L'automatisation, mode d'emploi
Sauter dans le grand bain du numérique et opérer la transformation digitale de son entreprise peut faire peur. Voici quelques conseils stratégiques donnés à l’occasion du BIM DAY GVA.

Pour sa quatrième édition, le BIM DAY GVA (dont immobilier.ch était partenaire) a vu une fois de plus les choses en grand. À Palexpo (GE), pas moins de 18 conférenciers et une cinquantaine d’exposants ont été réunis mi-février autour d’un même sujet: le BIM ou Modélisation des Informations du Bâtiment. Devenu le rendez-vous incontournable du futur de la construction en Suisse romande, cet événement a permis de mettre en lumière de nombreux chantiers tels que celui de la banque Pictet de Rochemont à Carouge, des CFF ou encore du métro lausannois, où le BIM joue aujourd’hui un rôle décisif.
Pour rappel, le BIM est un outil de travail collaboratif, allant de la phase de conception à celle de démolition d’un ouvrage, dont le but est de réaliser des maquettes numériques contenant des objets 3D qui compilent des données de manière intelligente et structurée. Vous êtes perdu? Voilà pourtant l’un des piliers de la numérisation du secteur de la construction... mais comme beaucoup de technologies qui émergent de nos jours, difficile de suivre la cadence. Alors Mostafa El Ayoubi, architecte et ingénieur, également conférencier lors du BIM DAY GVA, s’est attelé à enseigner à l’auditoire la manière d’implémenter cette automatisation tant redoutée (telle que le BIM) dans une entreprise.
Une stratégie en trois phases
Pour commencer, l’automatisation nécessite de prévoir une stratégie afin d’éviter un décalage entre les équipes qui souhaitent développer les technologies et celles qui les subissent (ce qui serait contre-productif). Il faut pour cela identifier les opportunités d’automatisation en écoutant les besoins de ses employés, tels que, par exemple, celui de soulager les processus de certaines tâches répétitives.
Une fois que l’on a identifié ces options, il s’agit alors de se pencher sur la présence d’un éventuel problème sous-jacent à ce besoin d’automatisation. «Peut-être que cette plainte concernant cette tâche chronophage est simplement le reflet d’une malfaçon, qu’il suffit d’adapter les moyens déjà en place», indique l’expert. L’automatisation n’est donc pas la solution à tout prix. Bien qu’elle soit intéressante intellectuellement ou d’actualité, l’innovation doit avant tout être en phase avec les enjeux de production de l’entreprise et n’est pas toujours nécessaire.
Vient ensuite le temps de l’implémentation de cette automatisation au sein des équipes. Il faut alors s’assurer qu’elle sera déployée correctement, «que tout le monde aura un accès aux outils de manière uniforme», décrit Mostafa El Ayoubi. En effet, cela permet de garder la confiance des utilisateurs qui seront plus enclins aux nouveautés par la suite et assureront la transmission lors de turnover. De même, suivre l’adoption de ce nouvel outil de travail demande que l’on documente le suivi et que l’on communique à son sujet pour ouvrir la voie à de nouvelles possibilités d’automatisation. On peut alors réitérer le processus encore et encore: identification d’autres besoins, remise en question des moyens, pilotage d’adoption et ainsi de suite.
