La Praille/Genève

L'inquiétude de certains superficiaires

Le retard pris en ce qui concerne le plan localisé de quartier du périmètre Praille-Ouest inquiète de nombreux superficiaires. Guillaume Massard, directeur de la Fondation pour les terrains industriels (FTI) se veut rassurant.

Le site Praille-Acacias-Vernets va globalement perdre 80% de surface industrielle
Le site Praille-Acacias-Vernets va globalement perdre 80% de surface industrielle - Copyright (c) Olivier Riethauser - High5 Prod
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Parmi les quelques centaines de patrons de PME et PMI du secteur industriel et artisanal de la Praille à Genève, nous avons rencontré les responsables de l’Association des entreprises du secteur de l’EPI (secteur Praille-Ouest).

Inquiétudes

«Nous sommes venus en zone industrielle car les statuts de la FTI prévoient qu’elle nous accompagne, avec une certaine bienveillance. Or, en gelant de facto l’adoption d’un PLQ dans le secteur de L’EPI, cela nous bloque dans notre développement », nous a déclaré Vincent Gonet, CEO de Pointprod-Actua Group et président de l’association en question. L’association des entreprises du secteur de l’EPI a été fondée en 2013 par Yann Borgstedt (Self Storage), Christophe Martin (ex-Blue Infinity) et Vincent Gonet. On nous annonce 45 entreprises ou personnes physiques membres, représentant environ 2000 salariés. Citons encore parmi ceux-ci les collaborateurs et collaboratrices du groupe Pougnier, un des leaders du secteur de la boulangerie-pâtisserie à Genève.

«Nous avons créé l’association lorsque nous avons découvert que, suite à une votation du Grand Conseil en faveur de la création d’un parc au cœur du PAV (Praille- Acacias-Vernets), les élus souhaitaient garder la pénétrante du rail». Les patrons avaient alors décidé de mandater à leurs frais des spécialistes pour mener des études et transférer la logistique de la Migros de l’autre côté de la route des Jeunes. L’image directrice a pu évoluer. «Cette zone restera industrielle et artisanale, notamment pour des questions de tolérance au bruit. En revanche, elle sera amenée à être densifiée.»

Volonté de rassurer

Contacté par nos soins, le directeur général de la FTI, Guillaume Massard, tient un autre discours. «Je vous confirme que le futur PLQ du périmètre Praille- Ouest (en l’occurrence il devrait y en avoir deux, l’un pour la partie lancéenne et l’autre pour la partie carougeoise) devrait entrer en force en 2028-2029. Il était prévu initialement qu’il soit prêt en 2024, mais l’image directrice de 2016 a été modifiée et le processus d’adoption d’un PLQ prend du temps. La nouvelle image du périmètre doit être déclinée dans un document légal qui sera ensuite mis à l’enquête», précise Guillaume Massard.

Ce dernier indique qu’un atelier participatif d’une demi-journée s’est déroulé le 24 mai 2023 pour les superficiaires de Praille-Ouest au Ramada Plaza. «Nous avons partagé notre vision avec les per- sonnes présentes et tentons de rencontrer tous les superficiaires qui le souhaitent. Maintenant, il est clair que vu la quantité de travail que nous avons, nous faisons tout notre possible pour rencontrer dans les meilleurs délais ceux qui le souhaitent», ajoute le directeur général de la FTI.

Densification

Si la nouvelle image de Praille-Ouest n’est pas encore publique, sa situation en zone de développement 2 avec un ni- veau de bruit 4 signifie qu’elle sera destinée à regrouper des entreprises actives dans la logistique (pour approvisionner et désapprovisionner une grande partie des futurs quartiers et du centre-ville), ainsi que dans les activités de construction et rénovation, mais aussi «certaines activités de production destinée à cette zone». En résumé, le PAV va globalement perdre 80% de sa surface industrielle et dans les 20% restant, dont le secteur Praille-Ouest, l’objectif est de garder «ce qui sera utile à la ville». «Il y a la volonté de développer des opérations permettant de renouveler le tissu bâti, comme des hôtels industriels et logistiques, y compris en PPE». La volonté est donc de pouvoir densifier progressivement le périmètre en question

Des incertitudes

«Aujourd’hui, nous devons pouvoir continuer à faire évoluer nos outils de travail pour toutes les entreprises», résume Vincent Gonet. Et ce dernier d’ajouter: «Nous ne pouvons pas rester prisonniers, à moins que nous n’ayons plus besoin de payer la rente du droit de superficie (DDP). C’est notre combat. La FTI n’est pas venue nous voir pour connaître nos projets d’ici cinq ans. Ils rachètent parfois des bienfonds et se retrouvent copropriétaires sans que l’on saisisse leur stratégie». Ce dernier relève que si des PME doivent un jour se délocaliser, il faudra que ce soit économiquement possible. «J’aimerais que la FTI s’engage à ce que les améliorations apportées dans nos locaux soient prises en compte si un jour nous devons partir.»

«Il est exact que pour les entreprises industrielles et artisanales qui devront se relocaliser ailleurs, cela va générer des différences de loyers significatives. Nous réfléchissons à comment abaisser un peu cette «marche». Cela fait l’objet de discussions sur la forme des montages immobiliers, mais aussi avec d’autres acteurs, comme la Fondation d’aide aux entreprises». Et Guillaume Massard de réagir par rapport à la valeur en cas de rachat: «Les travaux sont autorisés lorsque cela est pertinent, et possible. Nous traitons au cas par cas, par rapport aux nouvelles planifications et aux projets d’avenir. Selon notre perception, pour beaucoup d’entreprises, cela n’est pas un sujet. Les futurs PLQ vont créer des opportunités de développer et produire de la valeur. Notre rôle est d’assurer une cohérence globale».