Les variantes d'une rénovation
La rénovation doit faire l’objet d’une attention particulière et bénéficier d’une analyse approfondie avant d’entamer un vaste chantier.

1. Agir sur le bâtiment en lui-même
Avant de s’attaquer à la production d’énergie d’un bâtiment, il convient d’abord de s’attarder quelques minutes sur son état général, ses déperditions, son isolation et sa ventilation afin de s’assurer qu’il ne surconsommera pas l’énergie renouvelable qui y sera produite durablement. Établir un diagnostic est de ce fait un prérequis à tout projet de rénovation de qualité. Il s’agira, en cas d’instabilité de la température intérieure, d’isoler le bâtiment. Et ce, par l’intérieur (murs, toits, plafonds, sols…) ou, plus commun, par l’extérieur (façade, toiture…). Le choix de l’isolant a aussi toute son importance avec des matériaux pouvant aller de la laine de coton, de la ouate de cellulose, à l’aérogel.
En tant que principale source de déperditions de chaleur d’une maison, la toiture doit par ailleurs faire l’objet d’une attention particulière et bénéficier d’une analyse approfondie avant d’entamer un vaste chantier de rénovation. Le propriétaire pourra alors être conscient des possibilités qui s’ouvrent à lui en matière de praticabilité (toiture plate), de solaire ou de végétalisation extensive. A noter qu’une toiture en pente ayant été refaite plus de quinze ans auparavant, a 9 chances sur 10 que l’isolation ne soit plus aux normes actuelles.
Enfin, on l’oublie souvent mais les fenêtres sont un élément important des projets de rénovation. Une fenêtre mal étudiée, fabriquée ou posée permet l’infiltration d’eau mais aussi d’air et entraîne des ponts de froid. A contrario, une bonne isolation thermique et des fenêtres plus étanches permettent d’économiser jusqu’à 60% des coûts de chauffage en moyenne.
2. Se pencher sur la production d’énergie

Près de 50’000 générateurs de chaleur sont vendus chaque année en Suisse. Parmi eux, ceux recourant aux énergies fossiles ont nettement perdu des parts de marché, passant de 60% en 2013 à 50% en 2018. Aujourd’hui, ceux fonctionnant aux énergies renouvelables ont même réussi à se hisser à 79% des ventes en 2022. Une fin annoncée et amorcée pour les chauffages au mazout/gaz se dessine peu à peu.
Ainsi, depuis quelques années, l’option des pompes à chaleur (PAC) séduit davantage les Suisses. Déclinée en trois familles, ces PAC puisent l’énergie des alentours pour fournir du chauffage ou préparer l’eau chaude d’un ménage. On retrouve les PAC air-eau (l’énergie est captée par l’air extérieur), eau-eau et géothermie (qui captent les calories dans le sol ou dans les nappes phréatiques). Aussi en fort développement, les réseaux structurants (énergie fournie par une centrale de quartier) font leur bout de chemin. D’autant qu’en remplaçant un chauffage fossile par un raccordement à un réseaux de chaleur à distance, il est possible de réaliser jusqu’à 16% d’économies sur une période de vingt ans, ce qui équivaut à la durée de vie d’une chaudière. Toujours dans un esprit d’énergie 100% renouvelable, l’offre de chauffage au bois se diversifie elle aussi. Les combustibles les plus utilisés étant les pellets, les bûches et les plaquettes de bois, ce qui couvre pour le moment 10% des besoins en chaleur de la Suisse.
En ce qui concerne la production d’électricité, elle aussi soumise à une pression «verte», l’installation de panneaux photovoltaïques fait l’unanimité. La demande est présente, les innovations suivent et les freins sont levés les uns après les autres. Chaque ménage trouve désormais le panneau adapté à son cas particulier, tout en s’assurant une intégration architecturale.
3. Optimiser la consommation du bâtiment

Un projet de rénovation global peut prendre un certain temps. Un temps pendant lequel le bâtiment continue de consommer de l’énergie à perte. C’est là que l’optimisation entre en jeu. En tant que complément et non substitut à la rénovation, l’optimisation énergétique via un monitorage notamment, va se servir des données du bâtiment pour aider à la décision au départ (être plus ambitieux), pour accompagner la phase de travaux (mieux dimensionner et prioriser) et se montrer utile lors du contrôle de performances à posteriori (comparaison avec les objectifs). La problématique de l’écart de performance énergétique étant peu évoquée lorsque l’on parle rénovation, il faut être conscient qu’en moyenne plus de la moitié des économies théoriques visées ne sont finalement pas réellement atteintes lorsque l’on mesure la consommation des bâtiments post-travaux. La faute à un usage peu économe par l’habitant ou une mauvaise estimation lors de la phase d’étude (en particulier s’il n’y a pas eu de monitorage).
Applicable au chauffage, à la ventilation, à la climatisation, à la réfrigération, à l’équipement sanitaire, à l’électricité et à l’automatisation du bâtiment, l’optimisation permet donc d’y échapper. Sa mise en application réduit les coûts en énergie du chauffage d’environ 10 à 15% sans aucuns travaux.