Saint-Cergue

Entre tourisme et vie quotidienne

Le village relié par le petit train rouge va bientôt compter 3000 habitants. Une véritable mutation.

Le nouveau quartier résidentiel de Tencoy-Dessus, constitué essentiellement de mayens destinés à des familles, rappelle que Saint-Cergue est un village toujours plus prisé par la population du bassin lémanique.
Le nouveau quartier résidentiel de Tencoy-Dessus, constitué essentiellement de mayens destinés à des familles, rappelle que Saint-Cergue est un village toujours plus prisé par la population du bassin lémanique. - Copyright (c) Novaco SA
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Elles ne sont certes pas aussi nombreuses que les sapins, mais les grues sont légion dans le village de Saint-Cergue, juché à 1’000 mètres d’altitude et surplombant, au sud, le lac Léman. C’est que le bâti s’est bien développé, offrant de nouveaux quartiers d’habitation, radicalement différents les uns des autres. Le dernier en date, du nom de Tencoy-Dessus, regroupe 30 chalets, ou mayens, dans une plaine idéalement ensoleillée à l’est du village. Un projet initié en 2007 et validé par les autorités en 2013. « Initialement, nous avons visé les jeunes familles du village avec un bien très attractif en prix et qualité ainsi que des matériaux nobles tels que le mélèze des façades ou la pierre quartzite de Norvège qui recouvre les toits. Maintenant que tous les mayens sont vendus et en cours d’achèvement, notre constat est que notre objectif a été atteint car toutes nos constructions sont des résidences principales malgré que les acquéreurs aient tout type de profil », détaille Vitor Dias, directeur adjoint de Novaco SA, atelier d’architecte et promoteur total.

Résidences principales

Paul Ménard, syndic de Saint-Cergue, village en pleine croissance.diaporama
Paul Ménard, syndic de Saint-Cergue, village en pleine croissance.

Des résidences principales, donc. Et c’est bien là le résultat d’une lente mutation d’un village où le bâti, jadis, était constitué de résidences secondaires pour la bourgeoisie genevoise. «Notre village n’a plus rien ni d’une cité-dortoir ni d’une simple station touristique. Les gens sont de plus en plus nombreux à venir y vivre à l’année» explique le syndic Paul Ménard. Un chiffre confirme le propos: Saint-Cergue compte désormais 2’750 habitants et ce chiffre augmente de 70 unités par année. Mais tout n’est pas évident pour chacun: «Il y a encore un taux de rotation d’environ 20%, soit en dessous de la moyenne cantonale mais en-dessus de la moyenne du district de Nyon. Ceci s’explique car le premier hiver vécu dans le village peut être parfois rude pour les arrivants de la plaine. Qui décident de redescendre.»

La Municipalité du village a d’ailleurs identifié plusieurs leviers sur lesquels agir pour séduire davantage les habitants. Dont le développement des services. «Saint-Cergue n’est pas véritablement à plaindre, puisque nous avons plusieurs restaurants, des boulangeries et diverses animations. Mais nous devons faire davantage. C’est notre priorité» poursuit Paul Ménard. Il y a quelques mois, une piste de VTT s’est ouverte au centre du village et à la fin de l’été a eu lieu la première édition d’un festival de jazz du village.

Hiver et été : deux esprits

A Saint-Cergue, village où depuis toujours les enfants viennent apprendre à skier mais où l’on sait les hivers devenir toujours plus chauds, le tourisme estival est aussi en voie de développement. Mais à condition, aussi, de pouvoir capitaliser sur cet afflux des gens de la plaine qui viennent chercher en hauteur de quoi s’évader. «Notre infrastructure hôtelière est pour l’heure insuffisante. Il y a parfois des milliers de personnes qui viennent dans notre village en un week-end et seulement 7 chambres à disposition.» Car il est un fait que Saint-Cergue doit aussi couvrir les frais de ses infrastructures qui profitent à toute une région, même si les autres villages participent en partie à cet effort. De même que le village, en grandissant, doit financer les routes et, surtout, les écoles. «Nous allons arriver à 3’000 habitants prochainement et ne pourrons véritablement grandir davantage sans devoir tout repenser. Si toutefois nous souhaitons grandir davantage, ce qui n’est de loin pas certain», conclut le syndic Paul Ménard.

UN MARCHÉ DYNAMIQUE
Conséquence de cette attractivité renouvelée couplée à un marché de l’immobilier tendu dans la région lémanique: à Saint-Cergue aussi les prix augmentent. Patrick Stünkel, directeur de l’agence immobilière du même nom, l’une des trois du village, confirme la tendance: «Les affaires vont bien! Aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup de biens sur le marché malgré les nombreuses constructions.» Pour Patrick Stünkel, dont l’amour pour son village s’entend dans chaque phrase, Saint-Cergue a tout pour plaire. «Quand vous habitez ici et que vous rentrez chez vous après une journée de travail, vous avez l’impression d’être en vacances.» Quant au taux de rotation des habitants, il doit être mis en contexte, même si le commerçant avoue sans honte avoir vendu un même chalet 5 fois en 20 ans. «Nous sommes un village à la montagne. Il est normal que les jeunes quittent le village durant leurs études et souhaitent vivre leur jeunesse en ville. Mais ils finissent tous par revenir!»