Étude

Les fleuves, des alliés pour adapter les villes au changement climatique

Journaliste et rédactrice en chef adjointe chez immobilier.ch
Publié le 13.08.2026 à 17:30

Dans un article publié le 30 juillet par l’EPFL, la professeure en urbanisme Paola Viganò souligne le rôle stratégique des fleuves et rivières dans l’adaptation des villes au changement climatique. Gestion des crues, lutte contre les îlots de chaleur, biodiversité et qualité de vie: les cours d’eau sont appelés à retrouver une place centrale dans l’aménagement urbain.

Les fleuves façonnent les villes et les sociétés
Les fleuves façonnent les villes et les sociétés - Copyright (c) Freepik
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Longtemps exploités pour l’agriculture, l’industrie ou le développement urbain, les cours d’eau ont été profondément transformés. L’EPFL cite notamment le Rhône, dont la troisième correction en Suisse associe protection contre les crues, élargissement de certaines portions du lit et réaménagement des plaines inondables afin de renforcer les fonctions écologiques du fleuve. Pour Paola Viganò, professeure au Laboratoire d’urbanisme de l’EPFL, l’enjeu consiste désormais à anticiper des phénomènes climatiques plus extrêmes plutôt qu’à seulement en traiter les conséquences.

Parmi les pistes avancées figure le principe de la « ville-éponge » : davantage d’arbres et d’espaces verts pour rafraîchir les quartiers, mais aussi des toitures végétalisées, jardins pluviaux et revêtements perméables capables d’absorber les précipitations, de limiter les inondations et de favoriser la recharge des nappes phréatiques. L’eau devient ainsi un élément à part entière de la planification urbaine.

L’article de l’EPFL s’appuie également sur le cas de la Chamberonne, qui traverse les campus de l’UNIL et de l’EPFL. Dans le cadre du projet de recherche UrbanTwins, des capteurs ont notamment été installés le long de la Sorge afin d’étudier l’influence des activités humaines et du campus sur la qualité de l’eau.

Le campus lausannois illustre aussi le potentiel énergétique de l’eau. Depuis 1978, le Léman est utilisé comme principale source de refroidissement de l’EPFL, tandis que des pompes à chaleur récupèrent son énergie thermique pour chauffer les bâtiments depuis 1986. Après plusieurs modernisations, l’EPFL a pu abandonner complètement le mazout en 2022, réduisant ses émissions d’environ 1400 tonnes de CO₂ par an. Aujourd’hui, plus de 85% de l’énergie consacrée au chauffage et au refroidissement du campus provient de sources renouvelables. Même le centre de données de 2 MW est refroidi grâce à l’eau du lac, tandis que la chaleur dégagée par ses serveurs est récupérée pour chauffer les bâtiments universitaires.