Projet RUBIX

L'ingéniosité au service de l'industrie

Modulaire, durable et technique, un vaste complexe de 47'000 m2 en construction à Meyrin-Satigny (GE) se destine à redéfinir les standards de l'immobilier industriel. En attendant sa livraison d'ici 2027, zoom sur quelques-unes de ses promesses.

La livraison des deux bâtiments est prévue pour fin 2026-2027
La livraison des deux bâtiments est prévue pour fin 2026-2027 - Copyright (c) Rubix
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Le grand projet ZIMEYSAVER (zones industrielles de Meyrin, Satigny et Vernier), à Genève, c’est avant tout un développement de quartiers d’activités compétitifs, étendu sur 380 hectares, pour un potentiel estimé de 10’000 nouveaux emplois à l’horizon 2030. Mais c’est également toute une série de nouveaux bâtiments aux concepts tous plus innovants les uns que les autres qui vont devoir émerger de terre, afin de remplacer cette zone autrefois occupée par des friches, des marécages et une poignée de carrossiers éparpillés çà et là.

Un lieu de travail mais aussi de vie

Parmi les grands chantiers les plus avancés du secteur, on retrouve notamment le complexe RUBIX, dont la fin du grosoeuvre a été célébrée fin juin. Piloté par Real Estate Investment Strategies (REIS), cet ensemble de deux bâtiments prévoyant 47’000 m2 de surfaces modulables à louer a pour le coup de l’ambition: celle de projeter les entreprises industrielles dans le monde de demain. Pour cela, les concepteurs n’ont pas cherché à repousser les limites de la gravité ou à investir des millions dans des technologies dont l’utilité est encore à prouver. Non. Le défi a été de se montrer à la fois flexible, dense et vivant. Trois caractéristiques tant recherchées par les industriels mais qui manquent pour l’heure à Genève comme ailleurs en Suisse romande. C’est donc sur cette parcelle rue du Pré-Bouvier que deux bâtiments imposants ont pris forme ces neuf derniers mois. «L’industrie privilégie toujours les rez-de-chaussée alors nous avons dû adapter les étages pour qu’il y ait des hauteurs sous plafond, des capacités de portance et des monte-charges de tailles suffisantes pour être attrayants. C’était le nerf de la guerre du projet», témoigne Johannes Gerzain, directeur Suisse de REIS. Toute la partie logistique, avec ses dix quais de chargement et son espace de stockage de 7 mètres de haut, est restée quant à elle concentrée dans un coin du site «pour nourrir le lieu avec de gros transporteurs, stocker, transformer dans les étages, puis délivrer», précise le dirigeant. Libérant au passage de précieux mètres carrés en plain-pied.

Une superficie permettant de ce fait la création d’une place centrale entre les deux édifices, des aménagements extérieurs accueillants, perméables et riches en verdure, qui seront enrichis de commerces/ loisirs tels qu’un supermarché, un fitness ou encore un restaurant. De quoi réjouir les futurs 1000 à 1500 employés du site, de même que toute la zone industrielle (Firmenich, etc.), aujourd’hui délaissée à ce niveau. Côté locataires justement, l’un des deux bâtiments se verra occupé par un seul et unique utilisateur, afin qu’il puisse y apposer son logo et l’identifier à sa marque. La seconde construction espère au contraire attirer une mixité d’entreprises dans des secteurs de pointe comme la recherche, l’horlogerie, le médical ou encore le luxe. La société Georg Fischer Machining Solutions, spécialisée dans l’industrie de précision, a par ailleurs déjà choisi d’y regrouper tous ses effectifs sur 8300 m2.

L’évolution en ligne de mire

Preuve que l’infrastructure tout-en-un telle qu’imaginée séduit... Il faut dire que le concept a été élaboré pour viser haut et loin. Sous le coup de crayon du bureau Giuli & Portier architectes, RUBIX est né pour ne pas rester figé. Modulaire sous de nombreux aspects, «les volumes ont malgré tout été pensés pour des périodes de cent ans, dont les trames ont pré-imaginé des reconversions de pièces en logements afin que les transformations futures soient les plus simples possibles», complète Johannes Gerzain. Et qui dit futur, dit durabilité. Là aussi, les équipes mandatées (l’entreprise générale HRS) ont fait de leur mieux pour s’adapter aux prochains besoins.

En l’occurrence: 1400 m2 de panneaux solaires photovoltaïques installés en toiture, près de 9500 tonnes de matériaux recyclés et un puit artésien à 1500 mètres de profondeur (découvert dans la zone) qui pourra à l’avenir desservir RUBIX en chaleur locale et renouvelable. Côté mobilité, outre le futur barreau routier de Montfleury qui devrait offrir prochainement un accès encore plus direct depuis l’autoroute A1, la voie verte en cours d’élaboration insufflera elle aussi du passage dans ce périmètre autrefois déserté. Au sein du complexe, des places de stationnement pour vélos et un parking pour 300 voitures seront disponibles. Le tout prévu pour une livraison fin 2026-début 2027 et une enveloppe devisée à près de 200 millions de francs.

L’opportunité à ne pas manquer

Auparavant, avant que le chantier de RUBIX ne fasse son oeuvre, la parcelle était occupée par l’usine, le bâtiment administratif et une boutique de la chaîne de boulangeries Aimé Pouly. Si le plan initial (en 2019) était d’opter pour l’achat-location du terrain et construire le projet autour de l’existant, Aimé Pouly a finalement pu se déplacer et libérer la place. Permettant ainsi aux maîtres d’ouvrage de partir d’une feuille totalement blanche et mettre sur pied à vitesse grand V ce concept de bâtiment industriel innovant, doublant au passage la taille du développement.