Les Romands se mettent en avant
Souvent dans l'ombre de leurs voisins alémaniques, les professionnels francophones de la branche ont organisé pour la première fois une journée qui leur était dédiée à Lausanne. Ceci afin de présenter les cas exemplaires de la région.

Grande première dans l’histoire des fonds immobiliers romands, une journée leur était consacrée au stade de la Tuilière à Lausanne, le 10 novembre dernier. Pour l’occasion, pas moins de nonante professionnels du métier avaient fait le déplacement afin de rencontrer leurs pairs. «Il était temps de se remettre sur un pied d’égalité avec la Suisse alémanique qui est bien plus dynamique en termes d’événements et de réseautage autour des fonds immobiliers», assure Lucia Morgillo, CEO d’IMvestir Partners, à l’origine de cette initiative réussie puisque public et intervenants ont répondu en nombre.
Des opportunités futures
Un rendez-vous placé sous le thème de la «métamorphose» pour un secteur en constante mutation, notamment à Lausanne où des chantiers majeurs sont en cours aux quatre coins de la ville, donnant lieu à des développements futurs et une nouvelle forme d’investissement immobilier. «Pour la seconde étape du quartier des Plaines-du-Loup (170'000 m2) comme pour le futur site des Prés-de-Vidy (139'000 m2), la mixité des logements, des activités, mais aussi des investisseurs, est primordiale. La Ville souhaite ainsi octroyer un droit de superficie pour un quart à des structures détenues par la Municipalité, un quart aux sociétés d’utilité publique, un quart aux coopératives d’habitants et enfin un quart à des opérateurs privés», décrit Guillaume Dekkil, responsable de la mise en œuvre.
Des opportunités pour lesquelles les investisseurs seront invités à faire leurs offres dès 2023 et qui représentent à elles seules un potentiel d’investissement (pour le secteur privé) d’environ 280 millions de francs. «Il faut s’attendre à un dispositif plus contraignant, avec des co-investisseurs à l’ADN très différent, mais qui garantit une levée de risque grâce à un accompagnement assuré par la Ville», complète Guillaume Dekkil.
Quelques pionniers vaudois
La journée a également servi à mettre en lumière certaines pratiques initiées par des Romands. Gefiswiss, tout d’abord, un gérant d’actifs créé en 2008 qui a prouvé que l’on pouvait être à la fois durable et rentable, ayant été parmi les premiers immeubles certifiés Minergie-P du canton de Vaud. Il a également lancé cette année son Gefiswiss Energy Transition Fund, premier fonds infrastructure visant à faire du contracting énergétique (financement de réseaux de chaleur, d’installations photovoltaïques...). Autre cas d’école avec le fonds coté en bourse Cronos Immo Fund qui vise une forte croissance (le milliard à l’horizon 2030). Et pour y arriver, la société se concentre sur l’immobilier résidentiel récent ou à construire, l’ancien à rénover, les niches comme les résidences pour seniors mais surtout l’apport en nature. «Cette source de croissance importante consiste à acheter un immeuble non pas en argent liquide mais en remettant au vendeur des parts de notre fonds nouvellement émises spécialement pour lui», précise Hervé Mützenberg, gérant chez Cronos. Un procédé souvent méconnu alors qu’il faciliterait la planification successorale mais aussi l’optimisation fiscale. Il aurait déjà permis à Cronos d’acheter 28 objets au cours des trois dernières années, le plus important pour un montant de 57 millions à Crissier.
