Crans-Montana

Le Belmont en mains anglaises

Journaliste et auteur chez immobilier.ch
Publié le 11.09.2026 à 17:39

Cette reprise pour un montant global de 50 millions de francs vise à transformer l’hôtel trois étoiles en un complexe haut de gamme.

Situé à côté du parcours 9 trous, le Belmont a fermé ses portes dans l'attente du démarrage du chantier.
Situé à côté du parcours 9 trous, le Belmont a fermé ses portes dans l'attente du démarrage du chantier. - Copyright (c) Le Nouvelliste
diaporama

Avec l’acquisition du Belmont, Maya Capital franchit une nouvelle étape dans sa stratégie hôtelière. Ce fonds d’investissement immobilier basé à Londres (voir encadré) prévoit d’engager quelque 50 millions de francs pour, à la fois, l’achat et la transformation du site. À la tête de cet opérateur financier, on trouve le Valaisan David Pralong. Sa société entend repenser cet établissement trois étoiles pour en faire un hôtel cinq étoiles. Pour ce faire, la stratégie consiste à miser sur le potentiel international de la station afin d’en assurer la rentabilité. Si le Belmont change de mains, il affiche donc surtout des ambitions renforcées.

Au-delà des affaires

L’arrivée de nouveaux acteurs et la multiplication des projets constituent autant de signaux qui illustrent l’attractivité de Crans-Montana. Dans le détail, la reprise des remontées mécaniques par Vail Resorts, le succès du Six Senses et l’impulsion apportée par les autorités locales ont renforcé cette dynamique. «Il y a une volonté politique d’aller de l’avant, ce qui est très clair. Grâce à ces avancées, de plus en plus de personnes connaissent cette destination au niveau mondial», souligne David Pralong.

Mais derrière cette lecture rationnelle du marché, on trouve également une histoire plus personnelle. David Pralong a en effet appris à skier sur le Haut-Plateau (qu’il fréquente encore sur des bases régulières). Investir dans un lieu auquel il est attaché confère forcément à ce projet une dimension particulière. Cette coloration ne saurait cependant occulter les exigences de performance qui sont celles d’un fonds d’investissement.

Une stratégie assumée

De fait, l’acquisition du Belmont ne constitue pas une incursion improvisée dans le secteur de l’hôtellerie. Maya Capital dispose déjà d’une expérience significative dans ce domaine avec des projets ailleurs dans les Alpes, de même que sur le pourtour méditerranéen. En ce moment, le groupe réalise par exemple un hôtel de 222 chambres dans la capitale britannique. Il travaille de plus sur un établissement cinq étoiles à Lisbonne.

Dans ce contexte, l’objectif sur le plan commercial consistera à profiler le Belmont auprès d’une clientèle cosmopolite. En pratique, le futur hôtel devrait être exploité par une société de gestion externe. Maya Capital est en phase de discussion avec deux enseignes internationales, sans avoir encore arrêté son choix (le positionnement et l’identité définitive du Belmont restent à préciser).

Ouvert toute l’année

L’autre argument qui a plaidé en faveur de cette opération est la saisonnalité équilibrée de Crans-Montana qui dispose d’une offre estivale solide. L’open de golf contribue en particulier à attirer la clientèle vers la fin des beaux jours. «Pour un investisseur hôtelier, cette destination présente l’avantage de rester ouverte beaucoup plus longtemps. Il s’agit d’un atout déterminant par rapport à des stations où les saisons sont bien plus courtes», estime David Pralong.

Avant d’entrer dans la phase opérationnelle, le projet doit encore franchir plusieurs étapes administratives. Maya Capital collabore à l’heure actuelle avec les autorités communales afin de définir un modèle qui soit compatible avec les contraintes locales et qui soit susceptible d’obtenir les autorisations nécessaires.

Le calendrier précis des travaux ne sera établi qu’une fois ces questions réglées. En ce qui concerne les aménagements à venir, le fonds d’investissement entend s’appuyer sur des compétences régionales. Un architecte local participe déjà au développement du concept.

Un créneau ardu

En misant sur une transformation importante de l’établissement et sur un positionnement cinq étoiles, le fonds britannique entend créer un actif à la hauteur des ambitions de Crans-Montana. «La Suisse a un besoin clair d’hôtellerie, surtout sur le segment du luxe. Il y a des choses intéressantes à faire», résume David Pralong. Il n’en reste pas moins que le marché helvétique s’avère difficile à pénétrer pour les investisseurs internationaux en raison du niveau élevé des prix et de l’évolution du cadre légal.

Les discussions autour de la protection des hôtels et des possibilités d’investissements étrangers ajoutent une dose d’incertitude à un marché déjà exigeant. Pour Maya Capital, l’enjeu consiste dès lors à identifier des opérations assez spécifiques pour justifier de tels engagements. Le Belmont lui est apparu comme l’une d’elles.

Plus largement, cette transaction illustre la transition progressive d’établissements familiaux ou indépendants vers des structures financées par des investisseurs internationaux. Face aux coûts élevés de modernisation et aux attentes accrues en matière de durabilité, seuls ces fonds ont les capacités financières pour réaliser des rénovations d’envergure.

Qui est Maya capital?


Fondée en 2014 par David Pralong et basée à Londres, Maya Capital est une société d’investissement privée spécialisée dans l’immobilier européen et le capital-investissement. L’entreprise déploie des stratégies qui ciblent des actifs nécessitant une gestion active de la restructuration ou un reconditionnement technique.

À ce jour, l’équipe de Maya Capital a engagé plus de 10 milliards d’euros dans diverses classes d’actifs à travers le Royaume-Uni et l’Europe continentale. Son portefeuille illustre la diversité de ses interventions.