Edito

Edito de mai 2024: l'impact d'un conflit

La Suisse bénéficie de la guerre qui oppose la Russie et l’Ukraine. En effet, les Ukrainiens détenteurs du statut de protection S représentaient plus de 20% de l’immigration totale à fin 2023.

Serge Guertchakoff, rédacteur en chef
Serge Guertchakoff, rédacteur en chef
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Ainsi, comme l’indiquent les chiffres communiqués par l’Office fédéral de la statistique, la population résidante permanente de notre pays s’élevait à 8’960’800 personnes au 31 décembre 2023, soit +1,6% (+145’000 personnes). Cet accroissement démographique est le plus important depuis le début des années soixante. Sans les personnes en provenance d’Ukraine, la croissance de la population n’aurait atteint «que» 1%.

Autre élément intéressant: cette population est venue occuper plus de 20’000 logements répartis sur l’ensemble du pays. C’est un des éléments qui explique la baisse du taux de logements vacants dans le canton de Fribourg, par exemple. Autrement dit, le conflit ukrainien contribue indirectement à assécher le marché locatif, y compris dans nos régions périurbaines. Cela explique pourquoi, malgré les records de nouveaux logements mis sur le marché à Genève, par exemple, le taux de vacance n’augmente pas. Reste à savoir quel pourcentage de ces réfugiés vont définitivement s’établir ici. Cela dépendra bien entendu de la réussite de leur intégration (apprentissage de la langue, obtention d’un emploi répondant à leurs attentes, etc.). Il est fort probable que plus le conflit s’éternisera, ce qui semble malheureusement acquis, plus le pourcentage d’Ukrainiens désirant rester en Suisse augmentera.