Bienvenue chez Sarah Mugnier

Quand une belle demeure devient un écrin à bijoux

Sarah Mugnier est épanouie. La Genevoise vient de finir la transformation de Clos-Belmont, un hôtel particulier niché dans une oasis de verdure située au centre de la ville du bout du lac. Elle y présente Maison Belmont, une nouvelle marque de joaillerie.

La décoration du Grand Salon (du nom d'une de ses pièces de joaillerie réalisée par l'entreprise genevoise Living Tradition)
La décoration du Grand Salon (du nom d'une de ses pièces de joaillerie réalisée par l'entreprise genevoise Living Tradition) - Copyright (c) Daniela & Tonatiuh
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Sarah Mugnier a eu un coup de coeur voilà près de trois ans pour cette belle bâtisse sise dans ce « quartier » préservé du Clos-Belmont, entre la route de Chêne et l’avenue Weber (le haut des Eaux-Vives). Après avoir vécu quelques années en Turquie, Sarah revient à Genève et lance sa marque de joaillerie, Maison Belmont. Elle découvre cette belle bâtisse inscrite au patrimoine genevois qui nécessite de grands travaux de rénovation pour en faire un showroom. Les deux projets vont ainsi évoluer en parallèle. Attirée dès son plus jeune âge par l’artisanat, Sarah concrétise un rêve de longue date. « Ma mère m’a donné la créativité et la nécessité de travailler les cinq sens. Elle nous apprenait à lever les yeux pour observer ce qui nous entoure. »

Après une formation dans la communication au SAWI, « pour assouvir sa soif de rencontres », elle démarre chez Christie’s au département bijouterie. Elle est chargée de l’édition des catalogues de vente. « J’ai très vite su que la joaillerie serait mon univers. » Elle rejoint ensuite Swatch Group où elle œuvre pour Arlette Emch. Alors qu’elle est recrutée pour un poste en marketing, très vite elle parvient à rejoindre l’équipe chargée de la haute joaillerie dans une des marques du groupe.

Sarah Mugnierdiaporama
Sarah Mugnier

C’est là qu’elle va se former à la fabrication. Après une expérience au sein de la maison horlogère Bovet, elle met le cap sur New York en 2010 pour y suivre une formation sur les pierres de couleur au Gemological Institute of America. A son retour, elle travaille comme gemmologue pour un négociant genevois où elle analyse les bijoux anciens et les pierres lors des ventes aux enchères. « J’y ai appris à estimer les prix de toutes les pierres. C’est là que le bijou ancien a déteint sur moi. » Sarah Mugnier est fascinée par leur histoire.

A son retour à Genève, ce fut donc le coup de foudre pour cette maison imaginée par le célèbre architecte Edmond Fatio (1871-1959), devenu le porte-flambeau du style architectural Heimatstil. N’oublions pas que la première commande décrochée par ce dernier fut un chalet pour l’Exposition nationale de 1896 et son Village suisse, qui se tenait à Genève. C’est ainsi qu’en 1911 surgira cette villa au Clos-Belmont destiné au régisseur Henri Carey, fils du cofondateur de ce qui deviendra la régie Grange. Malgré le léger retard dû au Covid, les rénovations ont réussi à redonner son lustre à cette belle bâtisse, dans le respect des normes imposées par la Commission des monuments, de la nature et des sites (CMNS).

Le showroom de Maison Belmont est ouvert au public, sur rendez-vous uniquement par email à info@maison-belmont.com ou au 079 927 77 55.

Pour ce bar sur mesure, Sarah Mugnier a collaboré avec l'entreprise italienne Landodiaporama
Pour ce bar sur mesure, Sarah Mugnier a collaboré avec l'entreprise italienne Lando

Le laiton règne ici en maître, avec un miroir vieilli et des portes en bois peint avec des clous vissés un par un. Quant au canapé et au pouf ovale, ils ont été réalisés par Living Tradition. La lampe « singerie » en bronze a été dessinée par Vincent Darré, avec un abat-jour peint à la main.

On retrouve ici l'univers de Vincent Darré, le célèbre styliste et architecte d'intérieur français qui fut l'assistant de Karl Lagerfelddiaporama
On retrouve ici l'univers de Vincent Darré, le célèbre styliste et architecte d'intérieur français qui fut l'assistant de Karl Lagerfeld

A gauche, un meuble bijou en bois laqué bleu nuit avec des vitraux artisanaux rétroéclairés, réalisés par l’atelier de maîtres-verriers Simon-Marq établi à Reims depuis 1640 (qui a notamment oeuvré pour la cathédrale de Reims). Le dessin des vitraux a été réalisé par Vincent Darré. Cette pièce maîtresse est utilisée comme vestiaire-secrétaire où Sarah Mugnier expose quelques-unes de ses pièces de bijouterie.

L'escalier est décoré par une peinture murale qui grimpe jusqu'à la partie privative au 2ème étagediaporama
L'escalier est décoré par une peinture murale qui grimpe jusqu'à la partie privative au 2ème étage

La peinture murale démarre par un dégradé de bleu pour finir avec un crépuscule violet. Le thème : un jardin exotique imaginé par Vincent Darré qui a eu carte blanche. « J’ai pu choisir entre trois thématiques. Je voulais un jardin pour qu’on puisse se promener, plutôt que de la pure abstraction. » On y trouve une autruche, des perroquets, des cigognes, des cygnes, mais aussi les bijoux imaginés par Sarah Mugnier. Son exécution, qui a nécessité près de trois mois de travail, est l’œuvre du peintre Raphaël Schmitt.

Sarah Mugnier nomme cette pièce le "Grand Banquet" du nom de ses boucles d'oreillesdiaporama
Sarah Mugnier nomme cette pièce le "Grand Banquet" du nom de ses boucles d'oreilles

Son plafond à caisson est d’origine, avec sa forme octogonale qui a inspiré le logo de la marque Maison Belmont. Le poêle est d’époque. C’est la seule pièce où le style Heimatstil ressort clairement. Toutes les boiseries sont d’époque, avec juste le rajout de faux cabochons rappelant la malachite, le lapis-lazuli, etc. Le meuble à frange a été conçu par une maison française. Quant aux rideaux et à la nappe, il s’agit de tissu édité par Pierre Frey.