Etude Knight Frank

Les prix des chalets de luxe augmentent encore

Selon la toute dernière étude de Knight Frank «The Ski Property Report 2024», le prix d’un chalet alpin de luxe a augmenté en moyenne de 4,4% au cours des douze derniers mois précédant juin 2023.

Résultats de l'indice Knight Frank des prix de l'immobilier de luxe
Résultats de l'indice Knight Frank des prix de l'immobilier de luxe - Copyright (c) Knight Frank Research
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La 15e édition du Ski Property Report vient de sortir. Principale constatation: la demande augmente et l’offre reste limitée dans la plupart des stations françaises et suisses, d’où une pression à la hausse sur les prix. Cela étant, avant de présenter l’ensemble du rapport, il convient d’apporter une précision: cette étude n’examine que la situation concernant un chalet de quatre chambres (!) avec, en plus, «une situation idéale en plein centre». D’où le qualificatif «d’un chalet de luxe». En effet, rares sont les grands chalets situés au centre des stations de grande renommée. La rareté de ces biens ne peut donc qu’avoir une influence positive sur l’évolution de leur valeur.

La Suisse en tête

L’indice Knight Frank des prix de l’immobilier de luxe alpin révèle que les stations suisses occupent la première place pour la deuxième année consécutive. Il s’agit de Klosters (+15,7%), Davos (12,6%), Andermatt (+9,3%), Nendaz (8,3%) et Saint-Moritz (7,2%). Chamonix suit en 6e position (+6,8%) (voir l’infographie p.12).

«La demande est forte et les ventes hors marché sont en hausse», constate Alex Koch de Gooreynd, responsable des ventes suisses chez Knight Frank. Les analystes de cette société relèvent que malgré un début de saison de ski 2022- 2023 en dents de scie et un paysage macro-économique difficile, la forte proportion d’acheteurs au comptant dans les principales stations de ski du monde signifie que la hausse des taux d’intérêt n’a guère impacté leur souhait d’acquérir une résidence alpine. «Compte tenu de la transition vers le travail hybride, du regain d’intérêt pour la santé et le bien-être, et de l’épargne accumulée pendant les années de pandémie, la demande reste forte».

Chamonix et Megève

Prix au m2 d'un chalet de quatre chambres à coucher situé dans un endroit centraldiaporama
Prix au m2 d'un chalet de quatre chambres à coucher situé dans un endroit central

De l’autre côté de la frontière, Chamonix conserve son titre de station la plus performante des Alpes françaises, véritable destination à l’année, dont la population passe de 10’000 à 130’000 habitants en haute saison. Cependant, en valeur relative, Courchevel 1850 (avec des prix en euros au m2 variant entre 29’000 et 30’500) et Val d’Isère (22’000 – 23’100 euros/m2) restent les stations françaises les plus onéreuses. «La station de Chamonix attire un large public d’amateurs de sport en montagne et affiche un calendrier bien rempli d’événements sportifs, ce qui stimule également la demande des investisseurs», indique Naef Prestige.

«Chamonix et Megève devraient surpasser les autres stations alpines françaises au cours des prochaines années. Ces stations de moyenne altitude, attractives tout au long de l’année, constituent la référence. Elles présentent, en outre, l’avantage d’être situées à moins de 75 minutes de l’aéroport de Genève. Les récentes bonnes performances de Val d’Isère devraient se poursuivre en raison de son excellent enneigement, du nombre limité de propriétés à la vente et de ses importants investissements publics et privés», selon Roddy Aris, responsable des ventes dans les Alpes françaises chez Knight Frank.

Deux tendances distinctes

Les critères pour choisir une stationdiaporama
Les critères pour choisir une station

L’étude est intéressante car elle met en évidence deux tendances distinctes en ce qui concerne la motivation des acheteurs dans les Alpes. D’une part, les stations de haute altitude, telles que Saint-Moritz, Val d’Isère et Courchevel 1850, ainsi que les stations «ouvertes» toute l’année, comme Chamonix et Verbier, ont enregistré des performances supérieures. Sauf qu’avec le réchauffement climatique, on ne peut plus skier sur les glaciers en dehors de la haute saison. D’autre part, d’autres acheteurs ciblent des stations proposant un large éventail d’activités, ainsi que celles qui sont plus animées pendant la saison estivale.

Comme le relève l’étude, «l’attrait des Alpes en été est sur le point d’éclipser les hivers». Les données de la Compagnie du Mont-Blanc révèlent qu’environ 40% des recettes des remontées mécaniques de Chamonix sont réalisées entre mai et octobre. La situation est similaire à Crans-Montana où 44% des nuitées ont été enregistrées en 2022 pendant les mois d’été, selon l’office du tourisme local.

Idylles d’été

Avec les épisodes de canicules à répétition, on assiste même à une prise d’assaut des Alpes, à la recherche de nuits plus fraîches. Les possibilités d’activités s’y sont multipliées: randonnée, VTT, tennis, pêche, musées, festivals de musique, gastronomie, yoga. Ainsi, le bien- être devient un segment toujours plus significatif. Selon Grand View Research, le marché mondial du tourisme de bien-être devrait atteindre plus de 1000 milliards de dollars, soit plus de 900 milliards de francs d’ici à 2030.

Il est vrai que les spas d’altitude se multiplient et l’offre des palaces se diversifie. Du nouveau Six Senses à Crans-Montana au Four Seasons à Megève, les visiteurs et marques de luxe reconnaissent les bienfaits et pouvoirs régénérants de la montagne.