Barnes Market Outlook

Prix moyen des locaux commerciaux à Genève et Lausanne

Edité chaque année, le Barnes Market Outlook est une photographie instantanée, découpée par quartier, indiquant le prix moyen. Surprise: les centres-villes s'en sortent plutôt bien.

Le Barnes Market Outlook offre chaque année une photographie par quartier, indiquant le prix moyen
Le Barnes Market Outlook offre chaque année une photographie par quartier, indiquant le prix moyen
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Il fut un temps, pas si lointain, où les prix du mètre carré pour des locaux commerciaux étaient montés à 1200 francs. Bien évidemment, il s’agissait de la rue du Rhône, à Genève. Actuellement, les baux qui se négocient remontent un peu dans l’hyper-centre de Genève, surtout dans la zone allant de la place du Port à la place Bel-Air en passant jusqu’au quai des Bergues: ils sont à 720 francs du m2 après être descendus à 650 francs (2018-2019) et, selon Barnes Commercial Realty et Wüestpartner, la tendance pour les mois à venir serait à la hausse. Du côté de l’hyper-centre lausannois, le prix le plus élevé se situe à 380 francs du m2 dans le «quartier gare» d’après la photographie.

Différence entre les deux agglomérations

Les grands projets à Lausannediaporama
Les grands projets à Lausanne

Pourquoi une telle différence de prix entre Genève et Lausanne? «Le prix d’une location varie généralement entre 5 et 10% du chiffre d’affaires. Or certaines sociétés ont un chiffre d’affaires phénoménal, les sociétés actives dans le négoce. Le seul vrai coût de ces entreprises est le personnel. Or, les activités tertiaires situées à Lausanne sont davantage axées sur le back office que sur la finance et le négoce. Cela signifie un chiffre d’affaires inférieur. Ce qui explique de telles différences», explique Robert Curzon Price, directeur général de la nouvelle entité Barnes Commercial Realty.

Ce qu'il faut retenir: le centre-ville (Genève et Lausanne) se porte extrêmement bien

Auparavant à la tête de Partner Real Estate Knight Frank, ce dernier a décidé de poursuivre avec la même équipe mais en rompant les relations avec le groupe international Knight Frank. L’équipe genevoise est désormais consultée comme «bureau expert» en matière d’immobilier commercial par ses collègues du groupe Barnes International présent dans une vingtaine de pays. Avec ses collègues, il s’occupe de concevoir et piloter des projets immobiliers, de négocier des baux, réaliser des ventes ou encore aider à la commercialisation. Ce sont eux qui ont, par exemple, géré la vente d’une vaste parcelle du BIT à Genève pour 150 millions de francs en 2020.

Photographie annuelle

Les grands projets à Genèvediaporama
Les grands projets à Genève

Depuis 2009, Robert Curzon Price et son équipe publient une fois par année le «Geneva Office Snapshot» et le «Lausanne Office Snapshot», rebaptisé désormais Barnes Market Outlook. «Il y a une vraie continuité. Nous échangeons avec Wüestpartner en regardant quartier par quartier les baux existants et les expertises réalisées afin de déterminer ensemble la valeur actuelle du m2. Il arrive que nous ne soyons pas d’accord.» Cette carte sert à se positionner, aussi avec l’évolution dans le temps. Elle permet de donner des tendances. «Si la tendance est à la hausse, cela va donner envie de signer un bail de longue durée. Ce qui se raréfie. Mais cela dépend également du montant des investissements et de la solidité de la société concernée.»

Quartier de l’aéroport: morosité

Robert Curzon Price, directeur général de la nouvelle entité Barnes Commercial Realtydiaporama
Robert Curzon Price, directeur général de la nouvelle entité Barnes Commercial Realty

Ce qu’il faut retenir principalement de l’édition 2022 qui vient de sortir: le centre-ville (Genève et Lausanne) se porte extrêmement bien. «Contrairement aux sociétés en lien avec le tourisme, les autres entreprises ne cherchent pas à réaliser absolument des économies. En revanche, c’est plus compliqué hors des centres-villes», relève le directeur général (voir cartes). Si à Genève, le nouveau site de la gare Pont- Rouge sort du lot (avec un prix autour des 450 francs au m2), du côté de l’aéroport international, l’ambiance n’est pas aussi rose. «Ce quartier a été développé à une autre époque. L’avenue Louis-Casaï n’est pas très vivante et les espaces en location proposés ne sont plus en lien avec les besoins des entreprises. Bref, c’est nettement plus difficile.» Pour conclure, le spécialiste se veut optimiste pour Genève malgré la guerre en Ukraine. «Genève va pouvoir jouer un rôle déterminant avec ses organisations internationales, comme pendant la guerre froide. L’économie genevoise va bénéficier d’une multiplication des conférences.»