Courtage

Un duo reprend les rênes de la marque Barnes

Jérôme Félicité et Robert Curzon-Price ont signé une prise de participation significative dans le capital de Barnes Suisse Holding et un management Buy-Out pour le solde. Retour sur leurs ambitions: devenir le leader du courtage résidentiel et commercial en Suisse.

Robert Curzon-Price et Jérôme Félicité
Robert Curzon-Price et Jérôme Félicité - Copyright (c) DR
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« Il ne s’agit pas d’une révolution», tient d’emblée à préciser Robert Curzon-Price à propos de la nouvelle du jour: la prise de contrôle de Barnes Suisse Holding, première société suisse de courtage qui possède 22 agences dans le pays et emploie 102 collaboratrices et collaborateurs. En 2023, ses équipes ont réalisé 452 transactions pour un volume de vente de 1,250 milliard de francs.

Tournant historique

Petit retour en arrière. Il faut savoir s’adapter constamment, y compris dans l’immobilier. C’est Pierre Félicité-Ivanès, le père de Jérôme, qui fonde Gerofinance en 1962. Ce dernier rejoint son père en 2007, après avoir œuvré chez de Rham entre 1998 et décembre 2006 où il a pratiqué le courtage. Très vite, le jeune homme montre son savoir-faire et son ambition et développe le groupe familial (rachat de plusieurs régies genevoises et vaudoises) et crée Barnes Suisse dès 2012.

Alors que son père décède en janvier 2017 dans sa 84e année, Jérôme Félicité s’est associé entre-temps à la famille Berda. Après avoir fait du groupe familial l’un des principaux leaders de Suisse romande, il décide en octobre 2023 de se retirer de l’opérationnel du groupe Gerofinance / Régie du Rhône pour ne garder que la présidence du conseil d’administration de Barnes Suisse Holding. C’est en effet, Timothée Carrel qui lui a succédé (voir notre édition du 23 octobre 2023) au poste de CEO. Autrement dit, Jérôme Félicité a décidé de ne se consacrer désormais qu’aux activités de courtage et de promotion.

Nouveau départ

Ce dernier le confesse d’ailleurs volontiers: «A titre personnel, c’est un réel plaisir de revenir à mon métier d’origine, avec une boutique de 100 personnes». Avec son associé et ami Robert Curzon-Price, ils entendent couvrir l’ensemble du spectre du courtage, auquel ils veulent ajouter la gestion patrimoniale pour leurs clients. «Et nous avons l’exclusivité des activités de courtage du groupe Gerofinance / Régie du Rhône», précise-t-il.

En prenant les rênes de Barnes Suisse, Jérôme réalise le souhait qu’il avait pour ses 50 ans. Précisons qu’il vient de franchir la barre des 51 ans tandis que son associé est âgé de 52 ans. «Nous savons ce que nous avons envie de faire pour les dix prochaines années et ce que nous ne ferons plus, de la gérance. Par contre, nous ferons toujours du courtage résidentiel et commercial, des promotions, des locations commerciales et du conseil».

C'est un réel plaisir de revenir à mon métier d'origine, le courtage

Jérôme Félicité

Ambition nationale

Les deux associés souhaitent devenir un acteur majeur national d’ici dix ans. A cette fin, la marque prévoit l’ouverture de dix agences dans les cinq ans à venir. «Nous avons justement rendez-vous à Zurich dans quelques jours», relève Jérôme Félicité.

L’objectif est de s’implanter désormais aussi en Suisse alémanique et italienne. «Mais pas en s’associant avec n’importe qui et n’importe comment». «Nos confrères sont généralement actifs dans toutes les thématiques, alors que nous sommes concentrés sur le courtage, un métier que nous connaissons bien», ajoute Robert Curzon-Price. A côté de cela, Jérôme Félicité continuera de siéger au sein de la holding internationale de Barnes, dont Barnes Suisse est le deuxième plus important affilié, juste derrière la France. «Nous sommes réellement associés et tissons ensemble la toile Barnes». A ce propos, le duo est en train de négocier des prises de participation dans les entités Barnes en charge des territoires limitrophes à la Suisse.

Family Office

Parmi les développements apportés par Messieurs Félicité et Curzon-Price, la volonté de développer un nouveau service de Family Office immobilier. « Aujourd’hui, il y a quelque 500 Family Offices dans la région, mais ils se sont constitués autour d’un patrimoine existant. Ils n’ont généralement pas de branche immobilière. Or nous sommes justement capables de leur offrir cette spécialisation », constate Robert Curzon-Price.

«L’idée est de pouvoir fournir des conseils pointus à un client qui souhaite acquérir un hôtel, par exemple. Nous avons des clients souhaitant constituer un portefeuille de plus de 100 millions d’actifs immobiliers actuellement en Suisse», ajoute Jérôme Félicité.

Acquisition de Gestilog

Autre nouvelle: le rachat de Gestilog. «Il s’agit d’une petite structure dotée d’un excellent réseau et de connaissances dans les domaines des locaux industriels et de logistique que nous n’avions pas. Il s’agit d’une nouvelle classe d’actifs qui ne cesse de se développer grâce au e-commerce», argumente Robert Curzon-Price. L’équation entre l’essor du e-commerce et la pandémie a bouleversé les habitudes d’achat, avec une explosion des de- mandes en ligne. «En termes d’infrastructure, cela a créé une très forte demande pour des bâtiments et des locaux accueillant des activités de logistique. Un marché que connaît extrêmement bien Gestilog, un partenaire de choix pour nous»pour