Tilia décroche son permis de construire
Le futur Manhattan lausannois va pouvoir sortir de terre. Ce lieu de vie et de rencontre sera situé au cœur de Malley. Notre dossier.

Ayant réussi à obtenir rapidement son permis de construire de la Municipalité de Prilly (VD), le 12 septembre dernier, le chantier Tilia va pouvoir s’ouvrir au printemps. Dans l’intervalle, le maître d’ouvrage a mis au concours le mandat d’entreprise totale pour cette opération innovante représentant en tout 37’000 m2 de surfaces. L’heureux lauréat sera connu à la fin de l’hiver. Ce chiffre de 37’000 m2 comprend l’actuel bâtiment abritant 16 terrains de badminton sur deux niveaux, ainsi que le petit bâtiment de bureaux ex-Bâloise, et surtout la future tour de 85 mètres de haut, soit R+26 étages.

Cette tour sera occupée aux deux-tiers par du logement: 221 appartements, majoritairement en loyer libre, allant du studio au 4,5 pièces. «Entre le futur hôtel et son fitness, les commerces et les cheminements publics au rez, les espaces de coworking, notre programme de coliving, les activités sportives ou la future place du Galicien, nous devrions avoir une animation continue», résume Raphael Crestin, à la tête du projet Tilia, la société qui pilote le projet pour le maître d’ouvrage Insula.
Empreinte carbone réduite
Participant au développement d’un quartier placé sous le signe de la durabilité, tous les bâtiments et installations du projet Tilia sont conçus de manière à produire localement de l’énergie renouvelable et à utiliser des agents énergétiques faiblement polluants. Ils sont labellisés Site 2000 watts et Minergie-P-Eco.
Les deux bâtiments existants, soit celui dédié au badminton et celui qui accueillait des bureaux, seront maintenus et rénovés. La commune de Prilly a souhaité que les terrains de badminton restent accessibles pendant les trois ans que va durer le chantier Tilia. Seule exception tolérée: lorsque le sol des terrains sera refait alors il y aura une fermeture partielle.

Exemplaire en matière d’empreinte carbone, Tilia a prévu 40 sondes à 420 m de profondeur, principalement sous l’aire du Galicien. «Pour s’assurer de la faisabilité du concept, nous venons de faire réaliser un premier forage. Par ailleurs, toutes les fondations seront équipées d’un système de récupération de chaleur. Dans ce cadre-là nous avons signé un partenariat avec une start-up: GEOEG, spécialiste de la problématique des îlots de chaleur urbains souterrains. Avec environ 2,2 kg CO2/m2/an pour son exploitation, l’empreinte carbone de la Tilia Tower sera très réduite.
Toitures mixtes
La structure de la Tilia Tower associe le bois et le béton à 50/50. Cela va permettre de réduire l’empreinte carbone de la future construction. D’autre part, le bois qu’elle contient permettra de capturer et stocker du CO2.
Tous les bâtiments de Tilia seront dotés de panneaux photovoltaïques en façade et en toiture afin de répondre aux standards énergétiques visés. «Il va s’agir de parvenir à un bon mix sur les toitures, entre d’une part les panneaux et d’autre part la végétalisation», relève Raphael Crestin. Une étude poussée a été réalisée. Sur la tour elle-même, seule une partie sera végétalisée du fait de la forte densité des installations techniques.

Essayant d’anticiper sur les pratiques futures en matière de mobilité, l’offre en stationnement sera limitée au strict minimum avec seulement 150 places dédiées aux voitures dans le sous-sol de la tour. Toutes les places seront dotées de borne de recharge pour véhicules électriques. En revanche, 576 places de stationnement pour vélos ont été prévues, dont 212 extérieures disposées à proximité des différentes entrées du site et 364 places intérieures de longue durée sous la Tilia Tower. La rampe d’accès au parking pour vélos est spécialement conçue pour en faciliter l’accès. Une zone vestiaires sera équipée avec des casiers individuels munis de prises pour la recharge des batteries. «Ce genre d’équipements existe encore assez peu en Suisse», indique le responsable du chantier.
Espaces publics
N’oublions pas les espaces publics. Du côté nord, entre le viaduc ferroviaire du Galicien et l’ensemble bâti de Tilia, il y aura un vaste espace qui devrait accueillir des modules de fitness urbain, un terrain de pétanque et des jeux pour enfants. Et du côté est, la place du Galicien va prolonger l’état d’esprit festif qui a animé la Galicienne de 2016 à 2020. Cette place ombragée à l’abri des nuisances se profile comme un lieu de rencontres et de détente pour toute la population avec une buvette, un pavillon, une place de danse et un bassin. Prochain rendez-vous: la pose de la première pierre au mois de mai 2023.
