Valais

Une respiration végétale à Sierre

Journaliste et auteur chez immobilier.ch
Publié le 20.07.2026 à 10:50

Implanté à l’entrée est de la Cité du Soleil, cet ambitieux programme immobilier baptisé «L’Orée» a transformé un terrain de près d’un hectare en un véritable écoquartier.

L'Orée a prévu un parc central d'une surface de 5'000 m2.
L'Orée a prévu un parc central d'une surface de 5'000 m2. - Copyright (c) DR
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Le nom même de ce projet évoque sa situation géographique à la lisière entre ville et forêt. Focalisé sur des performances énergétiques de pointe, le groupe lausannois Ineom s’est associé à la société Nexxia Immobilier pour piloter ce chantier. Basée à Sion, celle-ci est dirigée par Brice Quinodoz et par son partenaire Jean-Baptiste Bitz. Après une phase de coordination, ceux-ci ont fonctionné comme copromoteurs de cet îlot résidentiel.

Née de ces efforts conjoints, «L’Orée» n’a rien d’une opération immobilière standard. Implanté dans un périmètre s’étendant entre la route de Sion et la rue du Mont-Noble, ce complexe de cinq immeubles mise sur un contexte préservé du point de vue environnemental. Pour ce faire, la densité bâtie a été repoussée en périphérie afin de libérer un vaste espace végétalisé.

Sur les 9000 m² de la parcelle, seuls 2000 ont au final été construits. Cette volonté fait la part belle à un parc central de 5000 m² qui constitue une rareté si près du cœur de Sierre (la gare se situe à peine à dix minutes à pied). «Ce qui est vert va rester vert. Ce parc appartiendra à tous les futurs copropriétaires du quartier, sans droit à bâtir résiduel», confirme Jean-Baptiste Bitz.

Intégration et mobilité

Pensée dès l’origine comme une entité urbaine à part entière, «L’Orée» s’inscrit dans un plan de quartier exigeant. Pour rappel, ce type d’outil sert à structurer l’expansion du construit à une échelle élargie plutôt qu’au coup par coup. La Ville de Sierre a toujours été proactive pour éviter une croissance anarchique en privilégiant des développements cohérents à l’échelle d’une zone donnée. Il s’agit d’une contrainte pour les promoteurs, mais aussi d’une garantie de qualité sur le long terme.

Cette priorité accordée à la nature s’accompagne d’un choix clair en matière de mobilité. Les véhicules disparaissent du paysage. Dans ce but, l’ensemble des stationnements a été relégué en sous-sol, ce qui libère les espaces extérieurs au profit des piétons et des cyclistes. Le quartier devient ainsi un lieu de circulation apaisée où la quiétude prime sur le flux automobile.

Attention à l’énergie

Sur le plan énergétique, «L’Orée» a visé sur rien de moins que l’excellence. Le projet a obtenu la certification CECB AA, soit l’un des standards les plus élevés en Suisse (comparable au label Minergie P). Isolation de 24 centimètres des murs, triples vitrages, pompes à chaleur air-eau et production photovoltaïque permettent d’approcher l’autonomie énergétique pour le chauffage et l’eau chaude.

Chaque logement est notamment équipé d’une ventilation double flux indépendante qui assure le confort thermique et la qualité de l’air. «On est dans une logique où le bâtiment doit générer la majeure partie de l’énergie qu’il consomme», résume Jean-Baptiste Bitz.

Des prix contenus

En supprimant par exemple les couloirs inutiles, les architectes ont réussi à offrir des logements à un prix qui débute à 5700 francs le mètre carré, malgré la hausse des coûts de construction de ces dernières années. «Nous restons dans la norme tarifaire régionale. Nous avons voulu proposer des biens accessibles à la classe moyenne», explique Jean-Baptiste Bitz. De fait, «L’Orée» s’adresse à un large éventail de profils qui va des jeunes acquéreurs aux familles en passant par les seniors ayant revendu une maison devenue trop vaste pour eux ou par les investisseurs.

Avec des logements allant du studio à 240’000 francs au 5,5 pièces pour les familles, «L’Orée» séduit par sa mixité. Les premières semaines de commercialisation sont venues concrétiser cet engouement. Si les investisseurs privés (locaux, mais également issus de Vaud et Genève) ont rapidement ciblé les petites surfaces, les grands appartements ont aussi trouvé preneurs.

Face à l’instabilité économique actuelle, la question du coût final est cruciale. Les promoteurs ont cherché à proposer un investissement qui offre des rendements intéressants pour une mise de base qui se veut limitée. Ils ont en outre confirmé qu’une fois l’acte signé, le prix serait ferme. Les futurs propriétaires seront protégés de la sorte contre les indexations liées aux matériaux ou aux aléas géopolitiques.

Stabilité garantie

Avec ses 106 logements en PPE, «L’Orée» entend favoriser une appropriation durable de ses surfaces par ses futurs résidents. Plus qu’un projet immobilier, elle incarne une évolution des attentes qui consiste à s’établir en ville sans renoncer pour autant à la nature. Concilier densité et qualité de vie est passé en l’occurrence par le fait de penser l’habitat comme un écosystème en soi.

L’argument décisif reste toutefois immatériel. «On ne vend pas simplement des appartements, mais un quartier, un concept, avec un parc qui devient un véritable atout commercial», conclut Jean-Baptiste Bitz. Une approche globale qui dépasse la pure addition de logements pour proposer une nouvelle manière s’approprier son lieu de résidence. À Sierre aujourd’hui et sans doute au-delà demain.