Prime Swiss Property

«Un vent nouveau souffle sur PSP»

Ex-rédactrice en chef du magazine PRESTIGE immobilier
Publié le 27.06.2022 à 15:41

Le groupe qui détient un large portefeuille d'immeubles de bureaux et de surfaces commerciales dans les grandes villes de Suisse entend devenir plus visible en communiquant sur ses réalisations.

L'Hôtel de banque, rue de la Corraterie, à Genève, a été racheté il y a deux ans à UBS.
L'Hôtel de banque, rue de la Corraterie, à Genève, a été racheté il y a deux ans à UBS. - Copyright (c) DR
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Prime Swiss Property (PSP) est l’un des plus grands propriétaires immobiliers de Suisse. Coté à la SIX Swiss Exchange, il possède plus de 160 immeubles commerciaux en Suisse, dont 20 à Genève et 15 à Lausanne. Chaque année, la société reçoit près de 500 dossiers mais ne s’intéresse qu’aux immeubles historiques situés dans les centres avec un bon rendement locatif. Dans la cité de Calvin, PSP possède des immeubles emblématiques comme celui où se trouve le magasin Aeschbach et l’hôtel Citizen M dans les rues basses, ainsi que l’immeuble Hôtel de banque racheté il y a deux ans à UBS (rue de la Corraterie). Mais également l’immeuble rue du Mont-Blanc 12 qu’il vient de rénover ou encore celui où se trouve l’espace de coworking Quartier des Banques et le restaurant Bouillon. Interview de Peter Cloet, directeur suisse romande de PSP.

PSP a plutôt été discret jusque-là. Pourquoi avoir accepté cette interview?

Depuis quelques années, il y a un nouvel esprit au sein de l’entreprise. Une hiérarchie plutôt horizontale, un esprit plus collaboratif. Nous sommes fiers, par exemple, d’avoir été très bien classés au sein du label «Great place to work». Nous souhaitons donner un nouvel élan à l’entreprise en mettant en avant la qualité de notre portefeuille, nos belles acquisitions et l’intérêt pour nos clients de louer nos surfaces commerciales.

Qu’est-ce que PSP offre de plus avec ses bureaux justement?

Avant tout l’emplacement premium dans les centres-villes. Nos bâtiments sont pour la plupart historiques mais correspondent aux exigences modernes. Aujourd’hui, nous louons nos espaces souvent clé en main alors qu’auparavant il s’agissait surtout de surfaces louées à l’état brut. Cela nous permet d’obtenir des loyers aussi plus élevés.

Comment se porte le secteur de l’immobilier commercial?

Peter Cloet: " Nous louons nos espaces souvent clé en main".diaporama
Peter Cloet: " Nous louons nos espaces souvent clé en main". - Copyright (c) Marc Ninghetto

Pour nous, il se porte bien car nous avons toujours investi dans des immeubles en centre-ville. Ça a été un pari gagnant puisque nos taux de vacance se situent entre 3% et 4% aujourd’hui. Nous n’avons pas d’immeubles dans des zones comme l’aéroport où les taux de vacance sont plus proches des 10% actuellement. Grâce au fait que nous soyons dans les centres, nous sommes les derniers affectés par temps de crise, mais également les premiers à profiter de la reprise.

Vous possédez majoritairement des immeubles de bureaux et de commerce. Est-ce que les nouvelles habitudes de travail (télétravail) sont une menace pour vous?

Pas vraiment, il faut s’avoir s’adapter. En offrant des surfaces de qualité dans les emplacements centraux, nos immeubles et surfaces de bureaux incitent les gens à revenir travailler au bureau et à échanger. Nous avons plutôt observé une demande accrue de surfaces récemment depuis la rentrée dernière.

Suite à la pandémie de Covid, est-ce que vos locataires ont demandé de réduire leurs surfaces de bureaux?

Bien que nous ayons eu quelques demandes, ceci est loin d’être une tendance générale dans les centres-villes.

Nos immeubles et surfaces de bureaux dans le centre des villes incitent les gens à revenir travailler au bureau et à échanger.

Est-ce que l’immobilier n’est pas trop cher aujourd’hui?

Cela dépend des propriétaires et des objectifs de rendement. Il y a en effet plus d’objets sur le marché. Certains propriétaires institutionnels pensent que nous avons atteint un pic et décident de mettre leurs biens à vendre sur le marché.

Est-ce que PSP pourrait aussi vendre certains de ses immeubles?

Nous sommes toujours dans l’optimisation du portefeuille. Dans certains cas, nous vendons les immeubles qui ne correspondent pas à notre corps de métier, soit ceux qui ne sont pas dans les centres-villes. Nous optimisons constamment notre portefeuille en vendant des immeubles et en rachetant d’autres qui correspondent mieux à notre stratégie.

Craignez-vous la hausse des taux hypothécaires?

Nous observons l’évolution des taux d’intérêts de très près. Les récentes augmentations auront certainement un impact sur le secteur. Comme nous gérons PSP depuis des années avec un effet de levier très faible et que nous disposons d’un grand nombre de lignes de crédit inutilisées, nous devrions être les mieux placés pour faire face à ces développements et même être en mesure de tirer parti des opportunités qui pourraient se présenter.

Etes-vous inquiets pour l’avenir?

Nous sommes plutôt sereins car nous évaluons toujours nos risques. Nous avons bien traversé la période du Covid. Aujourd’hui, nous n’avons pratiquement pas de locataires problématiques comme des locataires russes qui auraient dû fermer leurs bureaux, donc tout va bien.

Pourriez-vous un jour investir dans des immeubles de logement?

Non, ce n’est pas notre stratégie.

Chiffres

Nombre d’immeubles: 160 en Suisse dont 37 en Suisse romande, à Genève (20), à Lausanne (15)

Surfaces locatives en Suisse romande: 163’000 m2

Valeur du portefeuille: 9,2 milliards pour la Suisse, 1,5 milliard en Suisse romande

Prix du m2 au centre-ville de Genève: de 600 à 800 francs selon l’emplacement