Bâtiments genevois

Les aides pour la rénovation énergétique

Au cours d’une conférence organisée par le festival Alternatiba Léman, des spécialistes ont évoqué quelques pistes pour aller de l’avant dans le processus de rénovation.

Différentes aides sont offertes pour inciter les propriétaires à assainir énergétiquement leur bien immobilier.
Différentes aides sont offertes pour inciter les propriétaires à assainir énergétiquement leur bien immobilier. - Copyright (c) DR
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Parmi les conseils prodigués par Habitat durable (l’association suisse des propriétaires respectueux de l’environnement), l’assainissement énergétique de son bien immobilier figure en pole position des bonnes pratiques. Si tout le monde semble avoir compris l’utilité de cette mesure, dans les faits, nombreux sont ceux qui n’osent pas encore sauter le pas. Pourtant, avec le nouveau règlement d’application de la loi sur l’énergie (REn), les propriétaires les plus récalcitrants risquent vite de se voir forcer la main. Afin de prévenir plutôt que de guérir, différentes aides ont été présentées lors d’une conférence organisée fin août dans le cadre du festival Alternatiba Léman. Voici les éléments qu’il faut retenir.

Accompagnement de projet

Dans le but de faciliter les démarches et d’améliorer la qualité des projets de rénovation énergétiques, les Services industriels de Genève (SIG) proposent trois types d’assistance à destination des bâtiments résidentiels, collectifs de préférence. La première n’est autre que le programme mutualisé Commune-

Rénove, initié par plusieurs communes genevoises mais à présent ouvert à tous, qui vise à accompagner les propriétaires et régies dans les toutes premières phases de leur projet. Que ce soit dans la définition de leurs objectifs ou dans l’identification de leurs besoins, workshops et tables rondes permettent d’échanger, d’orienter et de conseiller au mieux chaque porteur de projet. Le tout étant cofinancé par les communes partenaires, les SIG et l’Office cantonal de l’énergie.

Dans la même lignée, les prestations d’assistance à maîtrise d’ouvrage énergie (AMOen) sont un réseau d’experts énergéticiens sur lequel il est possible de s’appuyer, depuis l’avant-projet jusqu’à deux ou trois années après travaux. Leur rôle étant notamment de maximiser la qualité des projets. Enfin, les prestations à maîtrise d’usage AMU se veulent une approche davantage ciblée usager, servant à lever le frein relationnel qui touche parfois les locataires et les propriétaires lors de travaux lourds de rénovation. «Nous proposons d’optimiser la communication pour faire en sorte que les travaux se déroulent au mieux, par le biais d’ateliers par exemple», décrit Caroline Cacheiro, responsable solution rénovation aux SIG. Ces deux prestations sont pour leur part subventionnées.

Le métier d'architecte serait en train de se transformer en une sorte de projets de rénovation

En ce qui concerne les solutions de financement en cas de rénovation, pléthores d’offres existent sur le marché. Ces dernières années, les banques ont lancé les unes après les autres leur propre hypothèque écologique, rendant le choix finalement plus difficile pour le propriétaire. Parmi elles, la Banque alternative suisse (BAS) a aussi sauté le pas récemment et offre depuis le 1er septembre une hypothèque BAS Climat. A une nuance près que les rénovations de taille importante permettront avec cette offre d’avoir plus de financement que des travaux seulement partiels. «En clair, nous proposons des réductions de taux d’intérêt en fonction de l’ambition du projet», souligne Loïc Ecoffey, responsable financement immobilier à la BAS. De quoi en motiver certains.

Déléguer le pilotage

«Lorsque les normes Minergie se sont imposées dans les projets, au début, les architectes criaient au scandale, que ce n’était plus de l’architecture, et force est de constater que cela est devenu une normalité. Nous allons devoir faire de même avec la rénovation», témoigne Stéphane Fuchs du bureau d’architectes Atba. Selon l’expert, le métier d’architecte serait en train de virer de bord pour se transformer en une sorte de pilote de projets de rénovation. Le présent et surtout l’avenir de la profession selon lui. «Dorénavant, l’architecte va devoir réapprendre les bases de la construction, de l’isolation, du bioclimatique et des matériaux pour aider les clients à trouver les solutions les plus adéquates et les plus économiques en fonction de leurs objectifs énergétiques», conclut-il.

Le facteur de la rentabilité à l’étude

Afin de mieux comprendre dans quelle aventure un propriétaire se lance avec son projet de rénovation, les Services industriels de Genève (SIG) travaillent à la mise en place des outils dès les phases d’études préliminaires, lorsque l’on évalue plusieurs variantes, pour venir avec une analyse financière concrète qui puisse ainsi compléter les autres arguments d’aide à la décision du mandataire. Les SIG espèrent pouvoir les rendre accessible dès l’an prochain.

Les chiffres

Le faible taux de rénovation énergétique du parc immobilier du canton de Genève, actuellement de 0,7%, doit être multiplié par trois à l’horizon 2030, ceci afin d’atteindre les 2,5% décrétés par les objectifs du plan directeur de l’énergie.