Construction - Suisse

La reprise ne suffira pas à combler le manque de logements

Selon Wüest Partner, les investissements repartent à la hausse en Suisse mais la densification et le recul du solde net de logements limitent l’effet réel sur l’offre résidentielle.

Le marché suisse de la construction semble avoir passé son point bas.
Le marché suisse de la construction semble avoir passé son point bas. - Copyright (c) Wüest Partner
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Le marché suisse de la construction semble avoir passé son point bas. D’après l’analyse de Wüest Partner publiée le 30 avril, les investissements dans le bâtiment ont progressé de 5,5% en 2025 et devraient encore augmenter de 6,7% en 2026. La reprise sera surtout portée par la transformation, attendue en hausse de 11,4%, contre 3,9% pour la construction neuve.

Dans les immeubles multifamiliaux, les signaux restent positifs: les investissements de transformation devraient bondir de 16% en 2026, tandis que le neuf progresserait de 5,5%. En 2025, environ 50’700 logements ont été autorisés, dont 33’000 logements locatifs, soit 21,2% de plus qu’un an plus tôt. Ce volume dépasse de 6,3% la moyenne des dix dernières années.

Investissements dans le bâtiment (prix de la construction 2025, en mia de CHF)diaporama
Investissements dans le bâtiment (prix de la construction 2025, en mia de CHF)

La densification réduit la création nette de logements

Mais cette reprise masque un problème structurel. La part des constructions sur terrains vierges est passée de 46% en 2016 à 27% en 2025, tandis que les démolitions-reconstructions atteignent désormais 53% des opérations. Résultat: le solde net de logements créés recule fortement, de plus de 40’000 en 2023 à 33’900 en 2024, puis 32’200 en 2025.

La maison individuelle reste sous pression. Les demandes de permis ont chuté de 14,6% en 2025 et sont inférieures d’environ 30% à leur niveau de 2016. À l’inverse, la rénovation gagne du terrain, dopée par les incitations énergétiques et la suppression annoncée de la valeur locative. Pour 2026, Wüest Partner prévoit une hausse de 15% des investissements de transformation dans ce segment.

Les coûts pourraient toutefois freiner l’élan. Les prix de la construction devraient augmenter de 2,5% en 2026, sous l’effet des tensions énergétiques, des coûts des matériaux et d’une demande accrue en rénovation. La reprise est donc réelle mais elle ne garantit pas encore une détente du marché du logement.