La résilience du marché des bureaux
Marquée par un effet de rattrapage, la demande de bureaux en Suisse a atteint un niveau record. Le groupe CBRE fait un état des lieux post-Covid, notamment à Genève et Lausanne.

Après la tempête causée par l’essor fulgurant du télétravail en Suisse ces deux dernières années, le marché des bureaux semble avoir retrouvé son calme. Mieux encore, un niveau record de take-up (volume des surfaces louées sur le marché) aurait été enregistré dans le pays en ce début 2022. Dans une étude publiée fin mai, la première du genre, qui se base sur les annonces publiées en ligne, le prestataire de services immobiliers CBRE Switzerland fait état de plus de 700’000 m2 de take-up sur les derniers trimestres. Une évolution très positive de la demande pour ce type de surfaces qui contraste avec la période de pandémie. «Pendant la crise, les grandes entreprises ont souvent reporté leurs projets de déménagement, les modèles de travail ont dû être repensés et les besoins de surface réévalués. De plus, les prévisions économiques ont longtemps été incertaines», relate le rapport.
Le cœur de Genève génère toujours une forte attractivité locative avec un taux de disponibilité à un niveau bas de 4,1%.
Contre toute attente, ce rebond de début d’année permet ainsi à l’offre de surfaces de bureaux de se réduire, et ce, tant dans les zones urbaines que rurales (+35% de take-up en Suisse au premier trimestre 2022 par rapport au premier trimestre 2021). Des différences s’observent néanmoins entre les cinq plus grandes villes suisses (Genève, Lausanne, Zurich, Berne et Bâle) et leur périphérie puisqu’elles affichent un taux moyen de disponibilité nettement plus faible (3,1%) que les zones excentrées (8%). Aussi, il ne serait pas surprenant que le taux de vacance baisse globalement au cours des prochains mois dans les localisations centrales.
Centre genevois attractif
Dans le détail, le cœur de Genève génère toujours une forte attractivité locative avec un taux de disponibilité à un niveau bas de 4,1%, en particulier pour le segment des grandes surfaces (+ de 500 m2). Des denrées rares qui se concentrent principalement dans les quartiers des Nations, de Champel et à l’ouest. Polarisé, le marché de bureaux genevois voit sa périphérie afficher quant à elle une disponibilité de 10%, avec un pourcentage qui ne cesse d’augmenter. Toutefois, plus de 330’000 m2 de nouvelles surfaces de bureaux devraient être livrées prochainement, telles que le quartier de l’Etang à Vernier ou encore l’Esplanade 3 et la Tour Alto à Pont-Rouge, ce qui devrait renouveler progressivement l’offre de bureaux dans les années à venir.

Elle aussi touchée par la rareté de grandes surfaces de bureaux disponibles, Lausanne compte parmi les plus grandes villes suisses la plus faible proportion d’offres supérieures à 500 m2 ces dernières années. De même, celles existantes en périphérie peinent de plus en plus à trouver preneur, du fait de leur ancienneté.
Ruée vers l’Ouest lausannois
Cependant, grâce à de nouveaux projets récemment livrés ou en cours de livraison, le marché de la capitale olympique devrait peu à peu retrouver du dynamisme et proposer des espaces plus grands et plus modernes. Entre 2022 et 2026, plus de 250’000 m2de surfaces neuves sont attendues et se concentrent dans l’Ouest lausannois, où les prélocations avoisinent environ 40%.
