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Mélodies contradictoires dans l'appartement d'Yvan Prokesch

23.11.2021 à 10:22/ Prestige immobilier

A quelques encablures de Genève, l'architecte genevois décline sa collection éclectique dans un écrin minimaliste. Un brillant exercice de style dont seul ce perfectionniste a l'art et le secret.

Yvan Prokesch dans son appartement, entouré de ses carlins
Yvan Prokesch dans son appartement, entouré de ses carlins - Copyright (c) Anoush Abrar
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Tic,tic,tic...Du dressing-room à la chambre à coucher, du jardin d’hiver à la cuisine, deux carlins trottinent tels d’adorables cerbères derrière leur maître. Les voilà lovés sur le sofa vert impérial dans les bras d’Yvan Prokesch. « Winston et Elton sont demi-frères », commente l’architecte amusé par notre désarroi au mo- ment de les différencier. Les murs lisses et mats de la pièce sont baignés d’une lumière d’automne aussi douce que le sera l’entretien avec cet amateur d’art. Une parenthèse dans son emploi du temps chargé puisqu’il termine trois villas à Chêne-Bourg. Un projet développé avec le bureau familial Prokesch Immobilier. Sculpteur de volumes, il sublime et rentabilise un terrain en pente grâce à un subtil jeu de verticalités. « Je jongle avec plusieurs casquettes puisque je suis architecte, architecte d’intérieur et décorateur. Je peaufine aussi l’extension d’une maison à Vandœuvres et rénove un loft privé. Comme je connais par cœur la collection d’art de mes clients, j’anticipe avec eux la valorisation de l’emplacement des pièces maîtresses. »

La table tulipe d'Eero Saarinen entourée des chaises de Warren Platner et le lustre "Branching Bubble" de Lindsey Adelmandiaporama
La table tulipe d'Eero Saarinen entourée des chaises de Warren Platner et le lustre "Branching Bubble" de Lindsey Adelman

Son diplôme d’architecte en poche, Yvan s’est installé aux Etats-Unis pour parfaire ses études. Il obtient un master « in Advanced Architectural Design » sous la direction de Bernard Tschumi à la Columbia University NY et suit les cours d’un autre Helvète, Peter Zumthor. Le lauréat du Prix Pritzker restera son mentor. Durant les quatorze années passées à Manhattan, il parfait l’art de modeler les volumes et d’interpréter les surfaces selon leur fonctionnalité, insufflant sa vision auprès d’une clientèle huppée et lance les prémices d’une collection d’art : « J’ai adoré cette énergie de renouvellement toujours constante. » Des artisans de Brooklyn aux designers phares de la Big Apple, en passant par les galeries, les foires, les maisons de ventes aux enchères, l’impossible n’existe pas quand il s’agit de dénicher une pépite.

Dans sa chambre à coucher, le tableau "Circus" de la plasticienne Farah Atassi et des fauteuils des années 40 de René Prou.diaporama
Dans sa chambre à coucher, le tableau "Circus" de la plasticienne Farah Atassi et des fauteuils des années 40 de René Prou.

L’esthète revendique d’abord un goût pour le minimalisme avant de rencontrer son fiancé, Fabian Echeverria. Tous deux passionnés d’art, ils vont façonner une collection éclectique, reflet de leur complicité.

Collectionneur éveillé, son leitmotiv s’impose dès lors comme la recherche permanente d’un dialogue : « Je mélange périodes et univers sans me spécialiser dans un médium, évitant ainsi le cloisonnement d’un style défini. Je crée des ensembles voués à interagir entre eux, laissant naître une énergie intéressante. » Exit la vision mercantile comme motivation de ses achats, il avance par coups de cœur. Placées sur la timeline d’une vie, certaines œuvres deviennent ainsi les marqueurs d’une période. On les contemple comme les photos d’un album souvenir que l’on effeuillerait.