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Une expertise au nom de la rénovation

Avec le Plan Directeur de l’énergie, rénover n’a jamais été aussi simple... et aussi complexe. Si la mise en conformité semble être actée de manière précise, la priorisation des travaux à effectuer, la temporalité liée, le suivi sur le long terme, ou encore l’enveloppe budgétaire, demandent une réelle expertise de terrain. Trois membres de l’USPI apportent leur éclairage.

Les régies apparaissent comme de véritables "couteau-suisse" face à des propriétaires souvent mal informés sur les procédures
Les régies apparaissent comme de véritables "couteau-suisse" face à des propriétaires souvent mal informés sur les procédures - Copyright (c) Freepik
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Comme nous exploitons nous-mêmes le bâti, nous allons être rationnels sur les travaux à planifier. L’idée n’est ni de faire une «usine à gaz» en initiant de multiples travaux d’un coup, ni de minimiser les rénovations à opérer mais de conseiller à nos clients des projets pragmatiques et efficaces», introduit Franck Messina, responsable grands travaux de la régie GRANGE. «En guidant le propriétaire sur un phasage intelligent des travaux, c’est non seulement garantir la qualité des ré- novations, mais également une utilisation raisonnée des finances. De cette façon, on élimine beaucoup de problèmes!», complète Bruno Frisa, responsable du pool d’architectes du département «rénovation durable» chez Pilet Renaud.

Parmi ces possibles problèmes: le non-respect des impératifs légaux. Pascal Wegmuller, responsable du départe- ment Valorisation | Énergie | Rénovation chez Gerofinance, appuie sur ce point, tout comme sur les subventions possibles dans le cadre des programmes fédéraux, cantonaux et communaux. Tout cela fait aussi partie de notre rôle, qui est bien plus que celui d’un simple conseiller.» Chef d’orchestre doublé d’un exécutant opérationnel serait en effet plus approprié.

Des régies «couteau-suisse» face à des propriétaires souvent mal informés sur ce qui doit être fait, à quel moment, et dans quel ordre... et qui n’ont pas tous la même capacité financière. «Je pense à une demande récente d’un propriétaire de 80 ans qui a souhaité rénover son immeuble afin de pouvoir le transmettre «remis aux normes» à ses enfants. De l’autre côté, nous faisons des rénovations pour des propriétaires possédant un grand parc immobilier», détaille Franck Messina.

Le devoir d’apprendre des régies

Jongler avec des demandes plurales, avec un cadre légal qui lui aussi évolue, et avec des incitations qui risquent fort de devenir «obligations», n’accorde aux régies aucun repos. «Les régies aujourd’hui se forment, vont chercher l’information. Nous avons la chance d’avoir une commission technique à l’USPI Genève qui nous donne tous les outils dont nous avons besoin. En tant que membres, nous nous tirons vers le haut, nous partageons nos expériences. Et ce sont les propriétaires qui sortent gagnants de cela», poursuit Franck Messina. (Se) Former pour répondre aux enjeux d’aujourd’hui, mais aussi et surtout à ceux de demain, «c’est aussi notre rôle», affirme l’expert.

Pour son confrère Bruno Frisa, «en étant dans l’USPI Genève, nous pouvons alerter les propriétaires à une plus large échelle que celle uniquement des parcs immobiliers gérés par chaque membre de manière individuelle. Cela permet de transmettre l’information que nous nous partageons entre membres, pouvoir alerter sur les dernières mesures en vigueur, mais aussi alerter sur les coûts». Pour construire mieux, ensemble, et préparer ainsi une partie du parc immobilier à opérer une mue nécessaire, si ce n’est vitale.