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A Nyon, Pro Novioduno a été de tous les combats pour préserver le patrimoine

Journaliste et auteur chez immobilier.ch
Veröffentlicht am 03.09.2026

L’association constituée en 1922 peut se targuer d’avoir participé au développement de Nyon tout en préservant son héritage romain et médiéval. Un petit livre retrace cette histoire.

Un siècle d’engagement, un livre de Lucienne Caillat.
Un siècle d’engagement, un livre de Lucienne Caillat. - LDD
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Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer dans les années 1920 pour que des citoyens ordinaires, ou plutôt, admettons-le, des notables de la place, se décident à consacrer leur énergie à la préservation du patrimoine bâti ? C’est en tout cas la mission que se sont donnés les fondateurs de l’association Pro Novioduno, qui a fêté ses 100 ans il y a peu et qui, pour l’occasion, s’est offert un petit livre retraçant un centenaire de combats.

Rénovation du futur Musée du Léman en 1987 – Fonds La Côte – Michel Perret.

Remontons donc le passé et disons-le : oui, il y a cent ans, on avait déjà peur d’une modernité qui défigurerait la ville romaine. Romaine, certes, mais aussi médiévale, puis industrielle. Principale coupable : la voiture, pourtant encore peu répandue. Mais déjà, on devine que, avec elle, les routes se multiplieront et les parkings tout autant. La deuxième raison de la constitution de la structure est plus élémentaire et tient de la passion des vieilles pierres et de l’histoire : l’association dit, dans son acte constitutif, vouloir « rechercher, réunir, protéger tous les documents et objets concernant le passé de cette ville ».

Erection des colonnes romaines à Nyon, en 1958. Fonds Berger, Archives communales de Nyon.

Puis viendront les années de crise et de guerre. Et c’est véritablement dans les années 1950 que Pro Novioduno prendra son envol et trouvera sa raison d’être. L’association, qui scrute aujourd’hui encore toutes les mises à l’enquête, participera à de nombreuses batailles. Citons, pêle-mêle, la création du Musée du Léman en 1954 (alors nommé Musée du Lac) ou l’érection des colonnes romaines sur l’esplanade des Marronniers en 1958. Songeons également à la création du Musée romain en 1979 ou à la participation assidue à une commission consultative pour la rénovation du Château de Nyon dès la fin des années 1990. Plus récemment, l’association est parvenue à faire préserver des murs historiques de la place Perdtemps, menacés par divers projets de réaffectation, qui n’ont à ce jour pas abouti.

Découverte du la basilique romaine, 1974. Fonds Berger, Archives communales de Nyon.

Rester vigilant

Aujourd’hui, l’association a plusieurs autres combats à mener, dont la place de la nature en ville ou, encore, la lutte contre des panneaux solaires qui, s’ils sont un apport énergétique non-négligeable, ont le mauvais goût d’enlaidir les toitures et, ce faisant, d’abimer certaines vues. Autre cheval de bataille : préserver à Nyon ce qu’il reste du passé industriel. « Ce qu’il reste » car, dans les faits, de nombreuses anciennes usines ont été rasées. Vincent Guillot, président de l’association, explique cette mission ainsi : « Ce trésor patrimonial à préserver ne saurait souffrir d’un manque d’attention et, disons-le, de surveillance: enlever une vieille pierre est possible, deux passe encore, mais à force de répétition, c’est une défiguration du patrimoine qui s’opère, sans crier gare. Il existe bien des lieux en Suisse, et dans notre région, où le bétonnage a rompu le charme patrimonial et coupé le lien avec le passé. »  A Nyon, donc, Pro Novioduno veille au grain.

Info : Pro Novioduno, un siècle d’engagement. Lucienne Caillat. 20 francs.