L'éclat du coworking ne faiblit pas
Après la pandémie, certains prédisaient la mort des espaces de travail partagés... mais selon les experts de Wüest Partner, le phénomène ne cesserait au contraire de prendre de l’ampleur depuis cinq ans.

Dans le secteur du coworking, les secousses se suivent mais ne se ressemblent pas. Il y a eu la période de pandémie et l’avènement du télétravail qui ont porté un coup fatal aux récents acteurs de la branche. Puis, dernièrement, l’annonce du géant américain de partage de bureaux, WeWork, véritable pionnier (fondé en 2010) et pilier, mis en faillite début novembre.
Les plus pessimistes y ont vu le présage d’une mort lente et à retardement de l’offre de cowrking en Suisse mais en réalité, il n’en est rien. Initialement perçus par les entreprises comme une alternative durable au travail à domicile, ces espaces flexibles ont finalement pu s’imposer comme un modèle à part entière, offrant des infrastructures mutualisées, une réelle opportunité de réseautage et des diminutions de frais non négligeables.
Un engouement qui perdure

Si bien que les succursales ont pu ouvrir en rafales dans tout le pays. Selon l’analyse des experts de Wüest Partner, le nombre d’espaces de coworking en Suisse aurait progressé de 67% depuis 2020. «En revanche, ces derniers temps, nous constatons aussi des signaux d’une certaine saturation», a commenté Vincent Clapasson, partenaire chez Wüest Partner lors d’un webinaire organisé par le cabinet. Avant de préciser: «La plupart des grands prestataires se concentrent sur l’augmentation du taux d’occupation de leurs espaces plutôt que la création de nouveaux sites. Malgré tout, ces lieux restent considérés comme une composante désormais naturelle des grands projets de construction. Et ce, tant dans les immeubles de bureaux que dans des ensembles résidentiels ou mixte. »
Géographiquement, toutefois, les cartes se redistribuent peu à peu. Toujours selon les experts, deux tiers des espaces de coworking auraient été aménagés dans des centres urbains densément peuplés jusque-là mais leur plus forte croissance s’observerait à présent surtout en périphérie, où l’offre a presque doublé ces trois dernières années. En effet, après avoir conquis les grandes villes, les principaux acteurs du domaine cherchent à sortir des centres afin de rapprocher ces bureaux «nouvelle génération» des lieux de résidence des travailleurs. Une tendance qui s’installe directement à nos portes et dans la durée.
