La neutralité carbone, un défi collectif
Une étude fédérale montre que la transition énergétique ne pourra aboutir sans une implication active des habitants et une transformation des pratiques sociales. En particulier dans l’immobilier locatif, secteur clé des émissions de CO₂ en Suisse.

Atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 ne sera pas uniquement une affaire de technologies. Selon une étude mandatée par SuisseEnergie, la dimension sociale constitue un levier décisif de la transition énergétique, en particulier dans le secteur de l’immobilier (qui concentre près de 40% de la consommation finale d’énergie et environ un tiers des émissions de CO₂ en Suisse).

Le rapport met en évidence plusieurs freins structurels: un taux de rénovation limité à 1,5% par an entre 2011 et 2020, une surface moyenne de logement atteignant 46,5 m² par habitant en 2023 (+3,3% en dix ans) et une forte résistance aux projets de densification, malgré la pénurie de logements dans les centres urbains.
Le potentiel du locatif
L’étude se concentre sur les logements locatifs (où 61% des ménages suisses résident), souvent dans des immeubles détenus par des personnes morales capables d’agir à grande échelle. Elle identifie 18 pistes d’action structurées autour de trois axes :
- densification
- énergie
- coopération
Allant de la transparence énergétique à la participation des habitants, en passant par de nouveaux outils de gouvernance et de certification. La conclusion à retenir de ce rapport est que sans adhésion collective, ni évolution des comportements et des modes de vie, les objectifs climatiques resteront hors d’atteinte. La transition énergétique est désormais posée comme un véritable projet de société, où le social devient un catalyseur aussi important que l’innovation technique.
