Canton de Vaud

Taux de logements vacants: une fiabilité à nuancer

Ayant une certaine incidence sur le marché de l’immobilier, les statistiques officielles vaudoises concernant le taux de logements disponibles mériteraient quelques affinements selon la faîtière USPI Vaud.

Dès que le taux de logements vacants descend sous la barre des 1,5%, le district concerné est alors qualifié «en situation de pénurie de logements».
Dès que le taux de logements vacants descend sous la barre des 1,5%, le district concerné est alors qualifié «en situation de pénurie de logements». - Copyright (c) DR
diaporama

Bien plus qu’un simple chiffre parmi tant d’autres, le taux de logements vacants n’est pas à prendre à la légère. En effet, sous pression depuis le début de la pandémie, du fait d’un retard pris dans la livraison des projets de construction et d’une demande dopée pour les résidences secondaires, le taux de logements disponibles dans le canton de Vaud revêt aujourd’hui plus que jamais toute son importance. Et pour cause, dès lors que celui-ci descend sous la barre des 1,5%, le district concerné est alors qualifié «en situation de pénurie de logements».

Une dénomination qui a par la suite de nombreuses implications. Parmi elles: le bailleur se voit notamment obligé de notifier une formule officielle au locataire lors de la conclusion du contrat de bail mais également de demander une autorisation pour rénover son bien, les loyers étant de ce fait soumis à un contrôle en vertu de la loi L3PL.

Des divergences sur le papier

A en croire les chiffres officiels publiés ce jour par Statistique Vaud (le service de la statistique du canton de Vaud), le taux de logements vacants au 1er juin pour le district de Lausanne serait justement de 0,56%, pour celui du Jura-Nord vaudois de 1,4% et pour celui de la Riviera-Pays-d’Enhaut de 1,17%. Seul hic: comme l’an dernier, la section vaudoise de l’Union suisse des professionnels de l'immobilier (USPI Vaud) a tenu elle aussi à réaliser de son côté sa propre enquête parallèle et relève des différences de résultats qui placeraient plusieurs régions hors du fameux seuil de pénurie de logements.

En l’état et à titre d’exemple, l’USPI Vaud a ainsi observé des taux de vacance sur le marché locatif de 0,91% pour le district lausannois, de 1,87% pour le Jura-Nord vaudois ou encore de 1,94% pour celui de Riviera-Pays-d’Enhaut. Face à tant d’écart et aux conséquences qui en découlent pour les propriétaires, l’USPI Vaud soulève le problème et porte de la voix. «Ce constat démontre qu’il nous faut encore améliorer la fiabilité des données officielles», commente Frédéric Dovat, son secrétaire général. Selon l’expert immobilier, il s’agirait à présent d’intervenir sur deux points essentiels. D’une part sur les aspects méthodologiques de l’enquête effectuée par Statistique Vaud et d’autre part sur sa récolte de données.

Frédéric Dovat s’explique: «L’Office fédéral de la Statistique (OFS) impose que les calculs soient ramenés à l’intégralité du parc immobilier, soit les ventes, les locations et les biens occupés par les propriétaires. Tandis que le sondage de l’USPI Vaud repose sur un solide échantillonnage de 135'435 logements mis en location qui démontre un taux de vacance cantonal de 1,24% basé sur cet échantillon représentatif, celui de Statistique Vaud affiche un taux officiel de 1,11% en se référant aux données transmises par les communes qui ne concernent qu’une partie du parc immobilier.» Autrement dit, afin d’effectuer ses calculs, Statistique Vaud tire ses conclusions à partir des chiffres absolus que les communes se procurent elles-mêmes auprès de tiers, mais qui, bien souvent, ne portent pas sur l’intégralité de leur parc. Aucune extrapolation n’est ainsi faite et les rapports du canton sont de ce fait amputés d’une partie de la réalité du marché.

Du changement à venir

Malgré ce biais pointé du doigt, l’USPI Vaud se veut confiante et travaille main dans la main avec Statistique Vaud afin d’améliorer la fiabilité des résultats publiés officiellement. «Un groupe de travail tente de repenser les directives méthodologiques actuellement à l’OFS et de notre côté, nous essayons de sensibiliser les autorités à une meilleure prise en compte et récolte de l’ensemble des données disponibles sur le terrain», assure son secrétaire général. En attendant que les mesures soient ajustées, la faîtière appelle donc à la prudence et invite à prendre les résultats officiels présentés pour le moment avec des pincettes.