Une splendeur à retrouver
Le 30 août dernier, le Grand Hôtel & Centre Thermal d'Yverdon-les-Bains posait la première pierre de son projet de rénovation. Le fruit d'un travail aussi long que complexe qui insufflera un vent nouveau à la ville.

«Les mauvaises langues disaient que l’on n’effectuerait jamais ces travaux mais nous y sommes», ironisait Bernard Russi, fondateur du Groupe BOAS, le 30 août dernier. Ceci à l’occasion de la pose de la première pierre de son complexe: le Grand Hôtel & Centre Thermal d’ Yverdon-les-Bains. Puisque du temps, il en aura fallu à ce projet pour éclore. Après un rachat du site en 2015, l’idée d’une rénovation en profondeur avait germé dans la tête de son dirigeant. Malheureusement, malgré un partenariat solide avec un fonds immobilier, «nous avons fait des projets qui étaient parfois trop compliqués, puis il y a eu le covid et les difficultés se sont enchaînées», déplore Bernard Russi.
Repenser sans tout changer

Aujourd’hui sur leur lancée, grâce à un investissement d’environ 40 millions de francs, les travaux vont bon train. «Cela valait la peine d’attendre car quand on voit ce qui se prépare, nous aurions pu encore patienter une année ou deux tellement le futur bâtiment est beau», s’enthousiasme l’homme aux manettes du projet. Une nouvelle architecture plus épurée et homogénéisée prévue pour 2026 qui implique néanmoins quelques menus changements. «Notre but est de garder l’ADN du site, qui a une belle histoire, tout en travaillant sur l’avenir par rapport aux attentes de nos clients», souligne le directeur du Grand Hôtel, Brice Lavedrine.
Le complexe mêlant différentes typologies d’activités (hôtellerie, restauration, therma lisme, soins médicaux etc.), a vu sa stratégie révisée avec les équipes de BCO (filière «construction» du groupe BOAS). Son directeur, Felipe Gonzalez, fait le point: «Le bâtiment actuel des bains sera totalement démonté début 2024 pour être reconstruit selon les critères techniques, énergétiques et esthétiques actuels.» L’année 2025 sera quant à elle allouée à l’enveloppe et à l’intérieur du centre thermal qui est prévu sur 7500 m de surface de plancher construit(doublement de la capacité) avec un concept inédit pour un spa urbain de cette taille en Suisse. Celui-ci consistera à offrir du bien-être immersif, faisant voyager le visiteur entre les cinq continents.
Surclasser en deux temps

Du côté de l’hôtel, une centaine de chambres seront totalement rénovées sur les deux années à venir en fonction des périodes d’occupation. «Nous souhaitons que le château retrouve ses lettres de noblesse avec un classement hôtel-boutique 5 étoiles», assure le directeur Brice Lavedrine. Tandis que pour la restauration, la salle «Belle époque» gardera son identité, la «Rotonde» évoluera avec un concept de bar-ambiance et deux autres points gourmands feront leur apparition. L’un pour les baigneurs et l’autre dans le hall d’entrée du centre thermal. Les espaces de fitness, physiothérapie seront en revanche simplement déplacés. Autant dire que le planning sera chargé pour les équipes qui s’activent déjà sur place. D’autant que l’entièreté du site restera en exploitation durant la durée du chantier et continuera d’accueillir son flux quotidien de visiteurs, variant entre 500 et 1000 personnes.
Promouvoir les atouts de la ville
De quoi faire briller Yverdon-les-Bains à l’avenir, «ce joyau économique, touristique et patrimonial méconnu», selon son syndic, Pierre Dessemontet. «Il y a plus de quarante ans, la Ville a décidé d’accoler le mot LES BAINS à son patronyme mais il arrive encore que l’image extérieure d’Yverdon souffre de préjugés», ajoute ce dernier. En sus des activités principales d’accueil, le Groupe BOAS s’est d’ailleurs lancé un autre défi allant dans ce sens: la promotion de la beauté naturelle régionale. Ayant fait construire un bateau électro-solaire dédié à l’exploration des fonds marins du lac de Neuchâtel, il espère ainsi offrir à ses clients et au grand public une expérience inédite. De quoi faire (re)découvrir notamment la splendeur d’Yverdon- les-Bains...
Un peu d’histoire
Bien qu’on ne sache pas précisément de quand date le thermalisme à Yverdon-les-Bains, des preuves permettent de remonter dès le premier siècle après Jésus-Christ en ce qui concerne le culte des sources. La Ville ayant souhaité répondre à une demande de la clientèle anglaise, le Grand Hôtel & Centre Thermal est construit en 1732. L’édifice est agrandi maintes fois mais est finalement contraint de fermer ses portes en 1959 (après les guerres mondiales). Il faudra alors attendre les années 70 pour donner une nouvelle impulsion au thermalisme, portée par la mode du bien-être en Suisse. En 1977, ce bâtiment classé monument historique renaît alors de ses cendres après une éclipse de presque deux décennies.
