Anniversaire

L'Armoup souffle ses cent bougies

L'Association romande des maîtres d'ouvrage d'utilité publique, qui avait dû repousser sa célébration en raison du Covid, a fêté ses 102 ans le 17 ans.

De gauche à droite, Christelle Luisier Brodard, Bernard Virchaux, Eva Herzog, Guy Parmelin et Isabelle Del Rizzo
De gauche à droite, Christelle Luisier Brodard, Bernard Virchaux, Eva Herzog, Guy Parmelin et Isabelle Del Rizzo - Copyright (c) DR
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Un conseiller fédéral, une conseillère d’Etat fraîchement réélue et une conseillère aux Etats, il y avait du beau monde pour fêter au Musée olympique de Lausanne le centenaire d’une association qui s’engage pour la construction de logements de qualité à prix abordable, ou plus précisément les 102 ans, puisque l’anniversaire a dû être reporté pour cause de Covid. L’Association romande des maîtres d’ouvrage d’utilité publique (Armoup) regroupe 304 maîtres d’ouvrage du secteur et membres de soutien, qui représentent 27’900 logements en Suisse romande, dont plus de la moitié dans le canton de Vaud. Et en ces temps de hausse des prix de l’habitat combinée à celle des taux hypothécaires, l’heure ne devrait pas être totalement à la fête. Mais c’est précisément par les temps de crise que l’on parvient à affronter et surmonter les défis.

«Nouveaux défis»

Pour la conseillère d’Etat vaudoise Christelle Luisier Brodard, le fait d’habiter dans une coopérative d’habitation, c’est être un locataire de logement dont les loyers sont environ 20% moins chers qu’une habitation ordinaire du même ordre. Mais les temps changent dans ce domaine comme dans tant d’autres. Il y a un siècle, le permis de construire tenait sur une simple page A4. L’augmentation de la population représente un important défi à relever. Le décalage entre l’offre et la demande de logements ne simplifie pas les choses: «Mais la construction doit rester le fruit de l’initiative privée au nombre desquels figurent les coopératives», conclut la politicienne PLR.

Une option politique que ne partage pas tout-à-fait la conseillère aux Etats et socialiste bâloise Eva Herzog: «La crise climatique et l’évolution démographique représentent de nouveaux défis. Les statistiques montrent que l’on n’est pas parvenu à soustraire une part importante du marché du logement à la spéculation. La part publique de ce marché ne représentant à peine que 5%, il faudrait en faire davantage.» Et d’en appeler au Conseil fédéral pour développer les coopératives. Un clin d’œil appuyé pour l’invité d’honneur, le conseiller fédéral Guy Parmelin. Le ministre de tutelle des secteurs de l’agri- culture et du logement a repris la balle au bond, mais l’ancien agriculteur et vigneron de Bursins ne partage pas totalement cette vision. S’il reconnaît bien volontiers que «le logement à prix coûtant contribue à la qualité de vie en société», il élude une vision socialiste face à la période mouvementée que les Suisses vont devoir traverser avec l’augmentation des prix de la construction et l’évolution incertaine des taux hypothécaires et du prix de l’énergie.

Organisation simplifiée

Un sacré défi à venir pour l’Armoup, sa nouvelle secrétaire générale Isabelle del Rizzo et son président Bernard Virchaux qui ont concocté en assemblée générale une simplification de leur organisation: l’assemblée des délégués laisserait place à une assemblée des associations régionales dotée d’un pouvoir exécutif et une assemblée générale constituée de tous les membres. Les associations régionales en Suisse allemande seraient réorganisées et l’association régionale romande, l’Armoup, deviendrait partiellement indépendante avec plus de prérogatives et de responsabilités. Du pain sur la planche pour les cent ans à venir...