Se régaler dans la suite Sissi du Beau-Rivage
Après les années de galère liées à la crise sanitaire, l'hôtellerie a été contrainte de se remettre en question. Le cinq-étoiles genevois propose pour la seconde année consécutive de privatiser la suisse Sissi pour y déguster son menu de fêtes.

Alors que notre mensuel vous faisait découvrir la suite Sissi de l’Hôtel Beau-Rivage Genève dans son édition de février 2022, sachez que vous pourrez, vous aussi, la découvrir sans avoir à y dormir durant les mois de décembre et janvier prochains.
Rappel historique
Lorsque l’Impératrice d’Autriche (1837- 1898) revient en septembre 1898 à Genève, elle vient rendre visite à son amie la Baronne de Rothschild. Après avoir dormi au Beau-Rivage, elle va se promener le 10 septembre en ville, notamment à la rue Bonivard pour y acheter des rouleaux de musique. Repartant à pied avec ses deux dames de compagnie, elle souhaite monter à bord d’un bateau de la CGN. C’est là qu’un inconnu la frappe à la poitrine avec une lime. Sissi ne ressent pas immédiatement la gravité de sa blessure. Elle décide de monter sur le bateau, mais, à peine arrivée sur le pont, elle chancelle et s’évanouit. Apprenant l’identité de sa passagère, le capitaine décide de faire demi-tour. L’Impératrice arrive à l’hôtel où elle rend son dernier soupir environ 20 minutes après.
Dégustation festive

Ce 26 octobre, nous étions cinq privilégiés dans la suite Sissi réunis pour déguster en primeur le futur menu des fêtes concocté par celui qui fut pendant quatre ans le bras droit de Dominique Gauthier, Mathieu Croze. Rappelons que Dominique Gauthier s’apprête à prendre les rênes du restaurant F-P. Journée – Le Restaurant, au 49 rue du Rhône, là où le Relais de l’Entrecôte a rayonné pendant des décennies.
Pour son premier menu des fêtes, le chef Mathieu Croze entend innover, sans révolutionner. On commence par un magnifique tourteau, avec du choux-fleur et du caviar de Sologne. Une première entrée accompagnée d’un Sauvignon blanc de Nouvelle-Zélande (Greywacke) de 2019.
Puis, avec en fond sonore des chants de Noël, vient la seconde entrée: une Saint- Jacques avec de la courge rôtie et une lamelle de chorizo, le tout accompagné d'une sauce à la courge et d'un rouge d’Istrie, peu tanique et servi bien frais, qui se marie bien avec l’intensité du chorizo. Les plats de résistance arrivent: tout d’abord un joli bar avec une déclinaison d’épinards et des oignons blancs, mais surtout du citron caviar. Avec un beau chardonnay allemand, le Malterdingen. Un régal!
Suit une belle volaille entourée d’artichaut et de truffe noire, accompagnée d’un Asiaticus de Pierre Gaillard (Vallée du Rhô- ne). Et pour finir, on apprécie une bûche de Noël revisitée avec de la clémentine, de la fleur d’oranger et de la noisette. Le chef sommelier a prévu un Muscat australien pour faire mieux ressortir les subtilités de la bûche élaborée par le nouveau chef pâtissier Kevin Ollivier, précédemment à l’Auberge du Père Bise à Talloires (un 2 étoiles). Le menu est proposé à 250 francs, auxquels il faut ajouter les vins: 140 francs. Dernière précision: la suite Sissi peut accueillir entre 4 et 8 convives.
