Voyage

Arabie Saoudite : l'oasis Arty d'Al Ulà

01.03.2023

Après les archéologues, les ruines des Nabatéens attirent désormais les artistes contemporains et un tourisme bobo chic. Découverte de ce désert saoudien très prisé depuis la volonté de MBS d’ouvrir son pays au tourisme.

Les tentes de l’hôtel Banyan Tree Alula.
Les tentes de l’hôtel Banyan Tree Alula. - Christopher Cypert
Diashow

A l’aéroport d’Al Ulà, un homme vêtu de la traditionnelle djellaba blanche et du keffieh en damier rouge et blanc auréolé d’un cerceau noir tend aux voyageurs un café arabe. Dans la péninsule arabique, les grains se marient à la cardamome, au safran et à la cannelle. On croque dans une datte. Ici, la texture et le goût varient en fonction de leur exposition au soleil, comme nos raisins. Dans le nord-ouest du pays, les eaux douces souterraines permettent aux palmiers dattiers de croître au milieu d’un paysage désertique.

Longtemps fermée au tourisme, l’Arabie Saoudite s’ouvre enfin. Les femmes ont désormais le droit de conduire et peuvent sortir sans voile, ce qui sera notre cas durant ce séjour. Al-Ulà, premier site saoudien inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco s’impose comme la nouvelle destination de la région avec son aéroport international et des vols directs depuis Paris.

La piscine du spa se niche dans une faille naturelle entre des falaises.diaporama
La piscine du spa se niche dans une faille naturelle entre des falaises.

Au milieu de ce désert de dunes rousses qui s’étire aux pieds des montagnes surgissent du sable deux resorts de luxe. Le Banyan Tree inauguré en octobre dernier fait suite à l’ouverture du Habitas AlUla, retraite éco-friendly, imaginée par un groupe de globe-trotteurs. Dans une atmosphère mi-Ibiza mi-Tulum, on y lézarde au bord de la piscine, un cocktail à la main, l’alcool étant encore interdit dans le royaume.

1001 nuits

Le Banyan Tree a coiffé ses villas de tentes couleur sable. Elles sont décorées par des artistes locaux qui revisitent leur artisanat et patrimoine préservant ainsi l’héritage bédouin. Le groupe hôtelier singapourien s’étend à perte de vue. Véritable havre de paix et de silence, le cadre invite à la contemplation au cœur d’une barrière rocheuse et de dunes. La piscine du spa se niche dans une faille naturelle entre des falaises. La nuit tombée, on s’aventure à quelques mètres de sa tente, les pieds dans le sable, le nez rivé vers le ciel dégagé. A l’aide d’un télescope et d’une application on scrute les 1001 étoiles qui ravissent l’immensité de l’espace.

La conception du complexe hôtelier est signée par AW². Le bureau d’architecture parisien a été mandaté par la Commission Royale AlUla (RCU) en partenariat avec l’Agence Française de Développement AlUla (AFALULA). Comme tous projets in situ, ils ont comme priorité la préservation du patrimoine naturel du site.

L’œuvre « Najma » de l’artiste Lita Albuquerque est exposée sur les falaises du resort Habitas.diaporama
L’œuvre « Najma » de l’artiste Lita Albuquerque est exposée sur les falaises du resort Habitas.

La Commission Royale a pour objectif de préserver l’héritage culturel tout en ouvrant la région à l’art contemporain. Les sites archéo-logiques de Dadan ou de Hegra témoignent de ce lieu de passage millénaire. On retrouve les Nabatéens qui, comme à Petra en Jordanie, ont laissé des tombes sculptées et creusées dans la roche. Les sites se visitent en jeep flanqué de jeunes guides fraichement formés. On découvre sur la roche des graffitis anciens. Véritables bibliothèques à ciel ouvert, les inscriptions gravées ou en relief sur les parois de grès rappellent que l’araméen était jadis la langue commerciale. A celle-ci, se joignent d’autres formes d’écritures comme le nabatéen, le grec, le latin et, bien sûr, l’arabe.

Le coucher de soleil s’immortalise à Elephant Rock. Cette formation rocheuse d’une hauteur de 52 mètres imite la trompe d’un mammouth géant. Les effluves de shishas embaument le café à ciel ouvert aux sièges et tables creusés dans le sable. A la tombée de la nuit, les locaux déambulent dans la vieille ville piétonne d’Al Ulà. Complètement repimpée, ses ruelles regorgent de boutiques. On y vend des épices, de l’encens, des textiles. On s’enfume de oud, ce bois que l’on brûle sur du charbon avant de repartir les poches remplies de pistaches citronnées.

L’auditorium Maraya, un cube habillé de 9740 miroirs reflète sur ses façades le canyon désertique.diaporama
L’auditorium Maraya, un cube habillé de 9740 miroirs reflète sur ses façades le canyon désertique.

Côté art contemporain, l’auditorium Maraya, ce cube habillé de 9740 miroirs reflète sur ses façades le canyon désertique. Le projet d’art contemporain Desert X accueillait pour sa deuxième édition en 2022, 15 artistes internationaux. Ces derniers font dialoguer leurs pièces land art avec ce panorama unique. Parmi eux, la Suissesse Claudia Comte explorait à sa manière les thèmes du mirage et de l’oasis.

PRATIQUE

Voyageurs du Monde propose des itinéraires ultra-personnalisés en Arabie Saoudite, au départ de la Suisse.

Plus d’informations auprès de Voyageurs du Monde à Genève 022 519 12 10 et Lausanne 021 519 10 65 ou sur le site www.voyageursdumonde.ch