EVA IT - Suisse

La digitalisation progressive des PME du bâtiment

Née d’un constat de terrain, la solution EVA IT s’inscrit dans le mouvement de numérisation des entreprises du bâtiment en Suisse romande. Son fondateur, Franck Lauer, revient sur l’origine du projet, son développement et les enjeux liés à l’évolution des pratiques dans un secteur encore marqué par des outils traditionnels.

EVA IT part du terrain et des opérations quotidiennes pour ensuite alimenter les processus administratifs
EVA IT part du terrain et des opérations quotidiennes pour ensuite alimenter les processus administratifs - Copyright (c) EVA IT
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Dans les petites et moyennes entreprises du bâtiment, la gestion administrative reste souvent complexe. Facturation, suivi des chantiers, coordination des équipes…les tâches s’accumulent et les solutions disponibles ne correspondent pas toujours aux réalités du terrain. C’est ce décalage que Franck Lauer, ingénieur en informatique passé par le secteur bancaire puis le monde des data centers, a observé avant de lancer son projet.

 «EVA IT est née de discussions avec des entrepreneurs du bâtiment qui rencontraient des difficultés avec leurs logiciels», explique-t-il. À l’origine, il ne s’agissait que d’un outil de facturation. Mais au fil des besoins exprimés, la solution s’est progressivement élargie pour intégrer d’autres fonctions: gestion administrative, planification des chantiers ou encore organisation entre différents acteurs d’une entreprise.

Une approche centrée sur les usages

EVA IT compte aujourd’hui environ 150 entreprises utilisatricesdiaporama
EVA IT compte aujourd’hui environ 150 entreprises utilisatrices

Contrairement à certains logiciels historiquement construits autour de la comptabilité, EVA IT a donc choisi d’adopter une logique inverse. L’outil part du terrain et des opérations quotidiennes pour ensuite alimenter les processus administratifs. «L’idée est de relier les différents profils (du chantier au bureau, jusqu’à la fiduciaire) au sein d’une même plateforme», précise le fondateur.

Ce positionnement répond à une diversité d’utilisateurs: dirigeants de petites structures, assistantes administratives, techniciens sur le terrain ou encore partenaires comptables. Et tous n’ayant pas le même niveau de familiarité avec les outils numériques, une certaine flexibilité dans la conception du logiciel s’impose.

L’accompagnement joue ainsi un rôle central. Lors de la mise en place, les utilisateurs sont suivis sur plusieurs semaines, avec une prise en main progressive basée sur des cas concrets plutôt que sur des formations théoriques longues. Une approche qui vise notamment à lever les freins liés à la transition numérique, encore présents dans certaines entreprises.

Une adoption liée à l’évolution du secteur

Depuis son lancement, il y a six ans, EVA IT a donc progressivement trouvé sa place auprès des PME romandes. La solution compte aujourd’hui environ 150 entreprises utilisatrices, principalement des structures de petite à moyenne taille, même si certaines d’entre elles approchent les 80 collaborateurs.

La pandémie de Covid-19 a également accéléré certains changements, mettant en évidence les limites des processus papier et en renforçant le besoin d’outils numériques accessibles. Pour autant, la transition reste inégale selon les profils et les habitudes de travail.

Dans ce contexte, la question de la gestion des données apparaît comme un enjeu central. EVA IT met donc en avant un stockage en Suisse et le respect des cadres réglementaires, notamment en matière de protection des données. Les informations restent de cette manière la propriété des entreprises utilisatrices, un point régulièrement soulevé par les clients.

Vers plus de centralisation

Le numérique s’impose progressivement dans le secteur du bâtimentdiaporama
Le numérique s’impose progressivement dans le secteur du bâtiment

Aussi, l’évolution du logiciel suit une tendance plus large. Puisqu’après une période marquée par la multiplication des outils spécialisés, les entreprises cherchent aujourd’hui à centraliser leurs systèmes. EVA IT s’oriente ainsi vers un modèle de plateforme capable de se connecter à d’autres solutions. «L’objectif est de faciliter la circulation des données entre différents logiciels, plutôt que d’imposer un outil unique et fermé», indique Franck Lauer.

Parallèlement, certaines fonctionnalités continuent d’être développées en interne, notamment dans des domaines comme les ressources humaines ou la gestion opérationnelle. L’intégration de l’intelligence artificielle s’inscrit aussi dans cette dynamique, avec des usages ciblés comme l’automatisation de tâches répétitives (traitement de factures, pré-remplissage de données). Franck Lauer insiste toutefois sur une approche prudente: «l’idée est de proposer une IA encadrée et sécurisée», afin de répondre aux préoccupations liées à la confidentialité et à la fiabilité des données.

Une transition encore en cours

Finalement, si le numérique s’impose progressivement dans le secteur du bâtiment, tous les acteurs n’avancent pas au même rythme. Entre habitudes de travail, appréhension des outils ou manque de temps, certains freins persistent. Néanmoins, les évolutions du marché (attentes des clients, exigences des partenaires, renouvellement des générations) tendent à accélérer cette transformation. «Aujourd’hui, pour rester compétitif, il devient difficile de se passer d’outils adaptés», résume le fondateur. Dans un secteur en mutation, reste à savoir à quelle vitesse les entreprises du secteur se les approprieront…