Assemblée générale de Domus Antiqua Helvetica Genève

« Le patrimoine est important pour le canton de Genève »

Rédacteur en chef de immobilier.ch
Publié le 03.09.2026 à 17:35

C’est en présence du conseiller d’Etat Nicolas Walder que s’est déroulée cette assemblée tenue dans la Maison Micheli-Calandrini à Cologny.

La réception s'est déroulée dans les jardins
La réception s'est déroulée dans les jardins - Copyright (c) Serge Guertchakoff
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Avant la tenue de la partie formelle de l’assemblée générale, une quarantaine de convives ont eu le privilège d’effectuer la visite des jardins en compagnie des propriétaires, Enrico et Benedetta Spinola.

Ce sont en effet dans les parties extérieures que sont intervenues les dernières interventions, en l’occurrence la construction d’une piscine intérieure, parallèle à la pente, avec la création d’une seconde terrasse, le tout sous la supervision du bureau de Planta & Portier.

Cette maison de campagne du XVIIIe siècle est celle que se fait édifier entre 1782 et 1786 le négociant-banquier, ancien syndic François Calandrini (dont l’épouse était une Cayla) dans le domaine familial de Frontenex qu’il s’était attaché à agrandir et à réorganiser dès les années 1760.

Cette famille avait émigré de Lucques (Toscane) au XVIe siècle. Le premier à s’installer à Genève fut Jean-Louis Calandrini (1585-1656), gendre et associé de François Turrettini (1547-1628), fondateur de la manufacture de soie La Grande Boutique, banquier et trésoreir de la République. Au début du XVIIIe siècle, les Calandrini appartiennent aux quelque cent familles qui détiennent le pouvoir et ils comptent 43 proches parents dans les Conseils, dont 8 au Petit Conseil (ndlr. L’équivalent du Conseil d’Etat actuel). C’est ainsi qu’en 1738, François Calandrini (1677-1750) accède à la charge de syndic, une fonction que les Calandrini vont conserver jusqu’à l’extinction de la lignée avec André-Richard (1762-1826).

L'édifice, implanté en position dominante sur un important niveau de caves, frappe par l'échelle de son volume massé et par ses puissants pilastres d'angle en grès embrassant deux niveaux. Son toit en ardoise à deux pans débordants dévoile du côté des façades principales de larges pignons qui évoquent discrètement la forme triangulaire d'un fronton. Tout à la fois temple et maison, l'édifice se distingue aussi par ses façades relativement dépouillées, d'inspiration néoclassique.

Si c'est au précurseur de l'architecture néoclassique française que la maison semble faire référence pour sa façade jardin, c'est dans un dessin publié par une autre pointure de l'architecture française de la seconde moitié du XVIIIe siècle qu'elle puise son inspiration pour la façade sur cour : le dessin d'une « hutte primitive », idéal de simplicité aux origines de l'architecture, telle que la conçoit Jacques-François Blondel dans le premier volume de son Cours d'architecture civile paru entre 1771.

Le domaine, qui a fait l'objet de travaux de restauration entre 2004 et 2006, est aujourd'hui habité par ses propriétaires, Enrico et Benedetta Spinola. Une famille qui, elle-même est originaire de l’Italie, puisque les Spinola sont l’une des plus importantes familles gênoises.

Le domaine est inscrit au patrimoine protégé et figure sur la liste cantonale genevoise de l'Inventaire suisse des biens culturels d'importance nationale et régionale.

Après la présentation de la propriété par les Spinola, la présidente de la section genevoise, Cosima Trabichet-Castan a présenté le bilan des activités de la section. Il y a eu un certain nombre de visites, notamment les Salons de l’Hôtel de Ville, le chantier de l’Hôtel des postes à Lausanne, la visite d’un artisan ou encore celle du Domaine de l’Elysée à Céligny.

Puis ce fut au tour d’Henri Barbier-Mueller de présenter les activités de la NextGen, dont on peut être membre jusqu’à 45 ans. « Le but est de favoriser les échanges entre les membres et de partager des expériences concrètes », a-t-il résumé. De nouvelles fiches encyclopédiques ont été brièvement présentées, notamment une sur les fontaines d’agrément. A relever que les effectifs de la section sont parfaitement stables (148). Après le renouvellement du comité, la parole a été donnée au nouveau conseiller d’Etat en charge du Territoire, Nicolas Walder. Prudent, ce dernier a rappelé que « le patrimoine est important pour le canton de Genève. Nous devons effectuer des choix pour parvenir à éviter de démanteler certains domaines. Il faut faire des pesées d’intérêts. » Et de relever que les membres de la section de Domus Antiqua Helvetica sont la preuve vivante que l’on peut construire pour la durée ».

Plus d'infos: www.domusgeneve.ch