Développement

L’Ouest lausannois sur de bons rails

Autrefois mal-aimé voire abandonné, ce secteur composé de huit communes est aujourd’hui un exemple de transition urbaine où les projets vont bon train. Un terrain propice aux investisseurs que la Journée romande des fonds immobiliers a mis en avant.

Renens peut aujourd'hui se targuer d'être la troisième gare de Suisse romande en termes de voyageurs
Renens peut aujourd'hui se targuer d'être la troisième gare de Suisse romande en termes de voyageurs - Copyright (c) CFF
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Tout le monde en a au moins entendu parler ou connu le passé peu glorieux de la ville de Renens, petite sœur voisine de la grande Lausanne. Une période de crise pour ce chef-lieu de district qui débute dans les années 1990-2000. À l’époque, les coups durs s’enchaînent: «les industries en fin de cycle comme le textile, l’imprimerie ou les films numériques se retrouvent en difficulté, trois sociétés qui employaient du monde ferment leurs portes, ce qui accentue le chômage de la commune et personne ne voulait investir un seul franc chez nous», relate Jean-François Clément, Syndic de Renens. Pire encore, c’est à un moment de disette que les banques suisses décident de ne plus leur accorder leur confiance. Si bien que Renens se voit obligée d’aller emprunter de l’argent en Autriche et en Bavière. Touchée mais pas abattue, la ville prend alors un virage complet. En collaboration avec les sept autres communes de l’ouest lausannois, elle se réinvente.

Renaître de ses cendres

Une stratégie réussie comme l’ont démon- tré les divers intervenants présents lors de la troisième Journée romande des fonds immobiliers fin septembre. Renens peut aujourd’hui se targuer d’être la troisième gare de Suisse romande en termes de voyageurs, d’être le terreau des hautes écoles avec 4 campus et plus de 30’000 étudiants, d’accueillir 80’000 habitants et ce n’est qu’un début puisqu’elle devrait en gagner 30'000 de plus et créer 20’000 nouveaux emplois d’ici 2035-2040. Mais l’ouest lausannois dans son ensemble n’en a pas terminé et poursuit son développement, quitte à se transformer en ville-chantier.

Des efforts colossaux sont notamment fournis au niveau de la mobilité, afin d’étendre le centre-ville dans un rayon plus vaste. Les CFF par exemple ont déjà financé quasiment 1 milliard de francs en dix ans de projets uniquement sur cette zone. À savoir Renens Quai Ouest (130 millions), Morges Quartier des Halles (210 millions), Renens Parc du Simplon (270 millions) et Renens Prilly Central Malley (250 millions).

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Toujours dans une optique d’accompagner ce développement urbain, les tl (transports publics lausannois) ont également mis le paquet avec leur projet de tramway T1. «Nous revenons de loin car en 2020, à cause du coronavirus, de l’engouement pour le vélo et du télétravail, plus personne ne prenait le bus ou le métro. Finalement, nous observons depuis lors une croissance exponentielle du nombre de voyageurs sur notre réseau, la plus forte de Suisse», indique Christophe Jemelin, directeur développement de l’offre et grands projets aux tl.

Des problèmes de capacité générés, de plus en plus difficiles à gérer, en particulier sur la ligne du métro M1 qui a été conçue pour 8 millions de voyageurs mais en trans- porte annuellement 15 millions... L’ouest lausannois aura donc à terme un tram flambant neuf qui mesurera 2,65 mètres de large et qui proposera d’emblée 260 à 300 places par rame. «Sa mise en service est prévue en deux phases. Une première attendue pour l’été 2026 avec un tracé de 4,6 km qui partira du Flon à Lausanne, des- servira les écoles techniques, l’interface de Prilly-Malley et Renens. Puis une seconde partie qui prolongera le parcours jusqu’à Villars-Ste-Croix (3,3 km) à l’horizon 2030», conclut Christophe Jemelin.