Ça sent le sapin!
Bon, il faut ressortir les sacs avec la déco de Noël, on rachète des trucs ou on fait pareil que les 10 dernières années? Et si on veut faire un peu plus écolo, ça donne quoi?

Aaah l’Avent. Cette période si reposante avant, qui fait qu’on se retrouve stressé pendant et épuisé après. C’est pour ça qu’on allume les cierges pendant les 24 jours précédant Noël: on implore le ciel pour avoir une chance d’y survivre. Alors, afin de se donner des forces, on décore. Selon une étude, 70% des gens préfèrent Noël à Nouvel an, même si c’est l’acmé des névroses familiales et qu’on s’enguirlande sous le sapin, 87 % décorent leur maison. Les psys prétendent d’ailleurs que plus on décore tôt, plus l’effet bénéfique est important, c’est sans doute par charité chrétienne et en pensant à notre santé mentale que les magasins nous infligent Jingle Bells à partir de mi-octobre.
Alors il faut s’y mettre camarades! Premièrement, on a les boules (je le dis au premier degré total, donc). Il faut aller les chercher à la cave dans le gros sac Ikea où on les a fourrées n’importe comment l’an dernier sans les remettre dans les boîtes à alvéoles. Résultat, il y en a plein de cassées évidemment, et franchement qu’y a-t-il de plus triste que des morceaux de boules hein? (je n’aurais jamais imaginé écrire cette phrase un jour). Question: on garde les mêmes ou on change de couleur? Eh bien comme chaque année on se dit ouaif, on ne va pas faire des frais, on garde les mêmes. C’est joli vert et rouge, c’est classique, ça ne se démode pas. Et puis si on veut éviter de passer vraiment Noël au balcon ces prochains temps, on va essayer d’être un chouïa écolo, le meilleur déchet est celui qui n’est pas produit. Donc va pour les vieilles boules (olala cette phrase là non plus, j’avoue).
Il faut que ça brille!
Alors chez moi, je le dis franchement, c’est bling. Tant qu’à faire, il faut que ça brille, faisons honneur à nos ancêtres humains qui ont toujours cherché à illuminer cette période de solstice d’hiver, il ne faut pas y aller à la retirette. Notre pouvoir d’achat baisse? Augmentons les dorures, faisons faussement riches, même un peu dégoulinants, un tantinet vulgaires! J’adore le côté hypnotique du sapin noir-doré-argenté qui scintille, c’est comme le feu de cheminée, je peux rester des heures devant. Surtout qu’il y a des oiseaux blancs en plumes et un petit ange en nouilles très vilain, mais qui nous suivra jusqu’au cercueil (oui, il suit tout ce qui est sapin).
Bon, le sapin justement. L’an dernier j’ai fait ma crise: fini l’arbre coupé qui termine penché sur le trottoir comme un cadavre, abandonné à la benne à ordures après nous avoir réchauffé le cœur pendant des jours. En conséquence, j’ai acheté un sapin en pot, 149 francs, en me disant que j’allais le mettre dans un plus grand pot sur la terrasse et que l’année d’après il resservirait et que ce serait super et vert et une grande communion spirituelle entre le végétal, l’animal (oui mon chat adore se mettre dessous, tant qu’il ne se met pas dessus ça va), et l’humain. Je l’ai transplanté (pas le chat, le sapin), arrosé, brumisé, décoré, dé-décoré, mis dans un joli endroit avec de l’engrais et au bout de 6 mois... manque de pot, il a crevé. Et a terminé penché sur le trottoir comme un cadavre, abandonné à la benne à ordures. D’ailleurs, les préposés de la voirie ont dû être surpris de voir un sapin au bord de la route en juin. Bref, la loose intégrale. Après, j’ai relu sur le site où je l’avais commandé, écrit en tout petit dans un coin que «les racines sont coupées court» et «il n’y a pas de garantie que l’arbre survive». Autrement dit, on sait qu’il va sécher, mais on vous le vend quand même en pot. Pardon mais c’est débile.
Un présent écolo
Après il y a les cadeaux. Là, si on veut respecter l’histoire du déchet pas produit, l’idéal serait de ne rien offrir non? Mais yaay! Chère famille, cette année, pour lutter contre le dérèglement climatique, il n’y aura pas de cadeaux. En fait le seul présent écologiquement correct serait un abonnement de train, mais en Suisse pour se l’offrir, il faut au moins être un ancien cadre du Credit Suisse recruté par une banque privée, alors je vais plutôt aller voir à la mairie s’il reste des cartes journalières à 45 francs. Il n’y aura pas grand-chose à manger non plus, vu le prix du bio, la surpêche, la maltraitance animale, l’épidémie de diabète. Il paraît qu’il y aura même rupture de stock de pommes de terre, donc la raclette aussi c’est foutu. En revanche, il y aura des vieilles boules qui brillent, un ange en nouilles qui nous protège, des bougies qui brûlent, des biscuits à la vanille et à la cannelle qui sentent bon et il y aura vous et quelque chose qui est gratuit, écolo-compatible, qui réchauffe, illumine et remplit: beaucoup d’amour.