Culture

L'art contemporain s'offre un lifting

20.12.2021 à 14:32

Après la tentative avortée de 2011, la réfection du Bâtiment d’art contemporain (BAC), à Plainpalais, est cette fois bien partie. Achevée à l’horizon 2026-2027, l’opération coûtera 40 millions de francs assurés par un partenariat public-privé.

La réfection du Bâtiment d’art contemporain (BAC), à Plainpalais, est cette fois bien partie.
La réfection du Bâtiment d’art contemporain (BAC), à Plainpalais, est cette fois bien partie.
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Longeant la rue des Bains entre les rues des Vieux-Grenadiers et Gourgas, deux bâtiments contigus de l’ancienne Société genevoise d’instruments de physiques (SIP) rachetés par la Ville de Genève en 1989 ont dès lors abrité le Centre d’art contemporain (CAC), puis le Musée d’art moderne et contemporain (Mamco) et le Fonds municipal d’art contemporain (FMAC). Ont suivi le Centre de la photographie Genève (CPG) et le Commun, espace municipal pour la création indépendante.

Ensemble vétuste avec des espaces sans hygrométrie ni climatisation, le BAC avait clairement besoin d’un assainissement et d’une rénovation. Une opération essentielle à la sauvegarde de cet ancien site industriel des années 1850-1860 et à la conservation des œuvres. Nécessaire aussi à renforcer l’aura internationale du Mamco qui, avec ses prestigieux colocataires, a participé activement à la revitalisation très «arty» du quartier des Bains.

46 dossiers présentés

Il y avait déjà eu un projet en 2011, assorti d’un crédit d’étude de 2,4 millions, alors relégué dans les tiroirs face aux investissements municipaux prioritaires. Le plan a été relancé en 2020 par l’accord conclu entre la municipalité et les Fondations du Mamco et du CAC, qui assure le financement du montant global des travaux estimé à 40 millions de francs, dont 15 à la charge de la Ville. «Cette action montre l’importance de tels partenariats pour notre ville. Une action au bénéfice de la population, des artistes et des institutions culturelles», relevait alors Sami Kanaan, conseiller administratif en charge du Département de la culture et de la transition numérique.

A l’arrivée se trouve l’issue du concours d’architecture sous forme de mandats d’étude parallèles, organisé il y a un an par le maître d’ouvrage. Parmi les 46 dossiers présentés, le projet lauréat des bureaux Kuehn Malvezzi Projects de Berlin et CCHE Genève a remporté l’adhésion du jury. Au programme, une réorganisation spatiale et la mise aux normes des locaux. Le tout dans un contexte de préservation architecturale historique contraignant.

Clarté, rationalité, flexibilité

La construction avec ses structures porteuses apparentes, ses hauteurs de plafonds généreuses et ses vastes baies vitrées va retrouver l’intégralité de ses qualités intrinsèques, libérées des interventions accumulées au cours du temps. En touchant le moins possible au bâtiment d’origine, une nouvelle entrée, rue des Vieux-Grenadiers, donnera accès à un vaste hall d’accueil mutualisé, développé sur une double hauteur. Envisagé comme une place publique, il inclut une billetterie, une cafétéria, une librairie, une zone d’attente et un espace d’exposition temporaire.

Une nouvelle entrée, rue des Vieux-Grenadiers, donnera accès à un vaste hall d’accueil mutualisé, développé sur une double hauteur.diaporama
Une nouvelle entrée, rue des Vieux-Grenadiers, donnera accès à un vaste hall d’accueil mutualisé, développé sur une double hauteur.

Le collège d’experts a notamment apprécié «le travail sensible de simplification dans les espaces d’exposition, avec un plan clair et rationalisé». A cette simplification s’ajoute un système de cimaise et une solution de cloisons modulables, développée grâce à l’expérience muséale du bureau berlinois, qui offrira une grande flexibilité pour les scénographies. Le traitement de la cinquième façade n’est pas oublié et étend le projet en toiture où un pavillon accueillera des interventions artistiques sous couvert et en plein air.

L’aspect énergétique et environnemental est intégré dans toute la conception du projet. Les hautes fenêtres bénéficieront d’un double vitrage et l’isolation thermique sera ramenée aux normes. Un dispositif de ventilation garantira un climat stable, compatible avec les standards muséaux internationaux. L’équipe d’architectes a oeuvré en collaboration avec les bureaux INGPHI, ingénieur civil, et Technoservice Engineering, ingénieur chauffage et ventilation. CCHE Genève, qui est intervenu en tant qu’architecte conseil durant l’appel d’offres, supervisera la réalisation du chantier de ce bâtiment emblématique, inscrit à l’inventaire du patrimoine.

Déménagements

Les deux «sacrifiés» de la rénovation seront le FMAC et sa médiathèque qui emménageront au Carré Vert, dans l’écoquartier de la Jonction, et le Commun qui s’établira de l’autre côté de l’ex-SIP, en début d’année. Les trois institutions hôtes de l’édifice devraient trouver une solution provisoire le temps des travaux, selon des modalités à convenir.

Sur le site qui se verra préalablement dépollué, le chantier devrait durer deux à trois ans pour une réouverture à l’horizon 2026-2027.