le classement de la salle du restaurant. Le Canton avait attribué une note 2 à l’immeuble en l’inscrivant à l’inventaire. En ce qui touche la protection, certains bâtiments abritant un café ou un restaurant ont reçu une mention indicative «B» comme «bistrot» au recensement architectural du canton. Mais cette mention ne correspond pas à une mesure de protection: «A ce jour, aucun café n’est recensé ou protégé pour lui-même, seul le bâtiment est pris en compte, explique la Municipalité de Lausanne. A l’avenir, en accord avec le conservateur cantonal des monuments, le service de l’urbanisme lausannois soumettra à une commission d’experts choisis par le Canton, la liste des établissements historiques de la ville afin de les inclure au recensement et d’envisager de leur accorder une protection cantonale particulière.» En outre, dans le cadre de la révision du Plan d’affectation communal, des protections des établissements historiques seront formulées.

Livre à venir
Dans l’immédiat, il va s’agir de mettre en place des actions de valorisation des 44 sélectionnés. Un livre est en cours de réalisation sous la direction d’Isabelle Falconnier, déléguée à la politique du livre à Lausanne, et des Editions Favre. Un programme de balades et surprises culinaires sera déployé en 2022 autour de la redécouverte de «ces lieux qui font la richesse de la ville».
Etablissements les plus anciens
- Auberge de Montheron (XVIe siècle)
- Pinte Besson (1781)
- Hôtel de l’Ours (1842)
- Grütli (1885)
- Bavaria (1892)
- Tramway (1895)
- Couronne d’Or (1895)
- Les Alliés (1895)
- Lausanne-Moudon (1897)
- Café de l’Hôtel de Ville, Lyrique, Vieil Ouchy (fin XIXe siècle)
- Brasserie de Montbenon (1908)
- Brasserie St-Laurent, Le Cygne (1912)