Conférence

Pas d'inquiétudes majeures pour 2025

Les «Rencontres annuelles de La Foncière» ont tenté d’esquisser l’avenir de la Suisse. Pas évident. Une chose semble certaine: la croissance en 2025 devrait être identique à celle de 2024.

De gauche à droite, Jérôme Cosandey, Valérie Lemaigre, François Garçon et Michael Loose
De gauche à droite, Jérôme Cosandey, Valérie Lemaigre, François Garçon et Michael Loose - Copyright (c) Fabiano M.
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Pari ambitieux relevé par l’équipe d’Investissements Fonciers, la structure de management du fonds La Foncière (fondé en 1954 et dont la valeur du portefeuille s’approche des 2 milliards), dirigée par Michael Loose. Constatant que le monde évolue rapidement, entre technologies révolutionnaires, bouleversements géopolitiques et urgences écologiques, il s’agissait d’entendre trois intervenants s’exprimer sur l’avenir de la Suisse.

L’économiste en chef de la Banque Cantonale de Genève, Valérie Lemaigre, se veut plutôt optimiste: «Après quatre années de mouvements anormaux, l’activité manufacturière se normalise. Il n’y a pas eu de rupture. Quant aux perspectives 2025, je pense que la croissance sera assez similaire à 2024. Cependant, nous ne sommes pas à l’abri de bonnes surprises, si les investissements en recherche et développement se développent». L’économiste en chef estime aussi que nous allons assister à un tassement des taux. Et de relever, en ce qui concerne l’immobilier, que les prix de la pierre ne devraient pas fléchir. «À Genève, il manque 3000 logements et 4000 dans le canton de Vaud».

Pays de cocagne

Second orateur, le chercheur et écrivain François Garçon, français d’origine et auteur de plusieurs ouvrages («Le Génie des Suisses», «La Suisse, pays le plus heureux du monde» ou encore «Formation: l’autre miracle suisse»). «Vous vivez dans un pays de cocagne où règne une certaine opulence. On ne meurt pas de septicémie dans vos hôpitaux. Vous vous êtes prononcés quatre fois sur la politique de santé, dès lors on ne peut parler de monarchie absolue. Votre système de santé est sain, alors qu’en France, il génère 10 milliards de déficit par année. Mais on dit qu’il est sous contrôle» (rires). Son discours plaît, bien évidemment, même si de nombreuses personnes dans le public ne se reconnaissent pas dans le tableau idyllique que le chercheur dresse.

Inquiétudes d’avenir suisse

Enfin, Jérôme Cosandey, le directeur romand d’avenir suisse, vient rafraîchir l’ambiance en rappelant que la Suisse est désormais en tête de peloton en ce qui concerne les obstacles à la création d’entreprises et à la construction (la Suisse serait au 71e rang en matière d’obtention d’un permis de construire). Enfin, il plaide avant tout pour un regain de libéralisme et que l’on cesse de vouloir donner davantage de pouvoir à l’État pour tout réguler. «Entre 1950 et 2021, l’empreinte de l’État a été multipliée par 35».

Il termine son intervention en rappelant les conséquences du vieillissement de la population, que ce soit sur le marché de l’emploi, sur la prévoyance vieillesse ou encore pour les soins aux personnes âgées. Et Jérôme Cosandey de plaider en faveur du fédéralisme et des décisions décentralisées. Un plaidoyer que ne partage pas entièrement Michael Loose, lequel relève qu’il manque entre 40 et 50’000 logements dans l’ensemble du pays. «Pour résoudre ce type de crise, le système ne peut trouver des solutions». Et de soutenir les démarches initiées par Guy Parmelin, puis par Albert Rösti.