Transition énergétique

La ruée vers l'hydrogène

Que ce soit le stockage d’électricité ou la mobilité décarbonée, tout cela est rendu possible grâce à une molécule: l’hydrogène. Un nouveau marché sur lequel le canton de Fribourg a su se démarquer et qui pourrait, à terme, valoir de l’or.

Une formation continue est née
Une formation continue est née - Copyright (c) Heia
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A l’image de tout nouveau produit peu démocratisé, on connaît son nom, son utilité (notamment pour les transports ou le stockage d’électricité) mais difficile encore d’expliquer son processus de création et d’en estimer sa valeur au détour d’un café. Pourtant, selon les spécialistes, l’hydrogène devrait peser dans l’économie mondiale pas moins de 2500 milliards de dollars et créer plus den30 millions d’emplois à l’horizon 2050.

Rien que ça. Si la Confédération tarde à dévoiler sa stratégie nationale concernant cette énergie du futur, le canton de Fribourg a décrété depuis longtemps qu’il fallait agir. Avec une vingtaine d’entreprises actives dans l’hydrogène en 2022, ce dernier semble donc déjà bien engagé dans la course à l’utilisation de cette molécule prometteuse. Mieux encore, les Fribourgeois sont en avance en ce qui concerne la production d’hydrogène «vert», autrement dit renouvelable (contrairement à l’hydrogène «gris» qui est produit avec des énergies fossiles).

Un site à 9 millions de francs

Le site de production d’hydrogène vert à Schiffenendiaporama
Le site de production d’hydrogène vert à Schiffenen

Pour arriver dans le peloton de tête des cantons pionniers de l’hydrogène «vert», Fribourg a vu naître sur son territoire le premier site de production d’hydrogène «vert» de Suisse occidentale. Inauguré en octobre dernier, grâce à un investissement de 9 millions de francs réalisé par Groupe E, les molécules y sont produites avec de l’électricité renouvelable issue du barrage de Schiffenen.

Groupe E prévoit ainsi une production totale de 300 tonnes d’hydrogène «vert» par an sans émission de CO2. Un volume qui équivaut à la consommation de 50 bus ou camions.

Découlant de cette innovation, une collaboration entre les Transports publics fribourgeois (TPF) et le fournisseur d’énergie est née. Elle doit permettre la mise en service, d’ici à deux ans, de véhicules fonctionnant grâce à l’hydrogène «vert» (qui sera donc produit au pied du barrage). Le choix des véhicules n’est pas encore arrêté, le permis de construire n’a pas encore été délivré, mais la volonté est bien là. Les TPF espèrent ainsi détenir une flotte avec 80% de véhicules électriques et 20% de véhicules à hydrogène dans un avenir plus ou moins proche.

Créer, former, délocaliser

Une autre infrastructure est quant à elle bientôt en phase de production à Bulle, sous l’égide de Gruyère Energie SA (GESA) cette fois-ci, qui a créé dans ce but en 2021 Gruyère Hydrogen Power (GHP). Mais ce n’est pas tout. Le canton romand se veut surtout novateur au niveau de la formation, puisque dès cet automne, une formation continue dédiée à l'hydrogène sera proposée à la Haute École d’Ingénierie et d’Architecture de Fribourg (HEIA-FR). Ce «certificat d’études avancées (CAS) en Hydrogène – Vecteur d’énergie» aura pour mission d’enseigner à ses apprenants comment utiliser l’hydrogène pour décarboner les secteurs cruciaux de l’industrie, des transports et de l’énergie. Les délais d’inscription courent jusqu’au 31 juillet.

Finalement, pour attester de cet élan fribourgeois en faveur de l’hydrogène, autre bonne nouvelle annoncée récemment: l’entreprise française Symbio, active dans la fabrication des systèmes de piles à hydrogène, a mis à l’enquête la construction d’un site dédié à la recherche et au développement à Corminboeuf, près de Fribourg. Attendue pour le premier semestre 2026, la livraison de cet édifice coûtera néanmoins la modique somme de 12 millions de francs. Mais tel est le prix de l’innovation...