PULSE , un pôle industriel d'avenir
Incarnant une nouvelle génération d’infrastructures modulaires et durables au service des entreprises, ce site fraîchement inauguré cherche à répondre au besoin urgent de densification des zones d’activités.

Actuellement, lorsque l’actualité immobilière est au cœur desdiscussions, toute notre attention se concentre sur la pénurie de logements, à juste titre. Avant cela, la pandémie de coronavirus avait monopolisé le débat sur l’essor soudain du télétravail et l’avenir des surfaces de bureaux en Suisse. Mais qu’en est-il aujourd’hui de nos zones industrielles qui concernent pourtant 20% des emplois du pays? Ces quartiers entiers, tels que celui de Praille-Acacias-Vernets à Genève, qui sont peu à peu remplacés par des immeubles d’habitations et que l’on cherche à déplacer tant bien que mal ailleurs. Problème: ces entreprises industrielles ont de nombreuses contraintes techniques, logistiques ou encore d’accessibilité qui les poussent à privilégier les rez-de-chaussée. Allant à l’encontre des objectifs de densification de la LAT (loi d’aménagement du territoire)...
Flexibilité comme maître-mot
Alors certains acteurs cherchent pour eux des solutions dans des cantons où les m2 se font désirer. EPIC Swiss, société immobilière cotée en Bourse avec un portefeuille d’1,6 milliard, a par exemple inauguré mi-mai un site d’un nouveau genre, nommé PULSE, visant à répondreà toutes les nouvelles exigences qui s’imposent aux zones d’activités. Se situant dans le périmètre industriel du Châtelard, à Cheseaux-sur-Lausanne (VD), ce centre d’innovation s’est donc attardé sur cinq critères clés indispensables à l’avenir pour les entreprises du secteur secondaire.
À commencer par la modularité. Puisque PULSE est conçu autour de deux bâtiments distincts mais connectés par une zone logistique centrale dotée de 12 quais de chargements qui mutualisent les ressources. Avec une surface brute de 71’000 m2 (dont 43’000 hors sol), les espaces de travail ont été pensés pour maximiser l’adaptabilité. «Nous sommes capable de les diviser en fonction des besoins des différents locataires. Tout comme les façades qui ont des éléments démontables afin de pouvoir faire rentrer des équipements de grande taille et qui peuvent être vitrées comme opaques selon que la société a la nécessité d’avoir des salles obscures ou éclairées de lumière naturelle», précise Quentin Armand, responsable de la commercialisation.
Exigence à tous les niveaux
Au niveau de la technique, les exigences industrielles sont elles aussi diverses et variées selon les occupants du lieu. C’est pourquoi tout a été prévu: les hauteurs sous plafond du complexe mesurent entre 3 et 5,8 mètres, avec la possibilité d’atteindre des hauteurs doubles pour les équipements type bioréacteurs. Les capacités de charge au sol sont quant à elles variables, allant jusqu’à 2 tonnes/m2. «Des gaines techniques sont déjà prééquipées pour la ventilation de laboratoires, de salles blanches etc. Et la puissance électrique des bâtiments est de 3 mégawatts (extensible à 6 mégawatts)», ajoute Quentin Armand.
Côté durabilité, PULSE intègre plus de 1000 panneaux photovoltaïques, complétés par 80 sondes géothermiques profondes. Le tout réalisé pour être facile d’accès géographiquement (car il possède une connexion rapide vers les nœuds autoroutiers de Crissier, de la Blécherette et de Cossonay, en reliant la ligne de bus 54 et le LEB) mais aussi pour soigner le bien-être des locataires (les bâtiments ont été construits en lisière de forêt avec des patios, un restaurant collectif de 240 places assises, une salle de conférence commune, une salle de fitness de 250 m2, une crèche pour 45 enfants, un parking à vélos sécurisé, des bornes de recharge électrique et des voitures en libre-service).
Et l’investissement est récompensé
Un projet riche et complet qui aura mis tout de même plus de dix ans pour voir le jour et finalement être inauguré en grande pompe en présence de personnalités politiques telles qu’Isabelle Moret et Guy Parmelin le mois dernier. Initiés en 2013, les contours de PULSE ont été esquissés par le bureau Architram Architecture et Urbanisme avant de démarrer les travaux en 2021. Des travaux qui ont été fortement ralentis par 150’000 m3 de terre polluée mais qui aujourd’hui sont bel et bien terminés. Désormais, place à l’installation des locataires. Parmi eux, la société Kidelis (du groupe Eldora), qui alimente toutes les écoles et crèches de la région, va créer une cuisine industrielle d’environ 2200 m2 sur place pour entrer en exploitation dès le mois de juillet.
En parallèle, le groupe américain Thermo Fisher Scientific quittera son site vieillissant pour être opérationnel depuis PULSE en septembre 2025. «Le reste des futurs occupants est en discussion. Les demandes oscillent entre 250 et 6000 m2 donc nous pensons qu’à la fin, nous accueillerons sur site près d’une vingtaine de sociétés et 800 collaborateurs», assure le responsable de la commercialisation. Un pari devisé à 130 millions pour EPIC Swiss qui a su miser sur des locataires aux exigences importantes et aux délais relativement courts. Ce qui devrait pour sûr doper une fois de plus le coeur de la Health Valley vaudoise.
