L'histoire genevoise à travers ses monnaies
Lors de ses ventes aux enchères d’automne qui se tiendront les 14 et 15 novembre prochains, Numismatica Genevensis dispersera une exceptionnelle collection de monnaie genevoise, la plus importante jamais constituée par un amateur privé.

Réunir en un même écrin les témoins de près de 1500 ans d’histoire genevoise, c’est le dessein qu’a poursuivi un passionné de numismatique à l’origine de cette collection exceptionnelle de 740 pièces, allant de la période mérovingienne aux dernières monnaies genevoises frappées en 1848.
«Ce collectionneur a véritablement reconstitué l’histoire de Genève avec ses monnaies qui se distinguent tant par leur qualité que par leur rareté», annonce avec enthousiasme Frank Baldacci, CEO de Numismatica Genevensis. Cette collection unique est avant tout le reflet de la passion d’un homme qui, tout au long de sa vie, a aimé parcourir, à travers ces témoins du passé, l’histoire de sa ville d’adoption, Genève. Jamais collectionneur n’avait rassemblé autant de raretés en un seul ensemble. Elle a été montée patiemment pendant plus de 50 ans. Une véritable référence Une telle collection méritait une mise en valeur en deux temps. La première partie, composée de 272 pièces, a été proposée aux enchères en novembre 2021. A cette occasion, mille ans d’histoire de Genève sont passés sous le marteau. La deuxième partie de la collection sera dispersée le mardi 15 novembre, soit 468 pièces de la République allant du XVIe au XVIIIe siècle. Chaque pièce raconte une partie de l’histoire genevoise, à l’instar des monnaies de l’Évêché de Genève, qui font leur apparition à l’aube de l’an mille, ou des monnaies de la période révolutionnaire, dont les légendes, écrites en français, sont tout à la fois révolutionnaires et moralisatrices. Le mi-décime porte ainsi les inscriptions «travaille et économise» et «les heures sont des trésors», alors que le décime affirme fièrement que «l’oisiveté est un vol».
Les diverses variétés monétaires de la deuxième partie de la collection témoignent, quant à elles, de l’évolution de la célèbre devise genevoise «POST TENEBRAS LUX». Dès 1540, la devise subit quelques modifications: LUCEM devient LUCEN et, en 1542, une ordonnance la transforme définitivement, POST TENEBRAS LUX est préférée. L’enjeu est politique. La devise originelle sous-tendait l’idée que les Genevois vivaient une période sombre, malgré les bouleversements politico-religieux, en attendant un futur meilleur qui n’est pas nécessairement républicain et protestant. POST TENEBRAS LUX, au contraire, véhicule l’idée que les Genevois vivent désormais dans la lumière après les ténèbres de la domination catholique.
Une pièce bâloise d’exception

La vente d’une exceptionnelle et rarissime pièce bâloise est l’autre temps fort des enchères d’automne de Numismatica Genevensis. Son prix de départ est estimé à 600'000 francs, sachant qu’il est rare qu’une pièce suisse atteigne une telle valeur. Connue comme la plus importante monnaie jamais frappée dans notre pays, elle a été réalisée avec les coins du Taler de 1741. Ce multiple de 20 ducats témoigne du niveau de richesse qu’atteindra la ville de Bâle un demi-siècle plus tard. De qualité exceptionnelle, il s’agit du plus beau des deux exemplaires connus en main privée.
