Rénovation

Une oeuvre de Pierre Braillard "assainie"

La Zurich Compagnie d’Assurances vient d’achever la rénovation dans les règles de l’art d’un immeuble de bureaux, sis au 35 rue du Rhône.

Le bâtiment a été construit dans la deuxième partie des années 1960 par l'architecte Pierre Braillard
Le bâtiment a été construit dans la deuxième partie des années 1960 par l'architecte Pierre Braillard - Copyright (c) DR
diaporama

La Zurich Compagnie d’Assurances avait fait construire cet immeuble de bureaux et des commerces au rez-de-chaussée entre 1966 et 1970. Toujours propriétaire de ce bâtiment, l’assureur a mandaté le pool GESTARC & Face à Face pour effectuer une transformation - rénovation globale de l’immeuble et de l’attique (lequel a été agrandi). Une fois l’autorisation de construire obtenue, durant l’été 2019, le chantier s’est ouvert le 29 août 2019 pour s’achever fin novembre 2020.

Architecte réputé

Ce bâtiment administratif et commercial de haut standing a été construit dans la deuxième partie des années 1960 par Pierre Braillard (1911-2009). Cet architecte n’est pas n’importe qui. Comme l’indique le site internet de la Fondation Braillard Architectes, Pierre Braillard a pratiqué le métier d’architecte à Genève de 1927 à 1983. Il collabore avec le bureau de son père jusqu’à son départ pour Berlin où il restera plus d’un an. En 1933, il revient à Genève pour diriger le bureau de son père, Maurice, devenu Conseiller d’État, fonction à laquelle celui-ci consacre presque tout son temps. Il collabore avec lui jusqu’aux années 1960 et avec son frère Charles jusqu’en 1976, puis il poursuit seul ses activités.

On peut encore lire ceci à propos de Pierre Braillard: «L’évolution de la conjoncture et du contexte immobilier favorisent d’importantes réalisations, notamment dans le domaine des banques, du grand commerce et des compagnies d’assurances. Pierre Braillard fut Architecte Délégué du Conseil d’État de 1962 à 1965. Parmi ses réalisations, citons: des immeubles de banque et d’administration tels que la Pax Assurances, (en collaboration avec le Prof. William Dunkel, 1955-1959), la Discount and Trust Bank (1965), la Zurich Assurances (1966-1970), le siège de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (l’OMPI, 1974-1978), la Banque Paribas (1976-1980), le grand magasin La Placette, (1967-1968, actuellement Manor), des immeubles et ensembles d’habitation tels que celui de la rue des Eaux-Vives 11-13 (1948), les 9 immeubles d’habitation à la rue du Grand-Pré 24 à 40 (1949) et les 8 immeubles d’habitation aux rues des Délices et de l’Encyclopédie (1952-54).

Étroite collaboration

La rénovation a dû se faire par étapesdiaporama
La rénovation a dû se faire par étapes

Voulant opérer cette rénovation dans les règles de l’art et en respectant strictement les différentes règlementations, la société mandatée pour coordonner ce chantier (Tasq) a pris contact non seulement avec les autorités et les services compétents, mais aussi avec la Fondation Braillard Architectes (FBA). Ensemble, sous la direction de Jacques Dorée, «Regional West Team Leader», ils ont pu déterminer en étroite collaboration, les grandes lignes directrices de cette rénovation d’importance, désirée par le propriétaire.

Cette réalisation de prestige participe aux grandes opérations de rénovation urbaine des trente glorieuses. L’immeuble de six étages sur rez-de-chaussée commercial et quatre niveaux en sous-sol se lit comme un vaste parallélépipède dégagé sur ses quatre façades. Relevons que Marc- Joseph Saugey a pour sa part réalisé le 21 rue du Rhône en 1963, tandis que la Cité du Lignon sortait de terre en 1968, dessinée par Georges Addor et Jacques Bolliger.

Descriptif du chantier

Au menu du chantier qui s’est achevé fin 2020, l’obtention d’un label HPE (haute performance énergétique), avec son raccordement au réseau Genilac, pour cet immeuble sis 35 rue du Rhône. «La réalisation des travaux a dû se faire par étapes car des locataires étaient présents au sous-sol, au rez-de-chaussée, aux 1er et 2e étages», nous explique Jacques Dorée.

La première étape comprenait les travaux préparatoires, les communs et les locaux vides, ainsi que les façades (pour les niveaux libres, soit une partie des sous-sols, et les étages 3 à 7). La seconde étape a été morcelée par lots avec les travaux à effectuer dans des locaux actuellement occupés, ainsi qu’une partie des façades. L’assainissement total du bâtiment comprenait la suppression des substances dangereuses (amiante, plomb et PCB), l’assainissement et le renforcement de la structure du bâtiment (dalles, murs et piliers), notamment au moyen de lamelles en carbone. A cela s’est ajoutée la mise aux normes de sécurité, et notamment les prescriptions de protection incendie AEAI, mais aussi la mise aux normes pour le chauffage, la ventilation et la climatisation.

Rappelons que les locataires sont Cartier (rez-de-chaussée, 1er et 2e), Valentino (rez-de-chaussée) et la banque JP Morgan sur cinq étages (du 3e au 7e).