Yotel, la résurrection du motel de Founex?
Serait-ce la fin d’un long feuilleton? Depuis la fermeture du mythique motel en 1998, de nombreux projets s’y sont succédés sans aboutir: centre d’accueil pour requérants, hôtel McDonald, hôtel Hilton, hôtel de luxe, et, finalement Yotel. Récit.

Difficile de ne pas s’intéresser à cet endroit : En Balessert, situé à la sortie immédiate Divonne/ Coppet de l’autoroute A1. C’est un Français, Michel Roquet, qui est à l’origine de la construction en 1963, juste avant l’inauguration en 1964 de l’autoroute A1, du Motel de Founex. Ce dernier contenait 120 chambres, un bar dancing et un restaurant où l’on pouvait manger jusqu’à 4 heures du matin. De quoi susciter un réel intérêt pour les noctambules ou simplement pour les nombreux résidents de la Côte et de Genève qui revenaient d’un concert au Palais de Beaulieu ou d’une soirée au MAD de Lausanne. Le Paléo y logeait une bonne partie de ses artistes. Déçu de ne pas être logé dans un palace, le groupe Stray Cats s’y défoulera en démolissant le mobilier de plusieurs chambres.
Faillite
Ce lieu mythique a entre-temps changé de mains. Un homme d’affaires algérien, Mohamed Ait-Said, fut son dernier exploitant et propriétaire. Il laissa de grosses ardoises et la faillite fut prononcée le 27 février 1998 avec une fermeture définitive fixée au 31 mars 1998 à 13h30. Dans les mois qui suivent, cette parcelle de 15’000 m2 et ses bâtiments vides suscitent de nombreuses envies. La Fareas, la fondation qui s’occupe de l’accueil des requérants d’asile dans le canton de Vaud, réagit la première. Mais les réactions négatives sont nombreuses et elle renonce rapidement.
Ecolint et McDo
Puis des discussions sont menées entre l’Ecole Internationale de Genève, sa voisine avec son campus de la Châtaigne-aie, victime de son succès, et le groupe McDonald. Ces réunions n’aboutiront pas, même si Urs Hammer rachètera en juin 2000 pour McDo la parcelle pour 3,5 millions de francs. Le géant américain envisage un hôtel, un restaurant et un Mc-Drive. Mais le projet rencontre de vives oppositions. De son côté, l’Ecolint fera finalement construire un nouveau bâtiment en 2011.
Jean-Pierre Sutter va par la suite reprendre le terrain à Urs Hammer, alors que le bâtiment est devenu une ruine. En février 2006, le Tribunal administratif lève les oppositions, ce qui n’empêche pas six familles de recourir devant le Tribunal fédéral. Ce dernier rejette les dernières oppositions en janvier 2007. On parle alors d’un projet d’hôtel deux ou trois étoiles d’une capacité de plus de 150 lits, ainsi que de 6000 m2 de bureaux. C’est alors qu’en 2009, un certain Edmond Honoré reprend le droit de superficie du propriétaire du terrain pour mettre à l’enquête un nouveau projet avec un Hilton, un restaurant et un centre administratif de 6000 m2. En janvier 2012, c’est une société appartenant à feu Henri Ferdinand Lavanchy (fondateur d’Adia Interim), Bonmont Country Clubs, qui rachète la parcelle et les ruines du motel. Le bureau d’architectes Dominique Grenier obtient l’autorisation de construire en 2012. Le motel est enfin démoli. Nouveau rebondissement : c’est la société zougoise Conamo, proche du groupe Stoneweg, qui rachète le projet auprès de Bonmont Country Clubs. Au final, le chantier est confié à l’architecte Antoine Ris par le nouveau maître d’ouvrage et l’hôtel Yotel peut ouvrir fin 2023. Il comporte 237 chambres. Il s’agit du 22e hôtel de cette chaîne dirigée par Hubert Viriot.
