Tous fronts unis pour soutenir l'aéroport
Au lendemain de son centenaire, le hub genevois traverse une période de fortes turbulences. Pandémie, politisation, urgence climatique: les acteurs de l’économie ont décidé d’agir en créant l’association AERIA+.

Plus forte est l’ascension, plus dure sera la chute dit l’adage. Preuve en est: après de multiples records de fréquentation dépassés année après année, l’aéroport de Genève vit la plus longue crise de son histoire, vieille de cent ans. Outre le déficit financier qui se creuse depuis le début de la pandémie, ayant découlé entre autres de la baisse du nombre de voyageurs de 67% en 2021 par rapport à 2019 et ayant généré une dette à rembourser, les questions de gestion politique (initiative «pour un pilotage démocratique de l’aéroport») perturbent l’écosystème aéroportuaire genevois. A cela s’ajoute l’enjeu de décarbonisation des avions, véritable énigme à double inconnue pour le secteur aéronautique qui tente d’innover malgré une période de trouble inédite. Coup sur coup, Genève-Aéroport s’efforce donc d’encaisser mais sème le doute sur sa pérennité en tant qu’établissement public autonome.
Un intermédiaire nécessaire
Face à cette situation insoutenable qui touche bien plus que les 11’000 collaborateurs de l’aéroport de Genève et les 200 entreprises à qui il fournit du travail, certains craignent pour l’économie régionale. Moteur avéré pour d’autres cantons ainsi que la France voisine, l’impact de cette infrastructure s’étendrait en réalité jusqu’à 150 km aux alentours de l’établissement et pouvait afficher, à son meilleur niveau, une plus-value économique de 4,1 milliards de francs en 2019. Un chiffre qui donne le tournis mais qui s’est largement affaissé depuis. De quoi alerter les acteurs au premier plan de ces retombées qui ont décidé d’unir leur force pour soutenir l’aéroport, et ce, en créant une association. Le but de l’Association économique romande pour une infrastructure aéro-portuaire performante (AERIA+), présentée publiquement le jeudi 10 février, a été précisé par son vice-président, Fred Herren: «Chaque entreprise a des relations avec l’aéroport d’une manière ou d’une autre. Nous serons à la fois un intermédiaire neutre entre ce hub et ces acteurs mais aussi leur porte-voix à tous les deux auprès de la population et des autorités.»
Acteurs de l’immobilier concernés
Pour cela, AERIA+ a l’intention de participer aux débats publics, de prendre position mais aussi de mettre à disposition du public des informations objectives sur l’aéroport et son importance, notamment au travers d’études thématiques.
Parmi les acteurs qui seront défendus par AERIA+, ceux de l’immobilier sont aussi concernés. Petites sociétés familiales, locales ou multinationales, tout un chacun est invité à devenir membre de l’association souligne son président, Jean-Marc Probst: «Nous représentons toutes les entreprises qui souhaitent bénéficier d’une desserte aérienne de qualité, indépendamment de leur secteur d’activité et dans l’intérêt général de l’économie romande. Les contacts avec les acteurs de l’immobilier vont sans doute s’établir dans les mois à venir.» La phase d’affiliation ayant à peine démarré, tout reste encore à faire pour le comité de l’association mais nombreux sont les futurs membres intéressés à s’être déjà fait connaître.
Les membres fondateurs d’AERIA+
La Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève
La Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie
La Fédération des entreprises romandes Genève
La Fondation pour Genève Le Centre Patronal
Le Groupement des entreprises multinationales
