Nouvelle offre

Le bien-être tendance à Crans-Montana

Journaliste et auteur chez immobilier.ch
Publié le 20.05.2025 à 13:50

Axé historiquement sur le traitement des maladies respiratoires, le Haut-Plateau mise aujourd’hui sur le wellness au sens large.

Le yoga compte de plus en plus d'adeptes en altitude
Le yoga compte de plus en plus d'adeptes en altitude - Copyright (c) DR
diaporama

La croissance de Crans-Montana découle de la dimension médicale que la station avait endossée dès ses débuts. En 1899, le Dr Théodore Stephani, médecin genevois, y fonde le sanatorium Beauregard, convaincu que l’air sec et ensoleillé du Haut-Plateau permet d’améliorer la santé de ses patients atteints de tuberculose. À cette époque, les centres de soins fleurissent dans toute l’Europe, mais Crans-Montana se distingue par sa topographie ouverte, ses forêts et sa vue sur les Alpes valaisannes.

Des établissements emblématiques comme le Belgica accueillent bientôt une clientèle internationale. L’architecture de ces institutions favorise les cures d’air pur: loggias, balcons orientés plein sud ou baies vitrées les caractérisent. Le tourisme médical devient ainsi l’un des moteurs du développement économique local, au même titre que le ski ou le golf naissant.

L’après-sanatorium

À partir des années 1960, la tuberculose recule grâce aux antibiotiques. Peu à peu, les sanatoriums ferment ou se transforment. Crans-Montana ne perd pas son ADN thérapeutique pour autant. Plusieurs bâtiments historiques sont rénovés ou réaffectés dans le respect de leur vocation première, à savoir soigner et ressourcer. L’exemple du Belgica, devenu l’hôtel Valaisia, illustre bien cette évolution. Racheté par le groupe Faern Hotels & Resorts en 2023, cet établissement lifestyle mêle désormais décoration rétro chic, ambiance détendue et prestations bien-être. Sa piscine couverte chauffée, son spa et sa situation centrale en font un lieu de séjour prisé par une clientèle suisse et internationale.

Une médecine repensée

Une salle de soins au Crans Ambassadordiaporama
Une salle de soins au Crans Ambassador - Copyright (c) DR

À l’heure actuelle, Crans-Montana héberge plusieurs cliniques de haut niveau. La Clinique de Crans-Montana, rattachée aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), propose des programmes de réhabilitation et de médecine interne dans un cadre naturel et calme. Cette institution développe une approche pluridisciplinaire qui inclut ergothérapie, psychothérapie, diététique, physiothérapie et activités en plein air. Elle accueille aussi bien des patients en convalescence postopératoire que des personnes souffrant de maladies chroniques dans une logique de soins globaux.

Une offre médicale élargie

Autre acteur majeur, la Clinique lucernoise de Montana qui, elle, a été un temps convoitée par le Swiss Medical Network avant que celui-ci ne renonce. Actif en réadaptation cardiologique, pneumologique et musculo-squelettique, cet établissement renforce l’offre de soins sur le Haut-Plateau.

Ces centres médicaux constituent une ressource précieuse pour la région. Non seulement ils créent des emplois spécialisés, mais ils permettent aussi de prolonger les séjours touristiques dans une logique de «medical tourism», en particulier auprès d’une clientèle issue des cantons concernés en quête de prestations sur mesure.

La stratégie wellness

Mais le concept d’accueil de Crans-Montana dépasse largement la seule dimension médicale: la station s’adresse à tous ceux qui veulent prendre soin d’eux. Elle a fait du bien-être un pilier de son positionnement. Son ensoleillement exceptionnel, la pureté de son air, la diversité de ses paysages constituent autant d’atouts pour séduire ne clientèle à la recherche de calme, de nature et de régénération.

Pour preuve, de nombreux hôtels investissent dans des spas, des soins holistiques, des espaces de méditation et de yoga. La station propose également une offre variée de soins esthétiques, de cures détox et de retraites thématiques. Crans-Montana ne commercialise donc pas seulement des lits et des massages: elle met en avant un art de vivre sain et équilibré.

Plusieurs acteurs confirmés

Le Six senses est doté d'un immense spadiaporama
Le Six senses est doté d'un immense spa - Copyright (c) DR

«Des hôtels renommés comme Le Crans, L’Étrier ou Le Crans Ambassador ont tablé sur ce créneau. Parmi ces opérateurs, le Six Senses est l’un des plus récents à s’être joint à eux», souligne Grégoire Matthey qui est le Head of Marketing & Événements auprès de Crans-Montana Tourisme & Congrès.

Ayant ouvert ses portes en mars 2023, le Six Senses incarne, de fait, cette nouvelle génération d’hôtellerie wellness. Perché au-dessus de la station, cet établissement ultra-luxueux intègre un spa de 2’000 m2, une piscine panoramique, un espace yoga, ainsi que des traitements mêlant pratiques ancestrales et technologies de pointe.

L’immobilier de luxe suit

Cette dynamique du wellness influence aussi le secteur immobilier. À Crans-Montana, les nouvelles résidences intègrent de plus en plus des espaces bien- être, des piscines privées, des salles de fitness et des spas collectifs. Le concept Fendi Private Residences, lancé en partenariat avec la prestigieuse maison de couture romaine, illustre cette tendance.

Ces appartements premium, signés par des architectes renommés, s’inspirent de la nature environnante pour créer un cadre apaisant, lumineux et connecté à l’extérieur. Ici, wellness rime avec esthétique, exclusivité et discrétion. Ce type de projet séduit une clientèle internationale à fort pouvoir d’achat, désireuse de conjuguer résidence secondaire et hygiène de vie.

L’absence de centre thermal

Malgré cette offre florissante, Crans-Montana souffre à ce jour d’un manque, à savoir l’absence d’un véritable centre thermal public. Ovronnaz, Loèche-les-Bains ou Brigerbad tirent déjà profit du thermalisme. «Avoir des bains thermaux serait un atout supplémentaire pour Crans-Montana. Plusieurs projets ont été lancés ces dernières années, mais pour l’instant, aucun n’a abouti», analyse Grégoire Matthey. L’initiative la plus avancée reste celle des Thermes du Haut-Plateau (créée dans le sillage d’un concept nommé «Aquamust»). Dans les faits, le chantier tarde à démarrer, au grand dam des autorités locales et des professionnels du tourisme.

Soutenu par l’Association des Communes de Crans-Montana (ACCM), les ultimes retours en date font état d’une enveloppe de 65 millions de francs en vue de la construction de 3’300 mètres carrés (des données encore à valider) dédiés à un complexe thermal avec bassins intérieurs et extérieurs, saunas, hammams et espace wellness. Cette infrastructure devrait être connectée à la centrale de chauffage à distance alimentée par la géothermie et les eaux thermales locales. Cette asymétrie entre excellence privée et installations publiques qui restent à compléter ne devrait être que temporaire. Elle n’enlève de toute manière rien à la qualité de l’offre bienêtre de Crans-Montana.